Frottements péricardiques intermittents
Les 2 souffles apparaissent avec une grande netteté.
15 mai. — Les frottements péricardiques se montrent d'une façon intermittente, tantôt forts, tantôt faibles ; leur siège varie ; tantôt on les entend à la pointe, tantôt à la base ; on ne les perçoit guère qu'au 1er temps et pendant le grand silence.
Le souffle de la pointe diminue.
Le liquide épanché dans le genou gauche s'est considérablement réduit : cependant on obtient encore le choc de la rotule : les douleurs sont bien moins vives.
Plus d'œdème. On applique de nouveau 6 ventouses scarifiées sur la région précordiale. On donne 8 grammes de salicylate de soude.
Au bout de quatre ou cinq jours, l'arthrite du genou est complètement guérie; les phénomènes de péricardite ne tardent pas à disparaître aussi ; mais les souffles cardiaques persistent, offrant presque chaque jour des modifications montrant que l'évolution de la nouvelle atteinte d'endocardite valvulaire n'est pas terminée; tantôt le souffle de la pointe s'affaiblit, tandis que celui de la base s'accentue davantage; tantôt, ils diminuent tous les deux; tantôt enfin ils augmentent l'un et l'autre. Le souffle de la base qui, au début, pouvait être rapporté à l'anémie est bien décidément organique. Malgré la disparition des symptômes arthritiques, on continue le salicylate de soude à la dose de 8 grammes. Le 18 ou 19 mai, on a appliqué un vésicatoire sur la région du cœur.
1er juin. — Le souffle de la pointe diminue : celui de la base est également beaucoup moins fort depuis 3 ou 4 jours.
Le malade quitte l'hôpital vers le 10 juin. Depuis longtemps, il se lève et il n'a plus de douleurs articulaires : l'endocardite a perdu toute acuité. Il reste toujours un double souffle (base et pointe), mais beaucoup moins fort que vers la fin du mois précédent. Le faciès est pale, mais n'offre plus de cyanose ; il n'y a plus de palpitations excepté lors de marche un peu rapide ou de l'ascension des escaliers : la respiration n'est plus gênée. Le salicylate de soude a été continué presque jusqu'au jour de la sortie.
Obs. XII. — Rhumatisme articulaire sub-aigu. Traitement par le salicylate de soude.
Le nommé A..., Victor, 40 ans, tailleur.
Entré le 12 juillet 1877, salle Saint-Jean-de-Dieu, lit n° 24.
Renseignements. — Père rhumatisant.
En 1870 : Variole. — Pas d'autres maladies.
Il y a 3 mois, blennorrhagie (guérie actuellement).
État actuel. — Depuis 8 jours, ce malade se plaint de douleurs siégeant aux deux genoux, aux mollets, sous la plante du pied, à l'épaule droite et dans le carpe au niveau du pisiforme.
Ces douleurs sont assez vives.
Elles occupent également la partie inférieure de la région postérieure des cuisses.
En même temps l'appétit diminue ; le malade éprouve souvent des nausées; cependant l'état général est assez satisfaisant; pas de fièvre.
Le matin et dans la journée, il a de la pituite. — On ne trouve pas de signes alcooliques évidents.
Il importe de faire remarquer que chez ce malade, parfaitement guéri de sa blennorrhagie, les manifestations rhumatismales ont eu jusqu'à un certain point les allures du rhumatisme blennorrhagique. Les articulations atteintes ne sont pas gonflées, ni rouges.
Les mouvements des jointures se font avec facilité.
Aux deux genoux on perçoit des craquements trèsnets. Les douleurs, sous les talons, sont extrêmement vives; cependant, dans ces parties, il n'y a pas de gonflement notable.
Le cœur ne présente rien de particulier.
Rien dans les poumons.
Les urines sont normales.
Traitement. — Salicylate de soude, 6 grammes.
15 juillet. — Les douleurs dans les genoux et les mollets ont diminué ; mais les douleurs des épaules, des chevilles, sous les talons, etc. , persistent.
On continue le salicylate.
20 juillet. — Les douleurs sous la plante des pieds, celles de la partie externe des genoux, augmentent.
Celles des épaules diminuent un peu.
Douleurs dans les articulations métacarpo-phalangiennes de la main gauche.
21 juillet. — Salicylate de soude : 8 grammes.
23 juillet. — Salicylate de soude : 10 grammes.
24 juillet. — Bourdonnements d'oreilles très-forts. Céphalalgie, nausées ; vomissements et diarrhée depuis l'avantveille. Sensation de grand malaise. Il y a bien certainement intoxication par le médicament. On le supprime. Tilleul et diète. Les douleurs articulaires et musculaires sont moins prononcées.
25 juillet. — Amélioration. Il y a encore quelques bourdonnements d'oreilles ; mais les autres phénomènes ont disparu. Le malade peut manger un peu.
27 juillet. — Les douleurs des talons et des mollets reprennent une certaine intensité. On prescrit de nouveau 6 grammes de salicylate de soude; puis deux jours après, 8 grammes. Les douleurs diminuent progressivement. Pas de phénomènes d'intoxication. On ne sent plus de craquements dans les genoux.
8 août. — Part pour Vincennes, complètement guéri.
On a cessé le salicylate de soude depuis plusieurs jours.
Obs. XIII. — Rhumatisme articulaire sub-aigu. — Traite' ment par le salicylate de soude. Inefficacité du médicament. — Fièvre typhoïde légère, survenant pendant que la malade est soumise à cette médication.
La nommée V..., Marie, 26 ans, employée aux tabaGs.
Entrée le 5 juillet 1877, salle Sainte-Madeleine, lit n° 8. Renseignements. — Cette malade est âgée de 26 ans ; réglée à 14 ans, elle l'est très-régulièrement et n'a pas de leucorrhée dans les intervalles de ses règles. Les antécédents héréditaires sont nuls.
Il n'existe pas de signes de scrofule.
Il y a 13 ans, elle eut des douleurs rhumatismales dans les genoux et les cous-de-pied ; ces douleurs furent accompagnées de fièvre, et la forcèrent de garder le lit pendant un certain temps. Depuis elle a toujours conservé un peu de douleurs vagues dans ces articulations.
Il y a 13 jours, elles se montrèrent de nouveau et trèsvives, au niveau des deux articulations tibio-tarsiennes; elles gagnèrent les deux genoux ; enfin , depuis deux jours, l'épaule du côté droit est également prise.
Etat actuel. — Ces douleurs vives empêchent la malade de faire de grands mouvements, aussi la marche est excessivement difficile ; la malade se fatigue très-vite, et au repos elle est soulagée en mettant ses genoux dans une demi-flexion.
La peau, au niveau des articulations douloureuses, n'a pas beaucoup changé de coloration ; à la face interne des genoux, il y a un peu de rougeur érythémateuse ; la température ci ce niveau, est la même que dans les autres parties, et il n'existe pas de tuméfaction bien appréciable.
La douleur est surtout localisée en certains points ; c'est ainsi qu'elle occupe spécialement la région antérieure du €Ou-de-pied; des deux côtés, la pression au niveau des gaines tendineuses , est très-douloureuse. De même aux genoux, c'est sur le condyle interne, et à l'attache des tendons de la patte d'oie qu'elle est surtout marquée. A l'épaule, c'est en avant et un peu en dehors. Les mouvements spontanés que la malade exécute sont très-douloureux, et la main appliquée sur les articulations perçoit une sensation de frottement assez net.
Il existe un peu de fièvre, et un état gastrique assez prononcé ; elle se plaint de sueurs abondantes.
Des palpitations apparaissent constamment et s'accompagnent d'oppression très-forte quand la malade fatigue un peu; de plus, des douleurs névralgiques sont trèsfréquentes, et aujourd'hui elle en accuse une très-vive à droite au-dessous du sein, surtout clans les grands mouvements d'inspiration.
Les jambes sont un peu œdémateuses ; elles sont enflées quelquefois.
Enfin, il y a 13 jours, il est survenu de l'enrouement et une extinction de la voix, mais il n'existe pas de douleurs.
La malade tousse un peu; elle* a beaucoup maigri depuis quelque temps.
L'examen du cœur fait trouver un souffle doux à la base et au 1er temps, de même qu'un autre dans les vaisseaux du cou ; du reste, la malade présente une teinte pâle généralisée ; les gencives et les conjonctives sont surtout trèsblanches.
L'examen de la poitrine indique une respiration normale, à part quelques frottements très-légers à gauche et en bas.
Traitement. — Sulfate de quinine, 1 gramme en deux paquets. Chiendent nitré. Vin de quinquina. Ventouses sèches sur la région où siège le point de côté.
L'urine est pâle et ne contient ni albumine ni sucre.
13 juillet. — La rougeur s'accentue davantage au niveau des articulations tibio-tarsiennes et au genou droit. La douleur devient également plus vive et on fait des badigeonnages au laudanum.