Même état
4. — Disparition de l'albumine dans l'urine. Au microscope, diminution notable des globules de pus. Toux fréquente. Voix affaiblie. L'albumine reparaît.
5. — L'albumine disparaît dans les urines. Cependant on trouve un dépôt plus abondant que les jours précédents dans les urines rendues dans les 24 heures.
Toux fréquente. Expectoration peu abondante de crachats épais qui adhèrent au fond du vase.
A l'auscultation, râles sibilants et ronflants disséminés ; râles sous-crépitants nombreux sous la clavicule gauche.
Rien au cœur. Insomnie. Pas de délire.
Température élevée. Pouls fréquent.
7. — Même état. L'acide nitrique décèle de nouveau une certaine quantité d'albumine dans les urines. Les pustules d'ecthyma, situées sur la verge, donnent une suppuration peu abondante.
Dans l'aine droite, existence d'un furoncle. La miction est toujours douloureuse ; pas de suintement uréthral. Fièvre persistante.
8. — Insomnie. Miction douloureuse. Diarrhée légère (3 selles). Il n'y a plus d'albumine dans les urines. Légère diminution de la fièvre.
11. — Même 'état. Abcès multiples clans les aines. Sous l'influence d'une onction mercurielle, les pustules d'ecthyma tendent à se dessécher. La miction est toujours douloureuse. Pas d'albumine dans les urines. La fièvre persiste.
12. — La fièvre a diminué. Le sommeil a été meilleur. 21. — Sueurs nocturnes très -abondantes. Furoncles
•multiples sur le pubis et les aines. L'albumine n'a pas reparu. La miction est toujours douloureuse et les urines troubles. Les sueurs ont été moins abondantes, presque nulles (le malade avait pris, la veille, dans la soirée, deux pilules de sulfate d'atropine de 1 demi-milligramme, chacune, à une heure d'intervalle).
31. — Etat à peu près le même que lors de la préce?dente note. On a élevé la dose d'atropine parce que les sueurs reparaissaient (3 pilules d'un demi-milligramme, chacune, l'une vers 4 heures de l'après-midi, les deux autres à 7 et 8 heures du soir. Dans la nuit d' avant-hier à hier le malade n'a pas eu de sueurs.
4 janvier. — L'albumine n'a pas reparu dans les urines. Celles-ci sont toujours troubles et donnent lieu à un dépôt moins abondant. Le malade n'a pas pris d'atropine depuis 2 jours.
22 janvier. — Depuis un mois des épistaxis se montrent tous les jours, mais avec une abondance variable.
Depuis plusieurs jours, diarrhée accompagnée de coliques assez vives ; le malade allait sept à huit fois à la garderobe dans les vingt-quatre heures. Cette diarrhée est arrêtée depuis hier, ainsi que les coliques, à la suite d'une injection de morphine (injection d'un centigramme de chlorhydrate de morphine sous la peau de l'abdomen, dans un demigramme d'eau distillée).
2 février. — Le malade sue, de nouveau, beaucoup depuis plusieurs semaines, toutes les nuits et parfois même pendant le jour. Il est obligé de changer de chemise jusqu'à 3 fois dans une nuit. On recommence à donner deux pilules de sulfate d'atropine, d'un demi-milligramme chacune, à une heure d'intervalle, le soir.
4. — Le malade a beaucoup moins sué ; il n'a été obligé de changer de chemise qu'une fois, tandis qu'il changeait 3 fois les nuits précédentes.
5-6. — Les deux pilules ont été prises tous les soirs; les sueurs sont toujours diminuées, mais elles ne disparaissent pas; il est nécessaire de changer de chemise une fois toutes les nuits. Gomme le malade a la diarrhée, le médicament peut ne pas être absorbé complètement ; les pilules sont remplacées par des injections de 1/2 milligramme de sulfate d'atropine.
7. — Une injection a été faite hier à 7 heures du soir, le malade n'en a pas sué moins abondamment vers minuit. Le matin il a été obligé de changer de chemise. Les jours suivants, on fait deux injections : une le matin vers 10 heures, l'autre, le soir, à 7 heures. On ne supprime pas complètement les sueurs, bien qu'elles soient notablement diminuées. Le malade d'ailleurs paraît éprouver quelques malaises sous l'influence de ces injections; il dort plus mal et se dit plus agité. Son état général va évidemment en empirant par suite de la marche progressive des lésions pulmonaires. On suspend les injections de sulfate d'atro-
MALADIES GÉNÉRALES 449 pine le 10 février. On continue, au contraire, à pratiquer, chaque jour, une ou même deux injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine dans la paroi abdominale ; ces injections modèrent incontestablement la diarrhée et suppriment presque complètement les coliques.
23 février. — En ballottant les mollets on détermine de la douleur. Il y a certainement des thrombus dans les veinules profondes, et par conséquent une menace de phlegmatia alba dolens.
27 mars. — Pendant le courant de ce . mois, le malade est allé en s'affaiblissant de plus en plus. L'amaigrissement général était très-prononcé ; fièvre vive ; sueurs abondantes; appétit nul. Insomnie opiniâtre.
Les deux poumons sont creusés de vastes cavités.
Les urines contiennent toujours du pus, mais en moindre quantité.
Cet état est allé en s'aggravant d'une façon progressive, pendant le mois d'avril. Le malade a, de temps à autre, des épistaxis. Le 27 avril, il se met à cracher du sang en abondance, et il meurt dans la soirée.
L'autopsie n'a pas pu être faite.
Phymatose (à marche rapide). — Dosage de l'Urée.
DATES
RÉGIME
QUANTITÉ en 24 heures.
POIDS de l'urée rendue en 24 heures.
DATES
RÉGIME
QUANTITÉ
d'urine rendue en 24 heures.
POIDS
de l'urée rendue en 24 heures.
Mars
litres.
grammes.
Mars
litres.
grammes.
1 portion.
2 portions.
Id.
Id.
ld.
1 portion.
Avril
Id.
Id.
Id.
ld.
Id.
Id.
Id.
Observations faites à la température 15°.
Obs. GUI. — Fièvre typhoïde à marche irrégulière, offrant comme symptôme dominant une violente céphalalgie. — Persistance de la céphalalgie pendant toute la durée de la convalescence. — Inefficacité du bromure de potassium à hautes doses et du sulfate de quinine.
Le nommé G..., âgé de 33 ans.
Entré le 25 avril 1877, salle St-Jean-de-Dieu, n° 3. Renseignements. — Ce malade ne présente rien de particulier à noter, au point de vue de ses antécédents ; il n'a jamais été malade. Il y a quelques jours il a été pris de malaises, de courbature, de fièvre assez vive surtout le soir ; son appétit a complètement disparu ; la nuit , il ne pouvait dormir ; un peu de diarrhée.
Lorsque vient la fièvre , elle commence , dit-il, par un frisson assez intense qui dure une heure environ, puis survient une période pendant laquelle la chaleur est très-vive, et enfin il finit par suer abondamment; ces sueurs le fatiguaient toute la nuit. Les quatre ou cinq premiers jours, il a pu, tant bien que mal, continuer son travail; depuis trois jours il garde la chambre.
Etat actuel. — Homme de moyenne stature, très-brun, paraissant plus vieux que son âge.
La figure est pâle, les pommettes seules sont rouges; les traits du visage expriment la fatigue et la souffrance ; pas de stupeur, à proprement parler.
La peau est sèche et chaude au toucher. — T. A. : 39° 2. — Pouls petit : 120 pulsations.
Langue blanche, saburrale ; elle est un peu rouge sur les bords; état nauséeux presque constant. — Constipation. — Le ventre est un peu ballonné ; pas de douleurs bien marquées dans la fosse iliaque droite. — Pas de taches rosées lenticulaires. Perte complète d'appétit.
La percussion montre que la rate est assez notablement augmentée de volume. — Rien à noter du côté du foie;
MALADIES GÉNÉRALES 451 râles de bronchite disséminés çà et là, dans les poumons. — Cœur normal.
Les urines sont rouges, très-fébriles; elles contiennent un léger nuage d'albumine.
Le malade se plaint surtout de ne pas dormir la nuit, parce que, dit-il, il souffre beaucoup de la tête. La céphalalgie est presque continue; elle occupe toute la calotte crânienne, mais elle est surtout accentuée dans la région frontale. — De temps à autre, la céphalalgie diminue, ou bien, au contraire, il survient un paroxysme, et la souffrance peut être telle qu'elle arrache des cris au malade.
Il n'existe point de troubles de la vue, pas de phénomènes particuliers du côté de l'ouïe.
D'après le dire du malade, il a, tous les soirs, vers 4 heures , un accès fébrile complet , caractérisé par un frisson assez intense, durant une demi-heure environ, puis par de la chaleur et de la sueur. Il est en moiteur une partie de la nuit.
Traitement. — ■ On donne : 30 grammes de sulfate de soude, bouillon; T. A. : 39° 3.
26 avril. — Le malade a été beaucoup à la garde-robe. Il souffre un peu moins de la tête. — La face est rouge, vultueuse. — Quelques frissons légers : T. A. : 39. On ordonne un gramme de sulfate de quinine. '
27 avril. — La nuit a été assez bonne. — Yers 8 h. du soir, hier, le malade a sué abondamment. — T. A. : 39° 4 ; sulfate de quinine, 1 gramme.
28 avril. — Le mouvement fébrile qui, jusqu'alors, était survenu vers 4 ou 5 h. du soir, se reproduit encore, mais moins accentué. Il n'y a pas une grande différence entre la température du matin et celle du soir; le matin, le thermomètre monte à 38° 8 en moyenne, le soir à 39° 4. — Un gramme cinquante de sulfate de quinine.
29 avril. — Le frisson ne se renouvelle plus. Les périodes
de chaleur et de sueur persistent encore, quoique le moment de leur apparition soit retardé. La céphalalgie qui, ces jours derniers, avait semblé diminuer un jour, se reproduit. Le malade dit qu'il n'a pu dormir la nuit, à cause de la souffrance de la tête. Ce matin, il souffre encore beaucoup, cependant le mouvement fébrile est moins accentué. On donne deux grammes de sulfate de quinine. Jusqu'à présent, il ne s'est pas produit de taches rosées lenticulaires. — T. A. : le matin, 38° 7 ; le soir, 39° 5.
30 avril. — La céphalalgie est toujours très- vive ; il survient, par instants, des paroxysmes. Alors le malade souffre beaucoup ; ses traits peignent une violente douleur ; quelquefois même il pousse des cris ; cependant l'intelligence reste intacte ; il n'y a pas de délire.
Quelques taches rosées lenticulaires apparaissent sur le ventre.
La pression au niveau de la fosse iliaque droite détermine un peu de douleur et des gargouillements ; jusqu'à présent ces phénomènes avaient été à peine sensibles ; il existe un peu de diarrhée. T. A., m. : 38° 2; s. : 38° 9.
M. Vulpian suspend l'emploi du sulfate de quinine qui avait été donné hier, à la dose de deux grammes. L'usage du médicament a déterminé des bourdonnements d'oreilles très-accusés; cependant il n'y a eu aucun changement dans l'intensité de la céphalalgie. On donne 4 grammes de bromure de potassium en 2 paquets.
1er mai. — Même état que la veille. Le malade dit que sa douleur de tête a encore augmenté. Six grammes de bromure de potassium en trois paquets, à prendre en trois fois : le matin, dans le milieu du jour et le soir. T. A. , m. : 38° 1 ; s. : 39°.
2 mai. — Insomnie opiniâtre. Tous les soirs, vers 8 h., le malade sue abondamment. La diarrhée a un peu augmenté. T. A., m. : 38° 4; s. : 39° 2. On donne six grammes de bromure de potassium en trois paquets.
3 mai. — La céphalalgie est peut-être un peu moins vive. La langue est sèche, un peu fuligineuse ainsi que les gencives. — Même traitement. T. A., m. : 38; s. : 39° 1.
4 mai. — Le malade se trouve mieux ; il a dormi un peu la nuit. — T. A., m. : 38; s. : 38° 7.
5 mai. — Le mieux se maintient ; le malade demande un peu à manger. On continue le traitement. T. A., m. : 38°; s. : 38° 6.
6 mai. — Même état. — T. A., m. : 38° 2; s. : 38° 8.
7 mai. — Le malade, dans la soirée, a souffert un peu de la tête; cependant il a pu dormir quelques heures la nuit. Plusieurs selles liquides. Le ventre est toujours hallonné. Rien à noter du côté de l'appareil respiratoire, si ce n'est quelques râles sibilants. T. A., m. : 38° 1 ; s. : 5° 39.
8 mai. — Céphalalgie assez vive, persistante. On donne 8 grammes de bromure de potassium en 4 paquets. T. A., m. : 38°; s. : 38° 9.
9 mai. — ■ La douleur de tête est extrêmement violente. Le malade se pelotonne dans son lit, et se cache la tête ; il pousse des gémissements continuels. — Pas de vomissements, pas de strabisme, pas de contracture musculaire. La nuit , le malade , malgré la céphalalgie qui l'accable , n'est pas agité; pas de délire. T. A. : 38° 2; s. : 39° 4.
10 mai. — La céphalalgie est toujours très-intense ; l'état général est cependant plutôt amendé ; le malade prend quelques potages. T. A., m. : 38; s. : 38° 8. Même traitement.
11 mai. — Même état : T. A., m. : 38° 1 ; s. : 38° 7.
12 mai. — Id. T. A., m. : 38°; s. : 38° 6.
13 mai. — Id. T. A., m. : 38° I ; s. : 38° 4.
24 mai. — La céphalalgie s'est produite, la nuit, avec une très-grande intensité; le malade, par ses cris, a empêché les voisins de dormir. — T. A., m. : 38°; s. : 38° 5. On donne 10 grammes de bromure en 5 paquets.
15 mai. — Id. T. A., m. : 38°; s. : 38° 4,
16 mai. — Même état. T. A., m. : 38° 1 ; s. : 38° 3.
17 mai. — Id. T. A., m. : 38°; s. : 38° 5.
18 mai. — La céphalalgie, quoique violente encore, est cependant moins vive ; on abaisse la dose de bromure à 8 grammes en 4 paquets. T. A., m. : 37° 8 ; s. : 38° 2.
19 mai. — Id. T. A., m. : 37" 9; s. : 38° 1.
20 mai. — Id. T. A., m. : 37° 8 ; s. : 38° 3.
21 mai. — La céphalalgie persiste toujours; cependant l'état général du malade est bien meilleur. L'appétit revient, il commence à manger une portion. T. A. , m. : 39° 8 ; s. : 38.
22 mai. — On donne seulement six grammes de bromure de potassium en trois paquets. T. A., m. : 37° 7; s. : 38°.
23 mai. — Ici. T. A., m. : 37° 8; s. : 37° 9.
24 mai. — là. T. A., m. : 37° 7; s. : 38° 8.
25 mai. — Le malade mange maintenant deux portions, il entre en convalescence : T. A., m. : 37° 6; s. : 37° 8. On supprime le bromure de potassium qui ne paraît pas avoir modifié la céphalalgie.
26 mai. — Id. T. A., m. : 37°5; s. : 37° 7. Ghloral hydraté: 2 grammes en sirop, le soir.
27 mai. — L'état général est satisfaisant ; le malade va mieux ; il reprend ses forces. La céphalalgie paraît être toujours aussi forte qu'auparavant, ce qui tourmente beaucoup le malade : T. A., m. : 37° 6; s. : 37° 8. Ghloral hydraté (1 gramme vers 4 heures; 2 grammes le soir, vers 8 heures).
28 mai. — Id.
29 mai. — Id. Ghloral : 5 grammes (2 grammes entre 3 et 4 heures et 3 grammes, l'un après l'autre, à 20 minutes d'intervalle entre 7 heures et demie et 8 heures et demie) .
30 mai. — Le malade est en pleine convalescence ; l'appétit est bon; cependant la céphalalgie persiste toujours. Température normale.
31 mai. — Id.
MALADIES GÉNÉRALES 455 1er juin. — Le malade commence à se lever ; il est encore très-faible. — L'expression de son visage exprime toujours la souffrance. — La céphalalgie, au moment des paroxysmes, est vraiment atroce; le malade dit qu'il a peur que sa tète éclate. Il erre dans la salle, en poussant des cris. M. Vulpian a fait appliquer des ventouses sèches hier sur la région de la nuque. On continue le chloral hydraté à la close de 5 grammes par jour.
5 juin. — Les forces reviennent petit à petit, mais la douleur de tête persiste presque aussi violente que par le passé. Vésicatoire sur la nuque.
12 juin. — La plaie, déterminée par le vésicatoire dans la région de la nuque, est guérie ; on place deux nouveaux vésicatoires de chaque côté des oreilles. On supprime le chloral.
15 juin. — Toutes les fonctions s'exécutent bien , mais la céphalalgie est toujours extrêmement violente. Lorsque viennent les paroxysmes, le malade se met à marcher trèsvite dans la salle ; il se couvre la tête de compresses d'eau ; quelquefois même il la frappe contre les murs.
20 juin. — On renouvelle les vésicatoires derrière les oreilles. Le mal de tête a un peu diminué.
25 juin. — On donne au malade du vin de quinquina et du sirop d'iodure de fer; ses forces reviennent bien. La figure est moins pâle. La céphalalgie diminue progressivement.
5 juillet. — L'état général est très-bon, mais la céphalalgie diminue bien lentement au gré du malade.
10 juillet. — Le malade commence à pouvoir dormir cinq à six heures. — La céphalalgie, quoique atténuée, persiste encore. Le malade part à Vincennes le 15 juillet; il souffrait toujours de la tête.
Obs. GIV. — Fièvre typhoïde légère. — Contracture des extrémités survenant vers le 24e ou 25e jour de la maladie.
Le nommé G... Camille, âgé de 20 ans, typographe.
Entré le 18 janvier 1877, salle St-Jean-de-Dieu, lit n° 15.
Renseignements. — Le malade s'est toujours bien porté jusqu'à présent. Il habite Paris depuis huit mois seulement.
Il y a 8 jours, il est resté quelque temps exposé à un courant d'air, et s'est considérablement refroidi.
Le soir même, il a été pris de frissonnements répétés, mais qui n'ont pas été jusqu'au claquement des dents. Les jours suivants, ces petits frissons se sont reproduits.
En même temps une céphalalgie, d'abord peu intense et qui tantôt augmentait tantôt diminuait, se montra. Il survint pendant deux jours une diarrhée à la suite de laquelle, le malade, sur le conseil d'un médecin qu'il vit alors, prit un purgatif.
Un mieux sensible se manifesta et il put ainsi vaquer à ses occupations encore pendant 5 ou 6 jours, mais, au bout de ce temps, les phénomènes s'aggravèrent.
La fièvre devint plus forte ; elle augmentait surtout le soir. Elle fut accompagnée de courbature et d'anorexie.
Etat actuel. — La face est congestionnée. Le malade est abattu, mais il répond nettement aux questions qui lui sont adressées. Il a de l'insomnie. Aussitôt qu'il s'endort, il se réveille en sursaut, ou bien son sommeil est troublé par des rêves fatigants. On a même remarqué un peu de subdelirium passager depuis 3 ou 4 jours.
La peau est sèche. Il n'y avait pas de sueurs du reste les jours précédents. T. A. : 40° 2.
Le ventre est un peu distendu par les gaz et rend à la percussion un son tympanique. A la pression on y détermine de la douleur, mais également des deux côtés.
Pas de diarrhée. Pas de taches rosées lenticulaires.
MALADIES GÉNÉRALES 457 La rate est augmentée de volume.
Pas d'épistaxis.
Le malade tousse beaucoup. La percussion du thorax dénote une submatité aux deux bases en arrière. On n'entend que des râles sibilants disséminés dans la poitrine.
La langue est rouge sur les bords et blanche au milieu.
Le malade se plaint surtout d'un mal de gorge qui le gêne beaucoup pour avaler. La muqueuse est sèche, rouge, un peu luisante.
La soif est très-vive.
Constipation et rétention d'urine ; on est obligé de sonder le malade.
Les urines présentent de l'acide urique. Un peu d'albumine et un peu de bleu urinaire.
Traitement. — On donne 15 grammes d'huile de ricin. — Bouillons. — Limonade. — T. A. : 40° 1.
20 janvier. — Le malade est très-abattu; il a eu trois garde-robes liquides. — T. A. : 40° 3.
21 janvier. — Même état. Eau vineuse; lavement simple.
22 janvier. — La rate est plus augmentée de volume que le jour de l'entrée. Apparition de quelques taches rosées lenticulaires. — T. A. : 40°. ■
23 janvier. — Le ventre se ballonne davantage. — La constipation persiste.
24, 25, 26, 27 janvier. — Pas de changement dans l'état général. La température est toujours élevée. — T. A. : 40°. 29, 30, 31 janvier. — là.
3 février. — 1er et 2 février. — L'état typhique est moins accentué. — La diarrhée est survenue. Immédiatement après l'ingestion de vin de quinquina et de sa portion de vin de Bordeaux, le tout à la fois, il a été pris de contracture des extrémités. Pendant 3 heures les.doigts sont restés fléchis, toutes les phalanges inclinées les unes sur les autres. Les pouces étaient étendus et les avant-bras dans une demi-flexion.
Le phénomène ne s'est pas reproduit le lendemain. 4 février. — Le malade est un peu mieux ; la stupeur est
moins profonde.
5, 6, 7, 8 février. — État stationnaire.
10 février. — L'état général est meilleur. — T. À. : 38° 4; s. : 39.
15 février. — L'appétit revient. — T. A., m. : 38°; s. : 38° 4.
20 février. — Le malade est convalescent. — T. A. , m. : 37° 4 ; s. : 38.
25 février. — Le malade mange deux portions ; il se lève une partie de la journée. — Température normale.
1er mars. — Ce jour le malade sort, en pleine voie de guérison.
Obs. GV. — Fièvre typhoïde grave. — Éruptions ecthy maternes survenant par poussées successives , et ayant duré plus <le deux mois : guérison.
La nommée L... Marthe, âgée de 22 ans, couturière.
Entrée le 4 novembre 1876, salle Ste-Madeleine , lit n°21.
Renseignements. — Cette malade entre avec de la fièvre et le faciès typhoïde.
Bonne santé antérieure. Réglée à 12 ans, et, depuis lors, toujours régulièrement.
N'es^t à Paris que depuis 3 mois.
11 y a 12 jours, la malade a commencé à se trouver mal à son aise, étant à l'époque de ses règles ; celles-ci eurent leur durée et leur abondance ordinaires.
La malade ressentait une céphalalgie assez vive, des étourdissements, une grande faiblesse générale. — Pas d'épistaxis.
Le lendemain, la malade se purge, et, depuis Lors, diarrhée assez abondante.
MALADIES GÉNÉRALES 459 La fièvre, le malaise et la diarrhée persistant, la malade entre à l'hôpital, le 12e jour de son affection.
5 novembre. Etat actuel. — Faciès typhique. — Surdité assez accentuée.
La malade se plaint de sa tête, mais elle ne souffre pas du ventre. — Peau moite.
Pouls 120 à 130, régulier, plein. Pas de bruits anormaux à la région du cœur.
Pas de toux; pas de râles, à l'auscultation du thorax.
Éruption abondante de taches rosées sur l'abdomen, le thorax et la face antérieure des bras.
Insomnie. Rêves. Appétit nul. Langue rouge sur les bords, blanche au milieu. Diarrhée.
Ventre un peu ballonné. Léger gargouillement dans la fosse iliaque droite.
Urines rougeàtres, peu abondantes. — Un nuage d'albumine. T. A. : 39° 4.
Traitement. — Ghloral, 2 g. -, sulfate de quinine, 1 g. Infusion de tilleul. — Bouillon.
6 novembre. — Diarrhée très-abondante. Le malade aurait eu plus de 10 selles depuis hier au soir. T. : 39°. Extrait de quinquina, 4 g.
8 novembre. — Diarrhée toujours très-abondante. — Éruption de taches encore très- visible sur le ventre et la poitrine.
9 novembre. — Limonade phéniquée. — La malade a vomi plusieurs fois depuis hier matin. Commencement d'eschares au siège.
10 novembre. — Encore des vomissements. — 8 à 10 selles diarrhéiques (l'eschare paraît avoir succédé à des bulles de pemphigus).
12 novembre. — Nouvelles eschares au sacrum. Toujours des vomissements. Abattement considérable.
13 novembre. — Surdité plus marquée. — Suppression
de la limonade phéniquée. Encore des vomissements.
La malade tousse un peu. — Râles sifflants et ronflants des deux côtés de la poitrine.
14 novembre. — La malade n'a vomi qu'une fois depuis hier matin ; elle n'a eu que 3 selles.
Elle paraît un peu plus réveillée.
17 novembre. — Plus de vomissements. — Suppression du sulfate de quinine.
19 novembre. — Eruption de boutons d'ecthyma sur les grandes lèvres et le périnée. — Une pustule, plus volumineuse, a produit un gonflement notable de la grande lèvre gauche. — ■ Cataplasme.
20 novembre. — La malade mange une portion.
22 novembre. — Toutes les pustules ouvertes, suppurent encore assez abondamment.
23 novembre. — La malade se lève pour la lre fois.
5 décembre. — Les forces ne reviennent pas vite. La malade n'a pas beaucoup d'appétit. Elle tousse un peu. On ne trouve rien dans la poitrine. De nouvelles pustules d'ecthyma se produisent dans la région dorsale.
-10 décembre. — Bon appétit. — Amaigrissement trèsnotable.
La malade descend dans la cour pour la première fois.
19 décembre. — Un peu de céphalalgie ce soir ; la peau est chaude. — Pas d'épistaxis. — Pas de diarrhée. — Pas de douleurs dans le ventre.
20 décembre. — Toujours un peu de fièvre. — Inappétence.
Pas de diarrhée le soir. — Peau chaude, langue sèche. — Céphalalgie occipitale intense. Pas d'épistaxis , ni de diarrhée.
Douleurs vagues dans les membres. T. : 40° 5. Poussées successives d'ecthyma sur les cuisses et le dos.
21 décembre. — Toujours de la céphalalgie. — Douleurs
MALADIES GÉNÉRALES 461 dans les membres. — Pas de diarrhée. — Pas de douleurs de ventre. T. : 39° 6. — Sulfate de quinine : 0,50 cent.
Le soir. La malade a vomi après avoir pris un de ses paquets de sulfate de quinine. — Faiblesse. Inappétence. — Céphalalgie. T. : 40° 2.
22 décembre. — La malade se trouve mieux ce matin. Céphalalgie moins vive. — Toujours des douleurs dans les jambes. T. : 38.
Le soir. La malade se trouve mieux. — Elle a un peu mangé. — Toujours des douleurs dans les jambes. T. : 38° 4.
26 décembre. — Beaucoup de mieux. — Plus de fièvre. La malade est encore faible et commence à avoir de l'appétit.
\h janvier. — La convalescence se fait lentement.
On constate de la douleur dans la région lombaire droite, douleur que la pression augmente. Les autres régions de l'abdomen sont douloureuses aussi à la pression. Il semble y avoir un peu de sérosité dans la cavité péritonéale ; mais on ne parvient pas à s'en assurer complètement. Teinture d'iode sur la région lombaire' droite. Cataplasmes sur le ventre.
. Au bout de quelques jours les douleurs abdominales disparaissent.
25 janvier. — La malade ne souffre plus de son ventre. Il n'y a que quelques jours qu'il ne se forme plus de pustules d'ecthyma.
6 février. — Elle sort du service guérie, mais encore trèsfaible.
Obs. CVI. — Fièvre typhoïde guérissant rapidement. — Convalescence. — Récidive de la fièvre typhoïde au bout d'un mois environ. — Bénignité de cette seconde fièvre.
Le nommé L... Pierre, âgé de 30 ans, employé de commerce.
Entré le 25 décembre 1876 , salle St-Jean-de-Dieu , lit n° 28.
Renseignements. — Vers le milieu d'octobre 1876, le malade a été pris de fièvre typhoïde; il est entré, le l'r novembre, à la maison de Santé et il en est sorti en pleine convalescence; sa fièvre typhoïde a été d'une intensité moyenne. Les détails donnés ne laissent pas de doute sur l'existence de la maladie ; d'ailleurs les renseignements pris à l'hôpital -ont confirmé le dire du malade. A sa sortie, le 29 novembre, il est allé pendant vingt-cinq jours à la campagne. Il s'y était, dit-il, tout à fait rétabli. Lors de son retour à Paris, le malade a été repris d'un peu de malaise, de diarrhée, de maux d'estomac, et, de temps en temps, d'un peu de fièvre. Cet état ne faisant que s'accentuer davantage de jour en jour, il se décide à entrer à l'hôpital de nouveau.
Etat actuel. — Le malade est abattu ; il répond difficilement aux questions qu'on lui adresse; sa mémoire paraît lui faire défaut de temps à autre. Il se plaint du manque d'appétit, de faiblesse et de diarrhée. Pas d'épistaxis ; céphalalgie assez vive ; un peu de vertige et de bourdonnements d'oreilles. Insomnie opiniâtre , cauchemars fré-* quents.
La langue est rouge, pas trop sèche ; le ventre n'est pas ballonné; il n'est pas non plus douloureux à la pression, mais on aperçoit sur l'abdomen et sur le thorax quelques taches rosées lenticulaires bien nettes. Constipation.
L'examen de la poitrine ne fait rien constater en avant, ni à la percussion, ni à l'auscultation. En arrière, à gauche, le sommet est un peu mat; à l'auscultation, l'expiration est prolongée ; en un point très-limité vers l'angle de l'omoplate, on entend un peu de râle sous-crépitant.
Il n'y a rien à noter du côté du cœur.
La rate est un peu volumineuse à la percussion.
Les urines sont rougeâtres; léger nuage d'albumine. T. A., m. : 40° 1 ; s. : 40° 5.
Traitement. — Lavement purgatif. Potion avec 4 grammes d'extrait mou de quinquina. Sulfate de quinine 1 grv en 2 doses, une le matin et une le soir.
27 décembre. — Le malade est un peu mieux; il a eu quelques garde-robes liquides.
Les taches rosées lenticulaires sont très-nombreuses. T. A., m. : 39° 8; s. : 40° 1.
Toux fréquente ; expectoration muco-purulente.
Râles sous-crépitants au niveau de la partie moyenne de l'omoplate droite.
28, 29, 30, 31 décembre. — Tous ces jours, l'état général du malade est resté stationnaire.
1er janvier. — Le malade commence à manger un peu.
La température s'est abaissée. — T. A. , m. : 38 ; s. : 38° 6.
10 janvier. — Le malade va mieux. T. A., m. : 37° 8 ; s. : 38° 2.
15 janvier. — La convalescence commence à s'établir ; température normale.
26 janvier. — Le malade quitte l'hôpital ce jour. Il est en pleine convalescence.-
Somme toute, sa nouvelle fièvre typhoïde a été trèslégère.