Même état
31. — Même état ; fièvre vive, taches rosées sur le ventre, douleur dans la fosse iliaque droite ; constipation . 3 août. — Même état, diarrhée.
5 août. — Un peu d'amélioration des douleurs. La diarrhée continue. La fièvre n'a pas cessé ; mais elle est moins vive. Il y a toujours une inappétence complète et de l'insomnie avec un peu d'agitation nocturne. On a constaté, les jours précédents, de la douleur avec un peu de gargouillement dans la fosse iliaque droite. La malade paraît être atteinte de fièvre typhoïde à un léger degré.
Il n'est pas sans intérêt, comme le faisait remarquer M. Yulpian, de noter que cette fièvre typhoïde s'est déclarée chez une malade prenant du salicylate de soude à la dose de 6 grammes, puis de 8 grammes depuis plusieurs jours. Ce fait est bien propre à montrer le peu d'influence de ce médicament sur la dothiénentérie.
Obs. XIV. — Rhumatisme articulaire chronique. — Manifestations rhumatismales sub-aiguës. — Thyroïdite rhumatismale.
Le nommé P.., Auguste, 23 ans, typographe.
Entré le 7 juin 1877, salle St-Jean-de-Dieu, lit n° 17.
Renseignements. — Ce jeune homme, âgé de 23 ans, typographe, dit s'être toujours bien porté jusqu'à l'âge de 21 ans.
Gomme maladie d'enfance, il ne se souvient que d'une rougeole qui guérit complètement en quelques semaines.
Il nie tout antécédent syphilitique, mais il avoue boire assez notablement d'habitude (2 litres de vin par jour et plus, eau-de-vie de temps en temps) ; il a bu aussi beaucoup d'absinthe, il y a 2 ans.
Pas d'éruptions cutanées dans sa jeunesse.
Jamais d'accidents saturnins.
Rien à noter du côté de ses parents.
Il y a 18 mois, il fut fréquemment exposé aux refroidissements pendant un voyage dans le Midi (il couchait souvent en plein air sur le sol).
A la suite d'un de ces refroidissements il fut pris de douleurs dans les chevilles, les genoux, puis dans les épaules, les poignets et les doigts; en même temps ses genoux et les articulations des doigts se gonflèrent légèrement.
Ces douleurs et ces gonflements étaient surtout localisés aux genoux et aux articulations phalangiennes des doigts ; jamais il ne fut forcé de garder le lit; il put toujours continuer son travail. Puis les douleurs se localisèrent dans les articulations des doigts des deux mains et en particulier dans les articulations des premières avec les deuxièmes phalanges.
Ces douleurs très-intenses (le malade les compare au broiement de l'articulation) étaient surtout vives le matin, à tel point qu'il lui était impossible de se servir de ses doigts. Dans la journée ces douleurs disparaissaient ; elles étaient accompagnées du gonflement de l'articulation douloureuse, et peu à peu, le malade vit ces articulations se déformer, devenir noueuses.
Cet état persiste d'une façon continue depuis 18 mois,
mais il y a 6 mois il sembla se faire un temps d 'rrèt dans la déformation de ses jointures.
Quant aux douleurs, elles n'ont pas cessé d'exister, surtout le matin, et depuis 6 mois ces douleurs s'accroissent.
Il ressent, de temps à autre, des douleurs rhumatoïdes dans les genoux, surtout dans le gauche, et dans les articulations scapulo-humérales.
De temps en temps il a des torticolis.
Depuis quelques jours il éprouve, par moment, des palpitations de cœur.
Il y a 2 jours, ses douleurs augmentèrent. Il fut pris de sueurs survenant surtout la nuit, et. le 7 juin 1877 il se décida à entrer à l'hôpital.
Etat actuel. — C'est un homme grand, assez bien musclé, pâle ; sa peau est couverte d'une légère sueur.
Les articulations des lres avec les 2e phalanges , aux 2 mains, sont déformées, noueuses, un peu douloureuses.
C'est surtout l'articulation du médius qui est déformée à droite comme à gauche.
Les coudes sont intacts.
Légères douleurs dans les articulations scapulo-humérales.
Les genoux sont un peu douloureux et le siège de craquements peu prononcés quand on les ploie.
Cœur. — Impulsion un peu forte et battements un peu précipités.
Le 1er temps est un peu soufflant à la base. Le 2e temps à la base est dédoublé.
Double souffle dans les vaisseaux du cou. Poumons. — Sains, quelques râles de bronchite. Le malade mange de bon appétit et dort bien. Urine. — Un peu foncée, ne contient ni albumine ni sucre. Traitement. — 8 Juin. — Les bruits du cœur deviennent métalliques et l'on entend un léger souffle à la pointe. On
DU RHUMATISME 5 prescrit : sulfate de quinine 1 gr. en 2 paquets. Tisane de chiendent.
9 juin. — Le malade est pris d'une fièvre assez intense dans la nuit du 8 au 9 ; douleur de gorge, dyspnée, dysphagie.
Le matin l'on constate une grande augmentation de volume des 2 lobes latéraux du corps thyroïde et un peu du lobe médian. Le corps thyroïde ainsi gonflé est douloureux à la pression. La peau, à ce niveau, n'a pas changé de couleur. La face est rouge ; les yeux sont congestionnés ; céphalalgie ; respiration pénible ; dyspnée assez violente.
Purgation. Sulfate de quinine 1 gramme 50, en trois paquets. Pommade à l'iodure de potassium sur les parties antérieures et latérales du cou.
10. — Plus de fièvre ; un peu de diminution de la tuméfaction et de la douleur du corps thyroïde. Il n'y a presque plus d'oppression.
11. — Le souffle à la pointe du cœur et au 1er temps augmente et devient plus rude. La tuméfaction du corps thyroïde est bien diminuée, mais elle existe encore. On continue l'administration du sulfate de quinine et les onctions avec la pommade d'iodure de potassium. Les articulations ne sont presque plus douloureuses .