DE LA PNEUMONIE
de 3 ans entre la quatrième et la cinquième, et de un an entre la cinquième et la sixième.
Dans les récidives de pneumonie, l'inflammation dit Grisolle occupe de préférence le poumon, primitivement atteint. L'analyse de mes observations comparée à celles de Grisolle, donne le résultat suivant ;
Grisolle Leudet Total.
Sur 35 pneumonies, Sur 27 pneumonies 26 pneumonies
observées, interrrogées,
Même poumon atteint, 25 fois. 45 19 59
Poumon différent, 10 fois 12 7 ^9
Les récidives^ comme le dit Grisolle, se manifestent donc le plus souvent sur le même poumon.
C'est le poumon droit qui est atteint de préférence dans les récidives. En effet, en comptant les pneumonies survenues chez tous mes malades, je trouve qu'elle a eu lieu :
Leudet Grisolle Total,
Sur 35 pneumonies Sur 25 pneumonies
Sur le poumon droit, 24 fois. 16 Sur le poumon gauche, 11 fois. 9
Quand un même individu est atteint de cinq ou six pneumonies, on voit quelquefois l'inflammation siéger toujours sur le même poumon ; d'autres fois, il frappe tantôt l'un, tantôt l'autre de ces organes. Ainsi, j'ai constaté dans, un cas, que la pneumonie avait occupé successivement le siège suivant : sommet droit, tout le
côté gauche, base gauche, sommet droit, hase gaucho, sommet droit.
Quand le même poumon est atteint plusieurs fois d'inflammation, celle-ci ne frappe pas toujours la même partie de Torgane; aussi sur \2 malades, où la pneumonie atteignit toujours le même côté, elle siégea toujours au sommet droit, àonis 5 cas ; à la base droite dans 2 ; au côté droit tout entier dans un ; une fois dans tout le côté droit ; une deuxième à la base du même organe dans 2 cas; une fois au sommet droit, et une deuxième à la base droite dans 2 cas.
Jamais chez le même sujet, toutes les récidives de pneumonie n'ont atteint le poumon gauche.
Ceci montre une fois de plus la prédilection de la pneumonie pour le poumon droit.
Du pronostic des récidives de la pneumonie. Grisolle, Sestier (1), J. Pelletan (2) sont unanimes pour reconnaître la gravité plus grande des récidives de pneumonie : ainsi, sur 54 malades, Grisolle en a perdu 11, c'est-àdire environ le cinquième. Par une singulière circonstance, sur 32 malades, ayant présenté des récidives de pneumonie, je n'en ai perdu que 4. Chez les malades interrogés, j'ai constaté la même bénignité relative des récidives de la phlegmasie pulmonaire. Je ne prétends point infirmer parla l'opinion des auteurs que je viens de citer, j'attends seulement que le temps me fournisse des faits plus nombreux capables de contrôler ceux que j'ai recueillis jusqu'ici. J'ajouterai que la pneumonie n'est pas moins grave à Rouen qu'ailleurs ; car sur 662
(1) Seslier, Leçons de clinique médicale faites à VHùlel-Dieu de Paris, par le professeur Chomel, tome III, Paris, 1841.
(2) J. Pelletan, Mémoire slalislique sur la pleuro-pneumonie algue. {Mémoires de V Académie de médecine, Paris, t. VIN.)
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malades atteints de pneumonie, j'en ai vu 530 terminées par la guérison, et 126 par la mort. La mortalité étant comme toujours plus grande chez les femmes que chez les hommes ; car sur 419 pneumonies chez les hommes, 74 seulement se terminèrent par la mort ; tandis que sur 243 femmes, 52 succombèrent. L'âge de mes malades était en moyenne de 40 ans dans les cas de récidive, circonstance qui rend compte jusqu'à un certain point de l'issue favorable des cas que j'ai observés.
La gravité de la pneumonie a-t-elle varié dans ses diverses manifestations? Pour étudier cette question, je n'ai tenu compte que de l'histoire des malades observés plusieurs fois à l'hôpital. En tenant compte de l'ensemble des symptômes, j'ai vu chez dix d'entre eux toutes les pneumonies être relativement bénignes ; chez cinq la maladie fut toujours grave dans un nombre égal, la pneumonie fut intense dans sa première manifestation ; légère dans la deuxième. Chez 2 malades seulement la pneumonie fut légère dans sa première manifestation et grave dans la deuxième. Un de ces malades succomba.
En cherchant l'époque de la maladie où la résolution de la phlegmasie commença à se faire dans chacune de ces manifestations, j'ai trouvé quelle fut plus rapide à la deuxième qu'à la première, dans 16 cas sur 23 ; elle se fît en moyenne quatre jours plus tôt dans la deuxième attaque. Ces résultats je ne les considère que comme une pierre d'attente; il faut qu'une expérience plus longue, ou des faits recueillis par d'autres observateurs viennent en confirmer la vérité ou en démontrer l'erreur.
Conclusions. 1° Les récidives de pneumonie se manifestent de préférence chez l'homme dans l'âge adulte, à des intervalles de 3 à 5 ans ;
2° Les récidives se manifestent de préférence sur le