‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Rouen [electronic resource]Chapitre 36 sur 38 · XV] I. — DBS RÉCIDIVES DE LA PNEUMONIE · texte numérisé non relu

XV] I. — DBS RÉCIDIVES DE LA PNEUMONIE

Depuis longtemps les cliniciens ont constaté que certains sujets avaient la fâcheuse disposition a être plusieurs fois atteints de pneumonie dans le cours de leur vie; on a noté encore ce fait que la prédisposition à la pneu-

monie était d'autant plus marquée que le sujet avait été atteint antérieurement un plus grand nombre de fois de phlegmasie du poumon. Ce fait une fois constaté, les auteurs se sont en général posé cette question: ces pneumonies qui se succèdent à des intervalles plus ou moins rapprochés offrent-elles une modification dans leur expression symptomatologique, dans leur évolution, leur durée, et surtout dans leur pronostic ?

Grisolle dans son excellent traité de la pneumonie ua, pas manqué de soumettre cette question à une étude sérieuse (1) ; les éléments, auxquels il a eu recours pour la résoudre, étaient l'analyse des antécédents des malades soumis à son observation, et dont les réponses ont été recueillies avec un soin extrême. « Malheureusement dit Grisolle, le nombre de faits ainsi recueilli n'est pas assez considérable pour donner au résultat la certitude que fournit l'analyse d'un grand nombre d'observations. » Je n'aurais pas songé à m'occuper de cette question, si je n'avais eu à ma disposition d'autres éléments d'analyse. Depuis 20 ans un certain nombre d'individus ont été traités plusieurs fois dans ma division hospitalière de l'Hôtel-Dieu, pour des pneumonies; certains malades ont été admis jusqu'à 6 fois dans mes salles pour une inflammation du poumon. L'histoire de chacune de ces pneumonie a été écrite jour par jour au lit du malade. Mes notes cliniques fournissent donc des renseignements que l'on ne retrouve pas dans beaucoup de recueils. Les malades soignés plusieurs fois pour des pneumonies ne sont qu'au nombre de 32. A ces faits j'ai ajouté une autre catégorie d'observations, c'est le résumé de l'enquête rétrospective à laquelle je me suis livré chez les malades qui admis à l'hôpital pour des pneumonies

(i) Grisolle, 2» édition, Paris, 1866.

DE LA PNEUMONIE. oOl

pouvaient me donner des renseignements précis sur des manifestations de la même maladie survenues à une époque plus ou moins éloignée de leur vie. Ces faits sont au nombre de 34, ce qui me donne un ensemble de G6 observations de récidives de pneumonie.

Je rechercherai donc dans cette analyse à comparer mes résultats statistiques avec ceux de Grisolle, espérant ainsi rectifier une statistique par l'autre, et parvenir ainsi à un résultat plus rapproché de la vérité.

Suivant Grisolle, les récidives de la pneumonie se manifestent avec une fréquence à peu près égale chez l'homme et chez la femme. D'après ce résultat, comme la pneumonie primitive de l'aveu de tous les médecins est beaucoup plus commune dans le sexe masculin que dans le féminin, il en résulterait que la femme est plus exposée aux récidives que l'homme. Mon expérience personnelle ne m'a pas donné le même résultat , ainsi sur les 32 sujets admis dans mes salles pour plusieurs pneumonies, il y avait 19 hommes et 13 femmes, et sur les 34 sujets qui ont pu me donner des renseignements sur les pneumonies antérieures, 29 hommes et 5 femmes, ce qui fournirait au total, sur 66 individus atteints plusieurs fois d'inflammation du poumon, 48 hommes et 18 femmes. Cette proportion est à peu près la même que celle que fournit l'analyse de la totalité des pneumonies divisées par sexes. Ainsi sur 662 pneumonies dont j'ai recueilli l'histoire 419 ont été observées chez des hommes et 243 chez des femmes.

C'est à un âge peu avancé que se manifeste la première attaque de pneumonie, c'est en général de 20 à 60 ans, c'est-à-dire à l'époque ordinaire de la vie à laquelle existe la prédisposition la plus marquée au développement de cette maladie ; c'est également dans Tàge adulte que surviennent les récidives.

L'intervalle qui sépare chacune des manifeslalions de la pneumonie varie parfois beaucoup ; cependant l'intervalle le plus ordinaire est de 2 a S ans.

Sur vingt-huit sujets ayant eu deux pneumonies, rintervallo fut : de moins d'un an chez % malades.

— d'un an — 6 —

— 2 ans — 6 —

— 3 ans — 5 —

— 4 ans — 1 —

— 5 ans — 2 —

— 7 ans — 2 ~

— 8 ans 2 —

— 9 ans — \ ~

— 18 ans — 1 —

Chez les malades interrogés l'intervalle commun fut également de 2 à 5 ans ; mais quelquefois l'écart fut beaucoup plus considérable; il atteignit jS, 20, 25 et même une fois 30 ans.

Chez ceux qui eurent plus de deux pneumonies, Tintervalle fut très-variable ; chez l'un, il fut de un an entre chaque attaque; chez un autre de 5 ans, entre la pre mière et la deuxième ; de un an entre la deuxième et la troisième. Chez un individu ayant eu quatre pneumonies, l'intervalle fut de 4 ans pour la première et la deuxième; de 3 ans entre la deuxième et la troisième, et de 2 ans entre la troisième et la quatrième. Ce fait viendrait à l'appui de cette opinion^ que les pneumonies sont d'autant plus rapprochées, qu'elles sont plus nombreuses ; mais cette opinion est loin d'être certaine pour moi. Ainsi chez une femme qui eut six pneumonies dans mon service^ l'intervalle fut de moins d'un an entre la première et la deuxième, de un an entre la deuxième et la troisième, de 2 ans entre la troisième et la quatrième,

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