Id., ibid., p
S42 ' DE L'ÉPILESIE.
seul est sourd-muet1. » Voilà ce que professait Ménière, dont l'opinion est d'une incontestable autorité en pareille matière.
« La surdi-mutité, dit encore Boudin2, ne se produit pas toujours directement par les parents consanguins; on la voit se manifester parfois indirectement dans les mariages croisés, entre individus parfaitement sains et exempts de tout espèce d'infirmité, mais dont l'un était issu d'un mariage consanguin. »
A l'appui de cette proposition, l'auteur rapporte3 l'observation suivante : « M. L..., maire de C... (Dordogne), avait épousé la fille de son cousin. Il eut de cet union un garçon et une fille, non seulement exempts d'infirmités, mais encore doués, comme leurs parents, de la meilleure santé. Mlle L..., mariée avec un jeune homme plus âgé qu'elle de quelques années, et avec lequel elle n'était parente à aucun degré, a donné le jour à une fille atteinte de surdi-mutité congénitale. Le père et la mère de cette enfant habitent un pays élevé, très salubre ; leur habitation est à l'abri de l'humidité ; leur position pécuniaire leur permet de vivre, sinon dans le luxe, du moins dans l'aisance. Aucun autre sourdmuet n'existe à C... Il n'y a jamais eu d'autre sourd-muet dans la famille... Enfin, la grossesse de la mère n'a été signalée par aucun fait particulier4. »
Ce qui, dans ce cas, s'applique à la surdi-mutité ne pourrait-il pas s'appliquer aussi à toutes les fâcheuses conséquences des alliances consanguines?
Pour en finir avec cette digression à laquelle je me laisse aller sans regrets, personne n'a prétendu que les alliances entre proches parents eussent nécessairement, fatalement, des suites fâcheuses. Ce que l'on a cherché à établir, ce que démontre d'une manière incontestable l'observation médicale, d'accord en cela avec celle des législateurs qui, dans un grand nombre de pays, se sont, pour cette raison, opposés à ces sortes d'alliances, c'est que la proportion des accidents que nous avons indiqués est relativement beaucoup plus forte chez les individus issus de mariages consanguins que chez ceux nés de mariages mixtes; e'est que, en définitive, et cela aussi bien chez l'homme que chez les animaux sur* lesquels l'expérimentation peut être faite et a été faite sur une grande échelle, ces mariages entre parents compromettent l'espèce parla stérilité, parles infirmités et les maladies qui peuvent atteindre les produits, lorsque ces
1 . P Ménière, Recherches sur la surdi-mutité (Gazette médicale de Paris, 3e série, t. I, p. 213).