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INFLUENCE DES MARIAGES CONSANGUINS

l'âge de trente à quarante ans, par l'abolition de la vision, en ce sens que les malades ne peuvent plus se conduire seuls, bien que parfois ils réussissent encore à déchiffrer les plus fins caractères dans une étendue très minime du champ visuel. L'ophtalmoscope révèle l'existence d'altérations graves de la choroïde et du nerf optique ; la rétine, plus ou moins atrophiée, et recouverte de taches noires de pigment qui s'unissent pour former un réseau1.

Afin de vous montrer la relation évidente entre ces troubles de la vision et la consanguinité des unions d'où sont issus les malheureux qui en sont atteints, permettez-moi de vous présenter quelques chiffres que je prends dans le mémoire de Boudin : « Vingt sept mariages de consanguins féconds, observés en Amérique par M. le docteur Bemiss (de Louisville), ont produit deux enfants aveugles et six autres avec des troubles divers de la vision. » De son côté, <l M. le docteur R. Liebreich estime que près de la moitié (27 sur 59) des individus atteints de rétinite pigmenteuse sont issus de mariages consanguins. » Chez ces 59 malades, la rétinite coïncidait 18 fois avec la surdi-mutité, 2 fois avec l'idiotie; sur ces 18 sourds-muets, 9 étaient nés de mariages entre cousins, et il en était de même de l'un des 2 idiots. « Cette coïncidence entre la surdimutité et la pigmentation rétinienne est d'autant plus fréquente, suivant la remarque de M. Liebreich, qne la rétinite pigmenteuse est plus rare; d'autant plus frappante que les deux affections atteignent simultanément les enfants appartenante des familles dans lesquelles ces 'maladies apparaissent et ne se montrent pas isolément 2. »

De toutes ces funestes conséquences des unions consanguines, la plus fréquente est sans contredit la surdi-mutité.

a La proportion des sourds-muets de naissance, dit Boudin, croît avec le degré de consanguinité des parents. Si l'on représente par 1 le danger de procréer un enfant sourd-muet dans un mariage ordinaire, ce danger est représenté par 18 dans les mariages entre cousins germains, 37 dans les mariages entre oncles et nièces, 70 dans les mariages entre neveux et tantes2.

L'hérédité morbide que l'on a voulu invoquer sans apporter de faits à l'appui de la théorie, l'hérédité morbide occupe une si petite place dans l'étiologie de la surdi-mutité, que les exemples de transmission héréditaire de la maladie sont exceptionnels. Bien plus « habituellement, dans l'immense majorité des cas, les sourds-muets mariés à des sourdesmuettes ont des enfants qui entendent et qui parlent. Gela est vrai, à plus forte raison, quand le mariage est mixte, c'est-à-dire quand un des époux

1. Richard Liebreich, Annales d'oculistique, fascicule du mois d'avril 1861 (cité par M. Boudin, t. XVIII, p. 55).

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