‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 22 sur 57 · XLV. ~ FIJS¥RE CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

XLV. ~ FIJS¥RE CÉRÉBRALE

QiMdquA» «ocemplea de différtntta Hormat dm la ftèvve oérébMda. -* Ta- Ueau de la maladie : trois périodee gto^ndement aeeei dîetiiietei« — PériQd€ prodromiquê, caractérisée par uu exuiemble de pliénomtoes féné* rauz, qtd peuvent se rencontrer dans d'autres maladies, mais qui ne •ont jamais plus prononcés et de plus longue durée que dans celle-ci- -*• Stcmi$pétiÊée : apyrétique ; le pouls prend une lenteur remarquable, la respiratioii un caractère particulier d'irrégularité. — - Cette iiréyu* larité des mouvements respiratoires est un signe d'une grande valeur. — Diagnostic différentiel entre la fièvre cérébrale et la fièvre tjphctfde. — TrêMèmê fMoàt :1e pouls reprend une accélération souvent extraordinaire.— Abattement, délire ; convulsions d'abord partielles, puis générales; paralysies. — I«a fièvre cérébrale est presque toujours, pour ne pas dire toujours, mortelle, quel que soit le tn/Umwt employé pour la combattre. — Les lésions anatomiques caractérisent bien plus une encéphalo-méningite qu'une méningite.— Qu'elle soit ou non tuberculeuse, la maladie affecte les mêmes allures. — Hydrocépbale chronique, — I^est pas la oonséquenoe de la fièvre cérébrale.

Messieurs,

Au n° 33 de notre salle Saint-Bernard, vous a?ez vu mourir une jeune femme de vingt-trois ans qui était entrée à Tbôpital le 1 3 mars dernier. Elle v<u^( ici pour se faire traiter d*une hémiplégie occupant les membres du cftié droit, mais qui avait respecté la face et se Hait à Texistence d'une arthrite cer^çmle caractérisée extérieurement par une tuméfaction considérable des première vertèbres, par de la douleur qu'exaspéraient les moindres mouvements d^ Il tète, que, par ce fait, la malade tenait dans une immobilité absolue.

La paralysie était survenue dans les circonstances suivantes. Cette jeune femme nous racontait qu'elle était habituellement bien portante, bien que d'une constitution délicate. Elle avait été prise, dix-huit mois avant son arrivée à rHôteI-Dieu,de douleurs dans le cou, assez vives pour Tempécher de tourner la tête, alors surtout qu'elle voulait la porter i droite. Ces douleurs élaienl accompagnées d'une gêne, d'une sorte de roideur dans la région et d'un gonflement notable. Des frictions avec des pommades dont elle ne sut nous dire la composition, des cataplasmes et plus tard des applications de sangsues n'em* péchèrent pas les progrès du mal. Dix mois plus tard il avait augmenté ï ce point, que la pauvre patiente ne pouvait plus rester couchée la tête appuyée sur son oreiller, cette pression exaspérant les douleurs qui étaient beaucoup plus vives du côté droit du cou. En même temps elle éprouvait une sensation oootinnelle d*engourdissement dans cette partie. Les accidents ne tardèrent pas k SQ compliquer, et quinze mois après leur début, elle se plaignait de voir ses

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totale aara été de 5000 aa lieu de 10 000 kilogrammes. En d'autres termei, la puissance motrice aura été moitié moindre.

Il se passait chez notre malade quelque chose de bien étrange. Je lui disai de fermer et d'ouvrir la main droite avec autant de rapidité qu'il le pouvait. Les premiers mouvements se faisaient vivement; mais un quart de minute w s'était pas écoulé que les mouvements se ralentissaient, puis neponvaienl plv s'accomplir; exactement comme cela se voit dans une machine à vapeur qd, chauffée d'une manière insuffisante, ne peat accomplir avec continuité la font* tion qui lui est départie. Que si, fermant un instant les soupapes, nous aocomulonsla vapeur, nous allons, pendant quelques minutes, rendre à l'engiab puissance qu'il devrait avoir; mais l'impuissance succède immédiatement ^ ce développement artificiel de forcés; et, pour appliquer cette comparaison ï ma malades, il semble qu'ils n'aient à dépenser qu'une dose déterminée d'infln nerveux lequel ne se renouvelle pas chez eux avec la même rapidité que dn les autres hommes. II y a donc ici, non pas une paralysie dans l'acception ordinaire du mot, mais une impuissance relative et momentanée.

Le malade dont je viens de vous raconter l'histoire était atteint de celle forme de l'affection nerveuse qui n'est accompagnée que de peu de tremblement. Notre autre malade du n** 2 de la salle Saint-Bernard avait, au ooatraire, une agitation musculaire considérable. Chez l'homme, il y avait une contraction permanente des muscles et la sensation qu'il éprouvait était celle d'ni effort continu. Chez la femme, au contraire , il y avait de temps en temps cette même sensation ; mais, le plus souvent, l'agitation musculaire se raontralL Elle nous disait que depuis chaque paroxysme de ti^mblement elle était fatiguée comme naguère après un exercice très-violent.

Si nous essayons d'analyser ce double état musculaire, nous comprendrons mieux ce qui se passe dans ce qu'on a si improprement appelé la paralyni agitons.

Dans le repos, tous nos muscles sont mis dans le relâchement Leur fonction cesse momentanément, et , durant ce repos, l'aptitude perdue on diminuée par l'excès d'action, se récupère entièrement. En un mot, l'excitabiGtè se rétablit dans les conditions où elle était auparavant Si vous supposez, ao contraire, que, en vertu d'uue modification des centres nerveux, le 5%'stèmc musculaire soit toujours dans un étal analogue à celui de l'effort continu, Tincitabilité s'épube dans l'immobilité, les muscles extenseurs et fléchisseurs étant constamment et simultanément en action. Dans l'autre forme, le roouT^ ment alternatif rapide et involontaire d'extension et de flexion qui constitue le tremblement, dépense l'influx neneux, comme tout à l'heure la rigidité le faisait ; et tout se résume par une puissance dépensée d'une façon inntile, as préjudice de la fonction normale : de telle sorte que, lorsqu'il faudra manifester la puissance musculaire, les malades ne seront pas capables de le foire avec la même continuité ou avec la même force qu'auparavant, et ils senMit d^ns les conditions d'un individu épuisé par une extrême fatigue.

TREMBLEMENT SÉNILE ET PARALTSIS AGITANS. 217

Dd état analogue s'obserre encore chez certains malades atteints de ce que fU appelé perte de Vincitabilité musculaire, névrose bizarre dont j'ai vu de Bili*corieux exemples.

*' Une jeune dame de Tours, âgée de dix-huit ans, et mariée depuis six mois, tatoit à Paris il y a quelques années, pour se faire traiter de cette étrange lÉnrose. On la disait paralysée. Quand je la priais de marcher, elle se levait ilÉllûmeni, faisait, sans chanceler et avec une sûreté parfaite, dix, quinze, Migt, vingt-cinq pas, puis elle se sentait faiblir, et si elle ne trouvait pas un Élge, elle était forcée de s'asseoir à terre. Après un exercice aussi peu consiiinblc, elle était à bout de force, elle avait épuisé la dose d*incitabilité dé- (wrlie à son système nerveux musculaire. Quelques minutes de repos suflisaient Ittar lui rendre les aptitudes perdues. J*ai, en 1862, revu une jeune dame ■nctemcnt dans les mêmes conditions. Notez, messieurs, que ces deux faits Éesont que l'exagération de ce que vous voyez très-communément. La puismice de contenir les mouvements varie à l'infini, et nous n'avons pas plus le drnt de considérer comme paralytiques les deux jeunes femmes dont nous venons de parler que celles dont les forces sont épuisées après dix, quinze, ▼ingc, vingt-cinq minutes d'un exercice modéré.

Il est donc bien entendu, messieurs, que, dans le début de celte forme biniTe de chorée, que l'on appelle si improprement paralysis agitans^ il n'y a pas de paralysie, puisque, dans certains cas, et tout récemment encore, j'en aiobservé un exemple, la puissance musculaire explorée avec le dynamomètre Qily momentanément au moins, plus considérable du|côté tremblant que du côté opposé. Mais, à la longue, il survient un affaiblissement réel, et vers la dernière période de la maladie, l'impuissance musculaire est telle qu'on ne peut se refuser à accepter l'existence d'une paralysie. Il faut remarquer pourtant qoe la sensibilité reste intacte.

Du côté desorganes génito-urinaires, la faiblesse est encore plus évidente. Les hommes arrivent rapidement à l'anaphrodisie, et, dans les derniers temps, les urines sont difficilement retenues et il y a quelquefois incontinence , laqnelle, il est vrai, pourrait tenir à une contraction tonique continue des fibres Téacales.

Il survient encore un accident qui rapproche beaucoup la jpara/^5ts agitans des paralysies qui reconnaissent pour cause une hémorrhagie ou un ramollissement du cerveau ; je veux parler de la contracture.

En 1863, je voyais dans mon cabinet, un oflicier-général de la marine qui, dans les deux dernières années d'un commandement difficile, avait été pris de paralysis agitam. Après un an, il lui avait clé impossible d'écrire et, lorsque je le vis pour la première fois, il avait les deux derniers doigts de la main droite invinciblement fléchis dans la paume de la main, et il ne pouvait qu'avec nne lenteur et une peine extrêmes étendre le pouce et les deux doigts indicateur et médius.

D'abord partielle, cette espèce de chorée, que des auteurs du plus grand

218 TUMIILEIISNT SËNILE ET PAaALYSlS AGITANS.

mirile ont confondue, non sans raison peut-être, avec la cliorea feêiinuns cette paralysis agitons occupe un bras, par exemple. En même temps qu< oelai-ci est constamment agité de tremblement, il est affecté d'une faiblesM qni, d'abord peu prononcée, fait rapidement des progrès. Bientôt la jambe di côté correspondant se prend à son tour, et avec le sentiment de la diminuUoi âè II force musculaire, arrivent les mouvements convulsifs involontaires. L malade ne peut plus marcher qu*cn sautillant. Son mal faisant des progrès Taffection se généralise ; le bras jusqu'alors sain et l'autre jambe sont pris ; se allures présentent alors quelque chose de tellement caractéristique, qu'on ni saurait plus s*y tromper, mais dont on ne saurait non plus donner unedcscrip tkm satisfaisante. Il se tient et marche le corps penciié en avant, le bras du côti malade demi-fléchi et fortement appuyé au corps. Son centre de gravité s< trouvant ainsi déplacé, il est obligé de courir, pour ainsi dire, après lui-même il s'en va trottinant, sautillant, et il lui est impossible de changer de plao sans aide ; un bâton ne lui suffit pas toujours, et vous en verrez ne pouvoi marcher que les deux mains appuyées sur les épaules d'un serviteur , ou sou tenus par derrière. Cet appui venant à leur manquer, ils tombent inévitable ment.

Je dois vous dire toutefois que l'affection nerveuse affecte toujours un< forme paroxystique, et, après un accès qui/peut durer de dix à quarante mi dûtes et même plus, il y a, non pas de la douleur, mais une fatigue musculair( reartemblant à une courbature qui serait le résultat d'un exercice violent.

L'affection se généralisant encore davantage, les muscles du cou entren également en convulsion ; la tête est constamment brûlante, les muscles de li bce ne sont pas épargnés; alors, ainsi que vous l'avez vu chez notre femme la mâchoire inférieure tombe, la bouche reste béante et laisse écouler conti nuellement la salive, qui souille et inonde les vêtements.

La parole est nécessairement embarrassée, confuse.

D*un autre côté, la vessie se paralysant, il arrive une rétention et consécutivement une incontinence d'urine. Les facultés génératrices s'éteignent

Ces mouvements convulsibsont tellement, sinon violents, du moins répétés qu'il en résulte des déformations des parties. Ainsi , les malades ayant leur mains constamment appuyées, les doigts se luxent sur les métacarpiens, e leur iace dorsale va former un angle avec la face dorsale de la main.

L'intelligence, d'abord intacte, finit par s'affaiblir , la mémoire se perd, e les personnes qui vivent dans la société du malade , s'aperçoivent bientô qu'il n'a plus la lucidité ordinaire de son esprit; la caducité arrive bien avan rage.

Cette paralysU agitons est une mabdie inexorable qui entraine fatalemen la mort dans un espace de temps plus ou moins rapproché, quels que soient le moyens de traitement que l'on emploie pour la combattre. Il est toutefois uni observation singulière que j'ai pu faire chez trois individus que j'ai suivis jusqu'i la fin : ils sont tous morts de pneumonie. Il est peu probable que d'autre

TBRMM.RIIKNT SÊNILE ET PABAtY&lS AOlTAIiS. 219

praticiens aient l'occasion de constater une semblable coïncidence entre une névrose et la péripneuroonie.

En France, je ne sache pas que les lésions anatomiqucs propres à la paraly^ sig agitant aient été étudiées, et il parait que ceux qui les ont recherchées ne les ont point rencontrées; cependant il nous faut tenir grand compte des altérations que Parkinson, Oppoizer et Lebert ont décrites. Permettez-moi de mettre sous vos yeux un fait observé avec le plus grand soin par M. le profesH seur Oppoizer.

Un homme de soixante-douze ans, très maigre et très-chétif, fut admis à la Clinique le 20 juin pour être traité d'un tremblement violent qui le mettait hors d'état de se servir de ses mains. Voici ce qu*a raconté cet homme concernant le début de sa maladie : il n'avait, jusqu'à l'âge de soixante ans, éprouvé aucune maladie sérieuse, lorsqu'en 16/i8, pendant le bombardement de Vienne, il fut conduit par le hasard au milieu du lieu du combat Là, il fut saisi d'une terreur telle, qu'il lui fut impossible de retourner chez lui, et qu'on fut obligé de l'y conduire. A peine s'était-il un peu remis, qu'une bombe vint à éclater près de sa maison, et renouvela sou eflroi. Quelques heures après ces divers événements, en voulant prendre un peu de nourriture, il s'aperçut qu'il lui était impossible de se servir de ses mains, parce qu'elles étaient prises immédiatement d'un tremblement violent dès qu'il s'agissait d'opérer un mouvement Il remarqua aussi peu de temps après, que les membres inférieurs étaient également le siège d'un tremblement ; mais celui-ci était beaucoup moins violent et n'empêchait pas la marche. La maladie, non seulement résista à tous les moyens employés, mais encore s'aggrava progressivement Le tremblement persistait même pendant le repos du malade, et s'étendit à des muscles qui jusque-là n'avaient point été envahis; enfin il s'y joignit de la paralysie. Au bout de quelques années, le maladese vit dans l'impossibilité de demeurer dans la position verticale; dès qu*il cherchait à se tenir debout, il éprouvait une irrésistible propension à tomber en avant; il lui fallait alors, pour éviter la chute, saisir les objets environnants ou marcher à pas précipités. L'acuité de ses sens et des facultés intellectuelles avait diminué lentement, mais d^une manièro progressive.

L*usage du thé, du café ou 3es boissons spiritueuses, augmentait toujours te tremblement ; l'agitation des membres inférieurs était surtout prononcée le soir, lorsque le malade avait marché pendant la journée.

Il y a environ six mois, les sphincters, celui de la Tessië en particulier, furent pris de paralysie ; le malade fut admis alors à l'Hôpital général pour y être traité de ces nouvelles affections, qui, au bout d'un mois, parurent s'être quelque peu amendées.

Il y a cinq semaines, à la suite d*utt violent accès de vertige, le malade s'affaissa tout à coup sur lui même, et se trouva dans l'impossibilité de se relever; cependant il ne perdit nullement connaissance pendant toute It durée de l'attaque. Depuis cette époque, l'émaciation s'est accrue très-rapidement ; la

392 TlzmKMEITT St!<n.E ET PABUT5IS ACITAHS.

dm tit$u etmjoMtif, ce qui explique rinduralion que présenienl ces pirtlai. Quant avx ttrin opaçues observât daia Ut cordotu latéraux dt ta moelle, elltt dépendrai de la prêtente de titiu emjmctif m loie de développement.

Hessimn, dans cette obwmtioD da prornKor Oppotur, voos avez vd que la moelle allongée et le pool de Varole étaient trés-inaDifesleinenl iiulnrt«;qiie dtns l«9 cordons Uténox de li moelle, priacipalemeni i la région lombaire, la sobsunce médallaira était parsemée de stries grises opaques. Toutes ces àttntioDS, de rafmc que les aliéniioDs analogues constatées par Parkimoo et N. Lebert, étaient la conséquence d'une hypenrophie du lis&u conjmctir qni entre dans la stmctorc do sislèmc Denreox. De plus, celle hyper|dasie sTail en pour conséquence la rompre»ion des éléments nerreni, leur atrophie, et ta dégénération graisseuse de ces mêmes éléments. A ces altéraiions, qui Mot accomp^ées d'induration des parties affectées, on a donné le nom de telénte. Dans les cas oA la nécropsie , dans ces iikoks partie?, a démontré nn commencement de ramollissement des cordons d^ la moelle, peut-être coB- Tient-il de ne voir qn'un travail consécniir i l'Iiyjiérémie et 1 la dilatalioa vasculaire qui entraînent de grandes modifications dans la nutrition des éUmenLs netreux.

Desemblablesaliéraiionsfont comprendre l'impuissance de la ttiêrapentique: aocun traitement, jusqulci, ne j>araii at oir eu an snccî-» certain et souienu. Xooa dercDS cependant rappeler qu'ElIiotson a attribué li ^érison d'une paralytii agitant, cfaei un homme igé de trente-cinq anï. à l'aJminblTilion do soo»cartonate de fer. >lais Elliotson convient qu'il n'a obtenu qu'un seul succte couplet . et qne cfaei d'antres malades il n'y a point eu d'amélîoTation sensible.

Romberg qut a eu recours an mémo mode Ae traitement, dit n'en avoir pat obtenu plus de snccî-» ; ans5i csi-il permis, tout eu accordant une cerlaïne action au sons -carbonate de Ter dans le cas de guérison ti^nalé par Elliolsoo, dépenser que rige du malade y eut une part aus^ii gnuile que le médicament. Les bains sulfureux, l'iodare de polas^iu^l ot inur le? gnnds iiradificatcur^ tbér^ieaiiqnes devront être ron^eilk-s , surtout dans k- but dt- mettre les sujets dans les conditions les plus favorables pour lutter contre les progrès de la maladie. PfUi-«ire. aiosi qne semble le dên>onirer une observation recueillie par il. le docteur Aïonfeld, punrra-t-on enrayer le travail hypérÉmique. en ayant recours ï la mOdicalion rétnbite sur la K-gion supérieure de la colonne i oriébrale^

J'ai mot-même, dans quelques circoralances. obtenu de faons efrti de l'oagede l'essence de tt-rêbeothine ï haute dose et de l'hydrothérapie; maig jamais je n'ai guéri un malade, et cette irisie affeciioa est i mes yeox an^ inexonble que Taune loamoaiGe doulfaoni ploi Uni l'occasioa de viw^ parler.

nfcVRB GÊRÊBAALE. 23S

XI«V. ~ FriSYRS CÉRÉBRALE.

Qii«lqu«« «ocemplea d^ diflértntca fomiM d« la ftèvve oérébMda. -* 9a« Ueau de la maladie : trais péiiodei gto^ndement apei diatinetee.

— PMod€ prodromiquê^ caractérisée par tin ensemble de pbtoomtoes gémir raoz, qtd peuvent se rencontrer dans d'autres maladies, mais qui ne •ont jamais plus prononcés et de plus longue durée que dans celle-ci-

— Stcmi$pétiÊée : apyrétique ; le pouls prend une lenteur remarquable, la respiration \m caractère particulier d'irrégularité. •«- Cette iirégu^ larité des mouvements respiratoires est un signe d'une grande valeur. — Diagnostic différentiel entre la fièvre cérébrale et la fièvre ijphtiidm.'^Trêiiiimê férMi :1e pouls reprend une accélération souvent extraordinaire.— Abattement, délire ; convulsions d'abord partielles, puis générales; paralysies. — I^a fièvre cérébrale est presque toujours, pour ne pas dire toujours, mortelle, quel que soit le ir^iumnt employé i>our la combattre. — - Ijcs lésions anatomiques caraotèrisent bien plus une encéphalo-méningite qu'une méningite.— Qu'elle soit ou non tuberculeuse, la maladie affecte les mêmes allures. — ^drocépbale chronique, — I^est pas la conséquence de la fièvre cérébrale.

Messieurs,

Au n"" 33 de notre salle Saint-Bernard, vous a?ez yu mourir une jeune feioine de vingt-trois ans qui était entrée à Tbôpital le 1 3 mars dernier. Elle vfinsit ici pour se faire traiter d*une hémiplégie occupant les membres du cfttè droit» >nais qui avait respecté la face et se liait è Texistence d'une arthrite cermcêle caractérisée extérieurement par une tuméfaction considérable des premiilts ▼ertèbres, par de la douleur qu'exaspéraient les moindres mouvements d^ la tete« que, par ce fait, la malade tenait dans une immobilité absolue.

La paralysie était survenue dans les circonstances suivantes. Cette jeune

<Mtinie nous racontait qu'elle était habituellement bien portante, bien que

^ne coasthutlon délicate. Elle avait été prise, dix-huit mois avant son arriva

^OreZ-D/eu , de douleurs dans le cou, assez vives pour l'empdcher de tourotr

^J^^* ^lorsr surtout qu'elle voulait la porter i droite. Ces douleura étaient

'^P^gué^s d*une gêne, d'une sorte de roideur dans la région et d*ua gon-

^^'^^ Oot£it?tc. Des frictions avec des pommades dont elle ne sut nous dire la

f^J^^fh, des cataplasmes et plus tard des applications de sanpues n'em*

Uf '^^p^^ les progrès du mal. Dix mois plus tard il avait augmenté ï ce

' ^e/^ ^f>âi]vre patiente ne pouvait plus rester couchée la tête appuyée

^^^''eiiM^'^9 cette pression exaspérant les douleurs qni étaient beaucoup

r ^^^u ^^^^ ^^ droit du cou. En même temps elle éprouvait une sensatton coa-

^^^^^^ s-vdissement dans cette partie. Les accidents ne tardèrent pas k IQ

^^, ^^^ ^foinze mois après leur début, elle se plaignait de voir ses

M6 flkYBI CÉBÊËRALK.

Li tnoelie, dont les miningefi étfiient injectées, était également ramollie att niveau d6 Tunion de Tatlas avec i*axis, et ces os, sensiblement plus gros du côté droit que du côté gauche, présentaient les caractères de i'ostéiie. Les surfaces articulaires adoldo^xoldiennes, celles de Tapophyse odontoîde, dé-> pouiliées de leurs cartilages, étaient rugueuses, criblées de petits trous, sans que d'ailleurs il existât de tumeur et d'infiltraiion tuberculeuse. Le tissu cellulaire de la région était infiltré de lymphe plastique et de pus. : Ja» poumons paraissaient sains, et nous ne pûmes y découvrir de traces de iuberculisation.

Vers la même époque que cette malade entrait également dans notre salle

Saint-Bernard une autre jeune femme succombait aussi, mais beaucoup plus rapidement^ à une ûèvre cérébrale, survenue, il est vrai, dans des circonstances diiïércntes.

Cette jeune femme arrivait dans la journée, se disant souffrante depuis neuf ou dix jours, tille racontait assez bien ce qu'elle éprouvait^ mais n'en paraissait nullement inquiète; elle riait et plaisantait sur son propre état : entendez cela, messieurs. Nous étions loin cependant d'en être satisfait. Nous lui trouvions, en effet, la face rouge, Tair hébété^ les pupilles dilatées , un certain degré d'affaiblissement dans les membres du côté gauche ; la tache cérébrale se produisait avec la plus grande facilité. Dès sa visite du soir, mon chef de clinique avait diagnostiqué une encéphalite ; le lendemain ce fut aussi notre opinion. Trois jours après, la malade était morte. Le matin, elle avait encore causé avec nous très-pertinemment, et elle avait même plaisanté, quand, une heure après notre visite, elle tomba dans une profonde stupeur et mourut tout à coup.

A l'autopsie, nous trouvâmes sur la surface du cerveau, à sa partie supc^ rieure et à sa base, des granulations dans les méninges ; de plus une petite masse tuberculeuse dans le dernier point. Le corps calleux, complètement ramolU, était converti en bouillie, de même que la partie postérieure des parois des ventricules latéraux, dont la cavité contenait un épanchement de sérosité. Le ramollissement comprenait encore le sepium médian et la voûte k trois piliers.

, EnÛD, messieurs, quelques-uns d'entre vous auront peut-être gardé le souvenir d'un troisième individu qui, dans le même temps que ces deux femmes, mourait, lui aussi, d'une fièvre cérébrale.

Il était couché au n"" 19 delà salle Saintes-Agnès. Agé de vingt et un ans, il avait été pris, il y avait dix-huit mois environ, de douleurs rhumatismales dans h jambe gauche qui résistèrent à tous les traitements, lorsque deux mois avant le début de la maladie à laquelle il allait succomber, il vint à Paris se placer dans un magasin, où il fut employé à faire des courses. Là il travailla, ditil, outre mesure, et quinze jours avant son entrée à Thôpltal, il ressentit un Violent mal de tête qui se déclara brusquement. Le lendemain il se remit cependant au travail ; mais chaque soir il était tellement exténué de fatigue,

. PIÈTHB GtRÊBaiLE. SS7

qa'il avait à peioe la force de rentrer chez lui pour se coucher. Cela dura trois ou quatre jours. Depuis un nH>i8 environ, son appétit avait sensiblement diminué; et depuis son installation à Paris, il n*avail cessé d'avoir une diarrhée qui se traduisait par deux ou trois garderobes liquides dans les vingt-quatre heures. Pendant les trois ou quatre jours dont nous parlons, il avait complètement perdu l'appétit; bientôt il dut renoncer à ses occupations. Son mal de tête augmentait notablement et était plus violent, surtout dans le iront où il éprouvait des élancements continuels, insupportables ; il lui semblait, nous disait-il, que son crâne allait se fendre. 11 ressentait aussi des douleurs dans les yeux. Il passait les nuits sans sommeil. Dans la journée, il avait eu, depuis le début, des vomissements très-abondants, et ne pouvait garder aucune boisson. Les matières de ses vomissements étaient bilieuses; il avait de l'amertume de la bouche.

Nous constations un état saburral de la langue, qui était couverte d'un léger enduit blanchâtre, sans rougeur ; la peau n'avait pas de chaleur anomale, mais nous étions effrayés de la lenteur du pouls, battant 52 fois par minute, coïncidant avec celle [céphalée horrible que le malade accusait, avec rinsomoie dont il était tourmenté et avec la dilatation des pupilles.

 la diarrhée avait succédé de la conslipation ; nous prescrivîmes un purgatif (du calomel el du jalap) pour établir une révulsion vers la partie inférieure du gros intestin. '

Le lendemain, les accidents étaient les mêmes ; le pouls était plus lent que la veille, à ^6 ; toutefois il y avait eu moins de vomissements. La céphala^ie étant encore plus violente, s'il était possible, nous cherchâmes à ia modérer en appliquant sur le fronl des compresses imbibées d'une solution de cyanure de potassium, dans les proportions de 1 gramme pour 80 grammes d'eau distillée. Cette douleur commença à céder quarante-huit heures après ; mais le jeune homme se plaignait déjà depuis trois jours de troubles de la vue ; ses yeux étaient battus comme ceux d*un individu ivre; les pupilles, dont la dilatation n'avait rien d'extraordinaire, se contractaient peu sous l'influence de la lumière. £nfin, la tache cérébrale se développait facilement. Le soir de ce jour, le cinquième de l'entrée du malade à l'hôpital, ou le trouva très-abattu, le regard fixe, l'air hébété ; il paraissait insensible à tout ce qui se passait autour de lui, et il avait de la carphologie. Sa peau était chaude, mais son pouls ne s'élevait pas au delà de 6^. Plus tard, il eut une syucopc, et dans la nuit il poussa quelques cris plaintifs sans sortir de sa somnolence. Celle-ci était plus prononcée le lendemain malin, les yeux demeurant à demi fermés sans dilatation des pupilles. La respiration était inégale, et, comme pendant la nuit, le malade poussa des ais plaintifs. Tout en paraissant insensible à ce qui l'entourait, il sentait très-bien quand on le pinçait, el relirait ses bras pour échapper à ces pincemeats. La carphologie persistait; la fièvre était encore plus vive que la veille; le pouls ne dépassait ce()endanl pas bk à 88. La constipation était revenue Irès-opiniâlre, nous prescrivîmes un lavement avec 30 graomies de ftdiicules

StS ntvRx ctifnAce.

de 9tnè en décoction et 15 gramine» de solEite de sonde. Cette pnrgitioa fit peo d'effet Le IS m matin, i la mmnoleiice iTail snccMé an comi prafood; le poob, petit, battait 140 fob par minute , et nous coMiaiions >lon de la panij'aie dn cAté gsucbe. Le cAté droit était encore aensible; quand on le piquait, le malade relirait son bras et u jambe, ce qu'il ne hinit pha qaand on le piqnaît dn cAté ganrhr. La vesie ne se vidait pas.

La tnort arriva dans ta nori, i qnatre heures da malin. Des rense^nements qni noBS aTsient été donnés nous avaient appris qoe deox frères de ce jemie bomme atatent succombé au même ige qoç lui et â des accidenii analognes.

L'ouverture dn corps nous révéla l'etisience d'une encéphalite. Dans l'bémispbère droit, i b partie postérîeore de la couche optique, il y avait one masse de tissu induré, d'une couleur Jaune et préscntani un piqueté bémoi^ rhagîqoe (bémorrhagie capillaire) ; ao centre de cette mase il y avait d'autres petits noyaox dout la groseur ne dépassait pas relie d'un gnin de millel cl qni avaieol toutes les apparences de la matière inbercnleuse. Autour de la nasse totale, la snbsiance cérébrale était ramollie, mais non difflueute. Les ventricules latéraux contenaient i peu prés une cuillerée de sérosité roogeâtre, et sur les méninges, qui étaient d'une grande sécheresse, étaicol parsemées de petites granalations grises.

Dans les poumons, dont les feuillet*: pleuraux adhéraient fortement l'nn il l'autre, il y avait, indépendamment de la congesticMi sanguine, quelques petits mbercnles disséminés.

Je voulais, messiears, vous rappeler ces faits avant de vous parler aujonrd'hui de la fièvre cérébrale i propos de deux enfants de noire crèche, dont Pun a succombé il y a quelques jour» ; dont l'autre, qui est mon hier, va nw onmir l'occasion de vous nxintrer une fois de plus tes lésions caracléTisiiqiies de celte cni<-llc et ineiorable maladie.

Le premier de ces enfants ôlaii un peiit garçon âgé de dix nioi& Xeaf semaines auparavant il nous avait été amené une premit-rr fois par sa mère pour être traité d'un iitcère do maudis aspect q-i'il piinait au cou et qui était recouvert de C'^ncrétions pullactH-s: ses bords lailli-; à pîc ei indnrés. sou fond également dur e< ini^al. sa colorMton. Ini donnait^n; liMile» les apparences d'une ulcération scrofuleiise Je le fis loncher anc la teinliirv d'iode pur; au bout de trois semaines de ce iraitrineni. les >urfaees liaient ntodifiées, b gnéri'on était complète et l'enfant quittait l'HiVol-Difu. rependani un pbé> uomèno avait attiré notre atteutiDa. c'éUii la palienre avec laquelle le p^<^t malade supportait la caoïérâatioa îodiqBe. Certes, l'appliratioo de U wi^V^g^ d'iodepure s«r le derme ■ris>1Mt«ili«lif»nr«tlrt»Jonloiire«se,orBwjy bbii peu >Vn éiaonwîr. QlfÊt i—lMil* inarmatDniée. M<ncmt (b^7^4 sujet dent Ife. «HtttfÉIflBÉllWO** **"«NliB*> H «U» ^c^^^V J pas quelque tl

nÈYIIB CÉEÉBRALE. 2M

brale qui éclatait quinze jours environ après sa sortie de l'hôpital, où sa mère s'empressait de nous le ramener. Cette fièvre cérébrale se développa et suivit son évolution d'une façon tellement régulière, tellement classique, permettez-» oioi ce mot, que, si dans un trop grand nombre de circonstances, la maladie déjoue par ses allures trompeuses l'expérience la plus consommée, il n'y avait point ici d'hésitation permise.

La mère du petit malade nous en racontait ainsi le début C'était un lundi qu elle rentrait dans nos salles ; le vendredi de l'avant-dernière semaine, onze jours par conséquent auparavant, elle avait donné, de son chef, un vomitif, impeu desirop d'ipécacuanha, à son enflant qui était enrhumé. A partir de ce moment les vomissements ne s'arrêtèrent plus, et ils persistaient encor» quand nous vîmes le malade; de plus, celui-ci avait une agitation singnlière«' une insomnie absolue, avec un assoupissement d'où il sortait par intervalles en poussant un grand cri.

Ces symptômes, vomissements, insomnie, assoupissement interrompu par des réveils eu sursaut accompagnés de grands cris, ne nous avertissaient que trop que nous nous trouvions en présence d'une fièvre cérébrale commençante. Le pouls ne nous disait rien encore; mais huit jours après^ son in^alité, jointe à la diminution dans le nombre des battements, constituait un nouveau caractère de la maladie. Cependant l'enfant continuait de teter. A des yeux non prévenus, ses vomissements ayant cessé, il eût paru mieux portant que la semaine précédente. Mais indépendamment des signes que je vous ai indiqués et qui ne laissaient aucun doute dans notre esprit, nous remarquions déjà chez lui cette singulière agitation, qui se produisait au moment où nous nous approchions de son lit, se calmait promptement et faisait de nouveau place à l'assoupissement. Cela avait une signification considérable. Tous les symptômes de la maladie nous apparaissaient évidents, et ils se déroulèrent successivement Tache cérébrale, dilatation des pupilles, paralysie prédominante d'un côté du corps, convulsions enfin, en même temps qu'une fréquence extraordinaire du pouls qui, de 68 où il était tombé, remonta à 80, 100, l&O, 160 et jusqu'à 208 baitemenis que nous comptâmes encore la veille de la mort

A l'autopsie, nous trouvions un épaississement notable des méninges qui, au niveau du chiasma des nerfs optiques et dans la grande scissure de Sylvius, étaient infiltrées d'éléments fibro-plastiques et d'albumine 'concrète; de nombreuses granulations, principalement au niveau de l'hémisphère cérébral gauche, étaient disséminées sur la surface. Le septum médian était complètement réduit en bouillie; la voûte à trois piliers, moins ramollie, se déchirait néanmoins sous la plus petite traction, et ce ramollissement avait envahi la paroi postérieure des ventricules latéraux.

Dans les poumons existaient aussi des granulations, tandis que les ganglions bronchiques étaient convertis en des masses tuberculeuses; il y en avait également dans la rate.

3N PIËVBB CÉRÈBRàtB.

L'antre enfant, celui qui est mort hier et dont je vais faire Tantopsie devant voua, était une petite fille de huit mois, allaitée par sa mère. Atcc toutes les apparences d'une belle constitution, elle avait été prise, il y a à peu près six semaines. A cette époque, on lui trouvait un certain air de tristesse qui ne lui était pas habituel. Le travail de la dentition ne pouvait pas être mis en cause, car le premier groupe de dents était complètement sorti depuis quatre mois, et rien o'indiquait que les incisives supérieures, qui devaient constituer le second groupe, eussent commencé leur évolution. Cette tristesse succédant, sans qu'on puisse l'expliquer, aux petites joies de l'enfant, est un phénomène précurseur d'une grande valeur; il indique un état de malaise, il surprend, inquiète les parents, et souvent ceux-ci l e signalent au médecin, ainsi que nous l'a signalé la mère de notre petite malade. Cette femme nous disait, en ontre, que le sommeil était devenu inégal et comme troublé; toutefois un phénomène qui s'observe bien fréquemment au début des ûèvres cérébrales manquait ici ; il n'y avait point de ces réveils en sursaut accompagnés de cris particuliers qui ont été notés chez le petit garçon de tout ï Theure, accidents d'une certaine valeur dans l'histoire de la méningo-encéphalite. Il y a huit jours survinrent des vomissements: tout ce qu'on donnait à Tenfant, petits potages, lait maternel, boissons sucrées, était immédiatement rejeté, et sa mère commençait à voir de sérieuses inquiétudes. Trois jours plus tard, ses craintes redoublèrent en présence d'un autre symptôme dont elle nous a très* bien rendu compte et qu'il est essentiel d'indiquer. Lorsqu'elle prenait son oifant, comme elle le faisait d'habitude, celle-ci se mettait à crier; il semblait qn'on lui causât de vives douleurs. C'est qu'en effet, il y avait alors une hyperesthétie générale; enfin, il y a quatre jours, survinrent des convulsions d'abord du côté droit, puis du côté gauche, et c'est alors que la petite malade nous fut amenée.

Passons rapidement en revue les phénomènes qu'elle nous a présentés, et comparons les uns avec les autres ceux qui, s'observant dans la fièvre cérébrale, peuvent se rencontrer dans d'autres maladies.

Dès notre premier examen, nous fûmes frappé des troubles de la motilité qui se manifestaient du côté de l'appareil de la vision. Nous constations, en elét, un strabisme très-prononcé, strabisme convergent de l'œil droit dont la papille était dilatée, mais moins notablement pourtant que celle de l'œil gauche. Le muscle animé par la sixième paire de nerfs était donc paralysé. De ce côté Tinfant semblait ne plus voir, car, lorsqu'on portait vivement le doigt devant l'csil gauche, on ne sollicitait plus le clignement des paupières qui, vous le savei, s'exécute involontairement et instinctivement pour protéger le globe oculaire menacé. Il y avait donc vraisemblablement cécité, ou du moins un affaiblissemenl très-notable de la vue. Celte amaurose plus ou moins complète 6il un accident que vous avez noté chez tous nos malades atteints de fièvre cérébrale, qu'accusent aussi les enfants en âge de parler et capables de rendre compte de leurs sensations. Chez notre petite fille, la dilatation plus grande

FIËVBB CÉBÉB1IAL& 811

dfli pupilles, Fahienoe des mouvements des paupières, le strabisme de Tceil droit, indiquaient très^nettement le trouble de la vision.

Nous observions, en outre, un léger renversement do la tôte en arri^re, de la roideur du bras gauche, qui de temps en temps était agité de mouvements cloniques de flexion et d*exiension. Le pouce de ce côté, porté en adduction forcée dans la paume de la main, était recouvert par les doigts convulsivement léchis comme lui ; toutefois, quand on cherchait à les étendre, leur con* fracture cédait avec assez de facilité.

En faisant mettre nue la petite malade, nous trouvions que son Venire était excavé, creusé en caK*ne par TafTaissement de ses parois. Ce signe est d'une grande valeur dans la sémiotique de la fièvre cérébrale, où il se retrouve presque conslammcut; en un grand nombre de circonstances, il peut servir à distinguer les accidents cérébraux de Tencéphalo-méningile de ceux qui apparaissent comme phénomènes deutéropaihiques dans le cours d*autros maladies, dans les fièvres typhoïdes par exemple. Il ne faudrait pas croire cependant que l'existence de ce phénomène ne laisse aucune chance d'erreur; ta signification diagnostique, quoique d'une grande valeur, n'est pas toujours absolue, et il n'y a pas longtemps je retrouvais dans mes notes une observation qui montre combien, en (lueiques cas, il est difficile au médecin d'asseoirson jugement.

Dans cette observation, il s'agissait d'une petite fille de sept ans et dcm que je voyais à l'hôpital des Enfants, vers la fin de l'année 1853. D'une constitution lymphatique, celte enfant toussait et avait du dévoicment depuis un mois. Depuis deux ou trois jours, elle était plus malade et avait été prise do vomissements. Dans la nuit qui suivit son entrée dans nos salles, elle ent du délire, et le lendemain matin, elle était dans un grand état d'abattement, tout en conservant ta connaissance. Il y avait de la dilatation des pupilles, bien plus prononcée à droite qu'à gauche. Le ventre présentait cette rétraction des parois dont je vous parle, il était en outre douloureux à la pression. Le pouls était d'une exces-sive lenteur, battant cinquante-six fois par minute ; j'insiste sur ce phénomène qui, dans la fièvre cérébrale, se présente presque constamment. De plus, la tache méningitigue on céréàrale^ sur laquelle j'aurai tout à l'heure à appeler spécialement votre attention, la tache cérébrale se produisait facilement et se prononça davantage encore les jours suivants. Il n'y ent jamais, il est vrai, ni cris hydrencéphaliques, ni inégalité de la respiration; mais, à cela près, tous les symptômes que nous observions semblaient se rapporter à l'existence d'une encéphalo-méningite. Cependant nous avions affaire h une dothiénentérie, •t après la mort, nous ne trouvâmes aucune altération du cerveau et de ses «mh^ipes, tandis qne dans l'intestin la tuméfaction et l'ulcération des glandes éB Payer constituaient les lésions caractéristiques de la fièvre typhoTdp. ' La dilatation des pupilles, alors même que cette dilatation n'est pas la même r las deux yeux, la rétraction des parois abdominales, la constipation, car, petite fille« ^ la diarrhée avait succédé le resserrement du ventre,

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