‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 21 sur 57 · CHORËES HYSTÉRIQUES. — TOUX HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

CHORËES HYSTÉRIQUES. — TOUX HYSTÉRIQUE

des muscles froDtaux et que les paupières se fermaient par la contracture des muscles orbicniaires, que la face s'injectait et que les veines temporales étaient gonflées. Cet état dura plusieurs années et n'était provoqué que par la lecture. Ce jeune homme s'est suicidé de désespoir de ne pouvoir guérir.

Cette afTection, en effet, messieurs, quel que soit son siège, est essentiellement incurable. Le repos absolu des muscles qui sont atteints de ce singulier spasme peut seul en prévenir le retour. Tous les moyens thérapeutiques mis en usage sont impuissants pour le combattre. Toutefois les individus sujets à la crampe des écrivains peuvent quelquefois encore écrire, en remédiant à leur infirmité à l'aide d'un appareil particulier, le porte-plume imaginé par M. le docteur Cazenave (de Bordeaux), et dont la description donnée par ce médecin a été reproduite par Yalleix (1).

Je vous ai dit que pour M. Duchenne (de Boulogne), le spasme fonctionnel pouvait être encore caractérisé par une paralysie, et dans le mémoire que je vous ai cité, l'auteur rapporte à l'appui de sa proposition deux exemples, dont l'un est celui d'un teneur de livres, chez qui l'adducteur du pouce était frappé d'inertie après une ou deux lignes écrites, au point que la plume lui tombait des mains. Il ne pouvait écrire qu'à la condition de placer sa plume entre l'index et le médius. Cependant ce muscle adducteur pouvait se contracter énergiquement toutes les fois qu'il ne s'agissait pas de tenir la plume. Il n'existait chez cet individu aucun spasme musculaire. Dans l'autre fait, la paralysie fonctionnelle siégeait dans le muscle sous-épineux et empêchait la rotation du bras de dedans en dehors, et conséquemment empêchait de faire mouvoir dans la même direction l'avant-bras flédii sur le bras.

chorêes hystériques. — toux hystérique.

Messieurs,

Je vous rappelais dans une de nos dernières conférences cette jeune fille de treize ans et demi, couchée au n"" 6 de notre salle Saint-Bernard, et qui était affectée de convulsions choréiformes hystériques. A peu près Vers la même époque, un exemple analogue s'offrait à votre observation chez une autre jeune fille de dix-huit à dix-neuf ans, au n? 33 de la même salle.

Chez celle-ci, le début des accidents avait coïncidé avec la suppression brusque des r^les, déterminée par une émotion morale, par une peur que la malade avait éprouvée. Immédiatement était survenue une agitation convulsive accompagnée de mouvements saccadés des membres et du tronc, portés au point d'empêcher la station debout. La langue était également affectée, et la malade ne pouvait, non pas articuler les mots, mais lier les syllabes enUre elles.

^1) Guide du médecin j^raiicien, Parii, 1860, t. 1, p. 906.

306 DÈS cHÔHëfe^

G*ëtait une sorte de bégàyemeni singulier, cônsistàbl cil ce qii*ëiié répétait atlë iinc volubilité extraordinaire et pendant un lem[^à assez long, sans s'ârt*êter, les deî-nières syllabes des Inots qu'elle essayait de prtfhbncer, les premières syllabâ étant émises avec peine. Fait remarquable \ lorsqu'elle chantait, ce bëgayëiheitt né se produisait pas, et alors rien ne pouvait faire sotipçdnner ude diôdiOcition die la parole. Nous crûmes cl*abord à dés acbidëUts simulée; inds cel^ ètîlit difficile à admettre lorsqu'on voyait les liibàvemehts convulslfs durer |)efidalhl toute la journée, sans une ininutë d'interruption, et se siiispefadre Kenlcitlëhi pendant le sommeil. Or, en ré&échissant coihbien il est pénible poiif uH Individu bien portant de remuer un mèmbi-e t)eriâànt quelques minutes, è plus forte raison de s'agiter à la façon dont lé biaisait ceitc jeune fille, bh coînprëiialt combien plus il eût été impossible de jouer ce rôle pendant seize bu dix-hnii heures sur vingt-quatre et mëihe sans disbontinuer.

Au \v* 11 était une troisième malade, qui, à eh jtigèi* pdf Son apparence extérieure, semblait plutôt âgée de quinze à dix-âept ads que dé douze zûi et demi, qu'elle avait réellement.

Elle avait deptlis deux jours les attaqdcs ^Ui l'avalent fait hinduire S l'hd^ pital, mais elle faisait remonter à !>ix nîôis les premiers abcidehts. ?îée d'une mère sujette elle-même à des accès de foriue convulslve, un de ses frères, âgé de quatre ans, en avait eu plùsiciirs fois aussi, et d'après les fl'nscigncmeiits qui nous étaient donnés, ces accès deiaieht être de rëpilèpsie. 'toujours bieil portante jusques il y a six mois, elle sivait ëié pf*lsc tout à cdtip, sans cause connue, de violents maux de tête et d'une èpistaxis très-abdiidante à la suite de laquelle elle était tombée daiis une grande feiblessë. Deux ou tfois jours après était survenu un gonflement considérable de l'abdomen, accompagné de coliques et de gastralgie. Cependant l'appétit était conservé ; les digestions restaient régulières, et l'alimentation n'augmentait ni ne diminuait les douleurs de l'estomac non plus qiie celles du ventrk, dont lé gonflement était très-variable. A l'entrée de la malade dans nos salles, nous constatâmes que l'abdomen avait le volume de celui d'une femme au huitième mois de la grossesse, et la r^sorindnce tympdhitlue géîiErdlè iiotts Indiquait assez que nous avions affaire S dti météorisme.

La jeune fille accusait en outre dès dbnlëdhs datis M région du dos, daHs les lombeà et dans les extrémités inferi(ibres, où elles revêtaient la forme de crampes ; entin la céphalalgie persistait;

Ces accidents la préoccupaient a<iKez ficù, lorscfue, deux jours avant son arrivée dans nos salles, elle eut, sans cause appréciable et sans émotion morale préalable, ce qu'elle appellait une attaque de nrrfs, qui durait encore lorsque nous la vîmes. C'étaient des mouvements convulsifs limités d'al)ord aux bras, puis vingt-quatre heures npr(\s se produisant aussi dans les jambes. Vous avez remarqué, messieurs, combien, du milieu de ces coiitulsions chorél^ues dont les membres étaient agités, coml)ien dans cette véritable chorée, les mouvements, tout involontaires qu'ils fussent, s'exécutaient avec régiilarité, avec

GHORÊES HYSTÊfclOukS. -^ TOUX HYSTÉRIQUE. ^01

harmonie. Dèpltiii, h Tôpposê de ce qui arrive dans la dabsc dé Saint-Gdy , ils s*ârhétatent lorsque hous ordbiinidbs à lii inaïâde cl'ëUndre tes bras ; elle le faisait avec la plus gràhde facilité, en siiiTàht une ligne parlaiieibeiit drbilë. Si notis lui préisentions uH objel, elle le saisissait sàbs peiiie, en airiVant direclehlëHt au btlt, et sànS lâchbr cet objet iiiie fois qîi'ëlJe le tenait da&s sa tnaiti.

La serisibilité cutanée était abolie dàiis certains points du corps; ainsi, à la pàhië pteiérieure dé Tavaiit-bras, à la face externe dé la ciiisse ffaiiche, à d'autres points de la faiie, de là poitrine, il y avait de Vahàlgfsie; éllè sentait qdè tiotis la toùchlohs avec uiic ëpirigle, mais elle ne sentait pas les piqûres. Gohime s! cette jeune (ille eût tëiiu à hé pas hous laisser lé moindre aoutc Hails Tesprit sur la nature de son affection^ éltë eût à plusiènrâ reprises cle grandes attaques d'hystvrîe.

J'étais maiidé en consultation par mon collègue et ami M. le docteur Horteloup, auprès d'iîne jeiihë fille de dix-neuf ans, appartenant à une famille des plus respectables. Cette jeune personne, qui avait reçu Téducation là plus élevée, professait elle-înêiiie lés sentiments de la morale la plus piire, de la religion la plus éclairée, sans les ridicules dehors d'une dévotion mal entendue, c'était, en un mot, un espril sensé, et ces conditions intellectuelles etniorkles de la malade étaient telles, que, bfiëz elle, il fallait renoncer à croire t tonte espèce de ces supercheries, de ces grimaces, & l'aide desquelles les hystériques, ori ne s:iit pourquoi, semblent vbiiloir en imtK>ser à ceux qiii les entoiirénl, et aux médecihîi eux-mêmes, quand elles le peu vedL Cette jeûne bile avait perdu, il y avait huit ou dix mois, sa sœuir à laquelle l'unissait iine vive et tendre amitié. Sa douleur ^'tait d'autant plus profonde que, indépendaihrriëiit du coup qtl*ëllc avait ressenti pour ëllë-mémë, elle ressentait aussi céliii dorit sa mère était crtiellement frappée. Depuis cette époque, elle avait été prise (të mouvements convulsifs bizarres de la tête et des membres supérieurs; cependant lorsqu'elle vint à Paris pour consulter M. Hoirtelotip qui l'avait autrefois sdigtiéc, sa tristesse paraissait un peu moins Sombre, sa gaieté hatîirëlle rëpretiait le dessus, et elle se laissait distraire assez volontiers de ses ))ëhiblës pensées. Je la trouvai avec toutes les apparences d'une belle santé, hidis tout soii côté gauche était agité de niouvements chorêiques violents, à ce pbiiit que Toh (^>tivait braliidre qu'elle ne se blessât en se heurtant contré lés iiiedbtës ou les murs placés à phoximité. Si l'on essayait de suspendre ses moiiveinënts en lui prenant la main, par exemple, non-seùlehiënt on ne les arrêtait pias, niais ils s'exagéraient encore, et on lui occasionnait une sehsâtidii dbùlbiirëtise, un état de malaise général des plus pénibles. Toutefois il y avait iiii liibyeh de calmer cdmme pai- ëricliahtëirïent tbutë cette agitation, c'était de faire itietJhe la jeune fille au piano : clic pouvait y rester utie heure, dedÎL hèurëâ; Jdtièr t)arfaiteiilent et aussi régulièrement que possible, sans perdre lit riiëâui*è, îans tnanquer une note. Devant nous elle exécuta un morceau avec bdë tnei*vell* IruKo farilitt:. ^t ce fait &eu], à défadt d'aUtres, (fi'diilalt ddnHS M l)HïUTb

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; iinb« le plus sooTeot. ragitatk» moscobiie se ountraîL Efle dteît que depoif dnqœ paroxysme de tremblement eDe Hûi fatKnée

Si no» cJBjyoBJ d'analyKr ce dooUe état miBnibire, nous comprendrons ce qni se pu&e dans œ qii*oa a si improprement appelé b parai^sis

Dans k repot, toos nos mnscles sont mis dai» !e rriicbemept. Leur fonction oase momentaiément , el , durant ce repo», rspiitode [^^ndoe oo dîminnée par Feicés d*actioo, se récupère eotiêmneoL En en itx>!, IVicîtahilîté tt rétablit dans les conditions oà elle était anparaTanL Si toq5 snpposez, an contraire, que, en Terto d*OBe modification des centrrs oeneox. le s^stt n^o mnsctibire KMt toujoors dans on état analogue à celui de l'efFort coutinu, i'xodlabiliié s'épnise dans Timmobilité, ks muscles extenseurs et flédiisseurs étant constamment et simohaoément en action. Dans Fautre forme, le mouvement alternatif rapide et inTokmtaire d'extension et de fi^ii^a q'jî constitue le tremblement, dépense Tioflux neneux, comme tout à Ibeun? îa ricîdiîé le faisait; et tout se résume f ar une pui^&aoce dt-jxnr^H^ d'; ne n^^Mi inutile, an préjtidice de b fonction normale : de telle sorte que. lorsqu'il faudra manifester b puissance muscuUire, les mabdes ne sorout pas capables de le faire avec b même continuité ou avec b même force qu*auparawnt, et ils seront d^ns les conditions d'nn indiv ido épuisé par une extrême fati^me.

TREMBLEMENT SÉNILE ET PARALYSIS AGITANS. 217

Un état analogue s'obserre encore chez certains malades atteints de ce que j"ai appelé perte de Vincitabilité musculaire^ névrose bizarre dont j'ai vu de trfes-curieux exemples.

UnejeunedamedeTours, âgée de dix-huit ans, et mariée depuis six mois, Tenait à Paris il y a quelques années, pour se faire traiter de cette étrange névrose. On la disait paralysée. Quand je la priais de marcher, elle se levait résolument, faisait, sans chanceler et avec une sûreté parfaite, dix, quinze, vingt, vingt-cinq pas, puis elle se sentait faiblir, et si elle ne trouvait pas un siège, elle était forcée de s'asseoir à terre. Après un exercice aussi peu considérable, elle était à bout de force, elle avait épuisé la dose d'incitabilité départie à son système nerveux musculaire. Quelques minutes de repos suffisaient pour lui rendre les aptitudes perdues. J'ai, en 1862, revu une jeune dame exactement dans les mêmes conditions. Notez, messieurs, que ces deux faits ne sont que l'exagération de ce que vous voyez très-communément. La puissance de contenir les mouvements varie à l'infini, et nous n'avons pas plus le droit de considérer comme paralytiques les deux jeunes femmes dont nous venons de parler que celles dont les forces sont épuisées après dix, quinze, vingt, vingt-cinq minutes d'un exercice modéré.

Il est donc bien entendu, messieurs, que, dans le début de celte forme bizarre dechorée, que l'on appelle si improprement paralysis agitons^ il n'y a pas de paralysie^ puisque, dans certains cas, et tout récemment encore, j'en ai observé un exemple, la puissance musculaire explorée avec le dynamomètre est, momentanément au moins, plus considérable du|côté tremblant que du côté opposé. Mais, à la longue, il survient un affaiblissement réel, et vers la dernière période de la maladie, l'impuissance musculaire est telle qu'on ne peut se refuser à accepter l'existence d'une paralysie. Il faut remarquer pourtant que la sensibilité reste intacte.

Du côté des organes géuito-urinaires, la faiblesse est encore plus évidente. Les hommes arrivent rapidement à l'anaphrodisie, et, dans les derniers temps, les urines sont difficilement retenues et il y a quelquefois incontinence , laquelle, il est vrai, pourrait tenir à une contraction tonique continue des fibres vésicales.

Il survient encore un accident qui rapproche beaucoup la jpara/^stsa^iVan^ des paralysies qui reconnaissent pour cause une hémorrhagie ou un ramollissement du cerveau ; je veux parler de la contracture.

En 1863, je voyais dans mon cabinet, un oflBcier-général de la marine qui, dans les deux dernières années d'un commandement difficile, avait été pris de paralysis agiiam. Après un an, il lui avait été impossible d'écrire et, lorsque je le vis |)our la première fois, il avait les deux derniers doigts de la main droite invinciblement fléchis dans la paume de la main, et il ne pouvait qu'avec une lenteur cl une peine extrêmes étendre le pouce et les deux doigts indicateur et médius.

D'abord pariiclle, cette espèce de chorée, que des auteurs du plus grand

MO DES CHORÉES.

iBait qa*eiieore elle ii*a pas de tendance à prendre d'autres formes de rhjstérle,qo*il n'existe que peu d'exemples d'une semblable métamorphose. > M. Lasègue cite cependant deux cas qui font exception à la règle ; de ces deux cas, l'un est emprunté à la pratique du professeur Chomel ; l'autre a été reenellU dans nos salles par M. Lasègue lui-même, lorsqu'il était mon chef de oHnique. Il s'agissait ici d'une femme affectée depuis trois ans d'une toux presque incessante pendant plusieurs mois de l'année, se répétant avec une moindre fréquence dans les intervalles, et présentant tous les caractères qoe je TOUS ai signalés. La maladie fut jugée par une vive émotion morale, à laquelle succéda une perte momentanée delà parole, et deux jours plus tard une hémiplégie du côté gauche, franchement et évidemment de nature hystérique, qui guérit elle-même rapidement et sans médication.

Ces exceptions ne sont pas aussi rares que le pense mon honorable et savant ami, car il ne serait pas difficile de rassembler un assez gi*and nombre de bits analogues à celui rapporté par Chomel, dans le Noui}eau journal de médecine pour l'année 4820, d*accès de toux hystérique alternant avec de grandes attaques convulsives. Pour ma part, je pourrais vous en citer plusieurs, et trèscertainement quelques-uns d'entre vous se rappelleront en avoir vu des exemples. Naguère encore un cas de ce genre se présentait h votre obser\'ation dans le service de M. le docteur Barth, mon collègue dans cet hôpital.

Enfin, dans un des derniers numéros de l'Vnion médicale^ vous trouverei rhbtoire d'une malade observée dans le service de M. le docteur Hérard. chei laquelle la toux hystérique était remplacée, entre autres phénomènes, par de singuliers étemuments.

La toux hystérique peut donc alterner non-seulement avec les grandes manifestations les plus ordinaires de la maladie dont elle dépend elle-même, avec les grandes attaques convulsives, avec les attaques de paralysie hystérique, mais elle peut encore être remplacée par des manifestations locales telles que le vomissement et Téternument dont il vient d*être question.

Mais ce qui est habituel, c*est que les individus affectés des accidents dont nous parlons, ont présenté auparavant, sinon les grands symptômes de rhystérie, du moins cet ensemble de dispositions physiques ou morales toutes particulières que quelques auteurs ont appelé du nom à'hystéricisme et qui est la mobilité nerveuse portée à un très-haut degré.

Yons savez, messieurs, ce qu'on entend par mobilité nerveuse, c'est un état intermédiaire au spasme et à l'innervation viscérale normale. Il touche à VéM vaporevx, le précède immédiatement, en est la condition nécessaire etn*aUei4 qu'une intensité croissante dans ses phénomènes ou le contact de la causf li plus légère pour s'élever jusqu*à lui. Or, cette mobilité nenr^ne, qiii a^. très-souvent que le plus haut degré de la prédisposition an mobilité nerveuse, état constitutionnel chez bien des llenHMir "^^ plus prononcée que chez les hystériques.

Généralement la toux hystérique se déeiaMpI

CHORÊES HTSTÉRIQimS. -* TOUX HYSTÉRIQUE. 211

tôt» let accidents de même natore, sam caDse appréciable. Chat me lilleqiieM.LasègDeaotMervée, etdont rhitloire est la première de ceUei ^pfB a rapportées dans son travail, la toux bystériqne était sunroiue à Tocca*^ d'an simple rhnme qui avait duré quelques jours. Ce rhume était tout à lait [, ia toux catarrbale avait complètement cessé depuis huit jours, lorsque k bystériqne se manifesta. Vous aurez certainement occasion de voir des faits ;aes. Mais si une bronchite peut être la cause occasionnelle de la ton 'lllMérique^ celle-ci n'est en aucune façon liée à une prédisposition particuaux affections catarrhales des bronches^ et bien que sa persistance, sfi ;ité en imposent souvent aux familles, en quelques cas aux médecins, et craindre l'existence ou tout au moins l'imminence de la phthisie pul- |ire, jamais nous n'avons vu que celle-ci débutlt par des accidents de ce

-'''Dios quelques circonstances et toujours chez les femmes qui sont protonit hystériques, vous voyei la toux nerveuse se manifester à la suite de la lee des vers, le vous ai déjë plusieurs fois cité ce fait rapporté dans les is cliniques de Graves. Cet illustre praticien voyait, à Dublin, avec le ir sir Philipp Grampton, une jeune demoiselle qui était épuisée par une spasmodiqne qui durait depuis plusieurs mois. Bien que ranscoltatiott Wê révélât l'existence d'aucune lésion sérieuse, ces messieurs ne pouvaient rtBi|i^chcr de croire I une phthisie tuberculeuse ; il y avait de la fièvre, nue iifeBciaiion considérable. Une dose d'essence de térébenthine donnée par une vMUe femme emfNrique, fit rendre un ténia, la toux cessa immédiatement, et h BMité fut promptement rétablie.

-Affection essentiellement chronique, se prolongeant pendant des mois et Mme pendant des années, elle n'est nullement influencée par les phénomènes ^lyriologiques, comme la menstruation, qui peuvent avoir lieu durant son «an. Toutefois les maladies fébriles intercurrentes en suspendent les accès, A il arrive ici ce que j'aurai à vous signaler pour la coqueluche.

Lorsqu'elle se prolonge longtemps, elle finit par avoir un certain retentisse- ■ent sur la santé générale. L'appétit diminue ou se perd, les fonctions diges» ives se troublent, et ces troubles ne sont jamais portés plus loin que lorsqve hum hystérique se complique de vomissements incoercibles. Les malades lÉHasent et maigrissent, se plaignent de douleurs dans la poitrine, elles sont iMSqnUes de supporter la fatigue , souvent un mouvement fébrile survient, et comprenez combien il faut redoubler d'attention dans ce cas pour recoiH h nature du mal, combien la percussion et l'auscultation nons sont pour bien établir qu'on n'a pas affaire à une tuberculisation pulklre dont l'idée se présente tout d'abord à notre esprit lUlgrë sa penUsUnce et sa ténacité, nonobstant cette perturbation qu'elle l|pNte dans l'économie, cette singulière névrose n'entraîne pourtant presque jamais une terminaison fatale.

.Après qu'elle aura duré plus ou moins longtemps, vous la verrez diminuer

232 TAEMBLfMEirr 8ÊKILE ET PARALYSIS AGITARS.

dm tistu emjmetif, ce qui explique l'induration que présentent ces partick Quant aux stries opaques observées dans les cordons latéraux de la moeUe^ elles dépendent de la présence de tissu conjonctif en voie de développement.

Messieurs, dans cette obserYation du professeur Oppolxer» vous avez tu que la moelle allongée etlepontde Varole étaient très-manifestement indurés ;qK dans les cordons latéraux de la moelle, principalement à la région lombaire, h substance médullaire était parsemée de stries grises opaques. Toutes ces àli* rations, de même que les altérations analogues constatées par Parkinson et M. Lebert, étaient la conséquence d'une hypertrophie du tissu conjonctif^ entre dans la structure du système nenreux. De plus, cette hypcrplasie anfe eu pour conséquence la compression des éléments nerveux, leur atrophia et la dégénéralion graisseuse de ces mômes éléments. Â ces altérations, fri sont accompagnées d'induration des parties affectées, on a donné le nom de sclérose. Dans les cas où la nécropsie , dans ces mêmes parties, a démomrf un commencement de ramollissement des cordons de la moelle, peut-être coivient-il de ne voir qu'un travail consécutif à Thypérémie et St la dilatalioi vasculaire qui entraînent de grandes modificalions dans la nutrition des éléments nerveux.

De semblables aliérations font comprendre l'impuissance de la thérapeutique; aucun traitement, jusqu'ici, ne paraît avoir eu un succès certain et soutenu. Nooi devons cependant rappeler qu'Elliotson a attribué la guérison d'une paralynt agitons, chez un homme âge de trente-cinq ans, à l'administration du sontcarbonate de fer. Mais Elliotson convient qu'il n'a obtenu qu'un seul succb complet , et que chez d'autres malades il n'y a point eu d'amélioration sensjble.

Romberg qui a eu recours au même mode de traitement, dit n*en avoir pas obtenu plus de succès ; aussi est-il permis, tout en accordant une certaine action au sous-carbonate de fer dans le cas de guérison signalé par Elliotsoo, dépenser que l'âge du malade y eut une part aussi grande que le médicament. Les bains sulfureux^ l'iodure de potassium et tous les grands modificatcure thérapeutiques devront être conseillés , surtout dans le but de mettre les sujets dans les conditions les plus favorables pour lutter contre les progril de la maladie. Peut-être, ainsi que semble le démontrer une observation recueillie par M. le docteur Axenfeld, pourra- t-on enrayer le travail hypér£« mique, en ayant recours à la médication révulsive sur la région supérieure de la colonne vertébrale.

J'ai moi-même, dans quelques circonstances, obtenu de bons effets de l'usage de l'essence de térébenthine à haute dose et de l'hydrothérapie; maie jamais je n'ai guéri un malade, et cette triste affection est à mes yeux auai inexorable que l'ataxie locomotrice dont j'aurai plus tard l'occasion de vcoi parler.

nfcVIiB GÊRÊBAALE. 23S

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