‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 3)Chapitre 53 sur 81 · XXVIII. —GANGRÈNE DU POUMON · texte numérisé non relu

XXVIII. —GANGRÈNE DU POUMON

Difficultés du diagnostic. — H en est plusieurs espèces. — I«*une d'elles est curable. — C'est celle dont il sera plus spécialement question ieL

Messieurs ,

J*ai à vous entretenir dans cette couférence d*uu malade couché au premier

de la salle Sainte-Agnès : raiïection pulmonaire dont il est atteint présente, eu effet, certaines particularités qui doivent appeler toute votre attention.

Cet homme, âgé de cinquante ans environ, est depuis longtemps sujet à s*cnrhumer, et ses rhumes sont souvent violents et tenaces; de plus, à soa dire, une première fois déjà, il y a quelques années, Tun de ces rhumes 8*est compliqué des mêmes accidents que nous observons aujourd'hui. Entré à l'hèpital, il y a plusieurs mois, il était tourmenté par une toux fréquente accompagnée d'une expectoration calarrhale qui, d'abord, n'offrait rien d'extraordinaire ni dans la quantité des crachats rendus, ni dans leurs qualités physiques; le mouvement fébrile était prononcé. Les choses se passaient d'ailleurs avec nne telle régularité, que nous n'avions pas à nous en préoccuper, lorsque tout à coup, peu de jours après son arrivée dans nos salles, il rendit des crachats d'une fétidité si pénétrante, que la religieuse du service fut obligée de tenir constamment ouvertes les fenêtres voisines de son lit Tous les malades de la salle et ceux de la salle contiguë à la nôtre se plaignaient d'être infectés par cette horrible odeur; nous-même, nous nous en trouvâmes plus d'une fois incommodé lorsqu'au moment de la visite cet individu toussait devant nous. Son baleine et les matières de l'expectoration répandaient une odeur gangreneuse insupportable. Mais après douze, vingt-quatre , trente-six ou quarante-huit heures, cette odeur gangreneuse était remplacée par une odeur fade, mielleuse, trèsdésagréable toutefois, et constituant peut-être un caractère spéciGque dans la maladie dont il va être question.

Ces accidents se renouvelaient tous les quinze jours, tous les huit jours, quelquefois tous les quatre jours; tantôt accompagnés d'une fièvre plus ou moins vive, tantôt, au contraire,' le mouvement fébrile manquant absolument

£n auscultant la poitrine avec le plus grand soin, comme nous le faisions à chaque visite, nous ne trouvâmes jamais de gargouillements, jamais de souffle, aucun signe eu un mot do l'existence de cavernes pulmonaires ; nous n'entendions que des rhonchus sonores au niveau de l'angle de l'omoplate du côté droit, quelquefois de gros râles muqueux à peine {icrceptiblcs durant vingt-quatre ou quarante-huit heures, puis cessant tout à coup. La

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