DE MUSC
Le musc ne troaTC pus des indications dans toutes les pneumonies avec délire. —
Distinctions essentielles à établir à ce sujet.
Messieurs ,
Vous m'avez vu donner à une malade couchée au n» 2k de notre salie des femmes et qui est atteinte d'une rechute de pnemnoaie, vous m'avez ?a
748 TBAITEMENT DE Lk PNEUMONIE.
donner, dis- je, do muse pour la seconde fols ; je tous dois compte des raisons qui m*ont fait agir ainsi et des conditions dans lesqudles Tadministration de ce médicament me paraît utile.
Et d*abord, messieurs, le musc, dans le traitement de la pneumonie, est nn remède auquel nous avons rarement recours. Il se passera sans doute plusieurs mois avant de rencontrer des cas pour lesquels 11 sera indiqué; mais comme, quelque rares qu^elles soient, ces circonstances pourront se présenter et vous embarrasser singulièrement, il est nécessaire de vous ks bien faire connaître. C'est dans certaines pneumonies avec délire, dans celles que les anciens appelaient alaxiques, malignes^ que cette médication joue ub rôle important, et c'est aussi à Récamier que revient la gloire de l'avoir, dans oes derniers temps, mi^ en honneur.
Que faut-il entendre par pneumonie ataxique, ou pour parler pins exactement, qu'est-ce que l'ataxie dans la pneumonie ?
Des désordres nerveux, le délire en particulier, survenant dans le cours des maladies, ne sufiBsent pas pour caractériser l'ataxie. Afin de bien nous entendre sur ce point, il est indispensable de distinguer, dans la pneumonie dont nous nous occupons exclusivement ici, plusieurs sortes de délire.
Premièrement, celui qui dépend de l'intensité de la fièvre péripneumonique et qui prouve seulement que le cerveau partage l'excitation lébrile de tons les appareils. Il est peu commun, si ce n'est pendant la nuit, lorsque les malades s'assoupissent ; on Tobserve ou on peut l'observer dans tontes les maladies aiguës avec fièvre, car il u*a rien de spécial. A coup sûr, un tel délire ne sera pas modifié par le musc, parce que cet agent est sans puissance contre la fièvre inflammatoire péripneumonique elle-même, et que le délire cédera aux moyens qui enrayeront celle-ci. 11 faut encore tenir compte d'un délire qui ne réclame pas davantage l'intervention du musc, et qui survient chez les personnes plus particulièrement excitables. Nous savons tous en effet qu'il est des gens qui délirent sous l'influence de la moindre excitation fébrile, à plus forte raison lorsque l'inflammation du poumon soulève une excitation fiévreuse très-intense.
Deuxièmement, le délire lié à la suppuration du parenchyme pulmonaire, et qui est probablement du même genre que tous les délires produits par les infections purulentes; c'est de celui-là qu'on peut dire avec Hippocrate : « A peripneumonia phreniiis malum. » Il est presque constamment funeste, indépendamment de l'étendue de la pneumonie : le musc ne saurait l'atteindre.
Troisièmement, un délire causé par une ou plusieurs complications phlegmasiques siégeant ailleurs que dans la poitrine, et méconnues du praticien : ce cas rentre dans la première variété.
Quatrièmement, un délire dépendant plutôt de la malignité de la cause de la pneumonie que de celle-ci. Il se rencontre dans les pneumonies produites par les empoisonnements, soit que le poison appartienne à la matière inédî-