‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 3)Chapitre 65 sur 81 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

Une femme qai, à pitisieurs reprises, est venue dans le sertice de là Clinique, me fournit roccaaion d'entrer avec tous dans quelques oonsidératioDS pathologiques et thérapeutiques relatives à certaines particularités qui se présentent dans le courir des affections organiques du cœur, considératioin doitt vous trouverez plus d'une ibis l'application au lit des malades.

Cette femme était, en dernier lieu, couchée au n* 3ft de \t salle Snnlfiemard ; elle entrait pour des accidents dépendants d'une affection du offor dont le diagnostic était des plus simples : la lésion cardiaque se révélait, ï Tauscultation, par un double bruit de souffle, ayant son maximum d'intensité au niveau de la pointe du cœur, bruit de souffle rude au premier temps, pins doux au second. Ces phénomènes stéthoscopfques caractérisaient ane insuffisance avec rétrécissement de l'oriflce auriculo-ventriculaire da côté gauche.

Mon but est moins d'appeler votre attention sur les lésions organiques do cœur, que de vous montrer, d'une part, l'énorme difficulté que nons reneoDtrons souvent pour asseoir notre pronostic, et de vous indiquer, d'antre part, certaines règles à suivre dans le traitement de quelques-uns des accidents qoi les accompagnent

Toutefois, messieurs, relativement h l'inâuffisance vahulaife, je vous ferai observer que, généralement, cette insuffisance coïncide avec uû rétrécissement de l'orifice. En effet, les causes les plus ordinaires qui s'opposent à l'accolement des valvules les unes aux antres, sont les altérations de texture de ce cloisons membraneuses ; c'est leur épaississement, leur induration, lenr transformation fibro-cartilagineuse, cartilagineuse, osseuse oti pétrée ; c'est h destruction partielle de leur bord libre, leur perforation, lenr roptnre, soiti leur partie centrale, soit à leur base, dans une étendue plus oti moins considérable ; c'est enfin la présence de végétations : tous genres d'altérations qui, coexistant le plus habituellement avec Tinduralion et Tépaississement pinson moins considérable dos valvules, les empêchent de remplir exactement les fondions dont elles sont chargées. Cette induration, cet épaississement, la pié-

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scdee de irégétitioiui un peu TOlumincufles mir le bord ou sur la Mirfao6 de» valvules vont néoeaMûreroent entraîner, indépendamment de rinaufiisanGe de ces cloisons membraneuses, le rétrécissement des orifices à l'entrée desquels oUes sont placées,

La conséquence de cette insuifisancé avec rétrécissement sera une gène plus ou moins considérable de la circulation du sang dans les cavités du ccrar, et cette gêne se traduit par un ensemble de phénomènes, les uns locaux, qui se manifestent du cdté de l'appareil central de la circulatiqp, les autres généraui* apparaissant du côté des différents autres appareils de l'économie.

Des phénomènes locaux, les uns sont accusés par les maladeAr Ce sont dee palpitations, un sentiment d'embarras, de pesanteur li la région précordiale ou vers le creux de Testomac, et qui augmentent par les efforts musculaires, dans un exercice un peu plus violent que d*babitude, comme dans l'action de monter un escalier. C'est, à un degré plus avancé de la maladie, une gêne plus oil moins prononcée de la respiration. (]es symptômes manquent souvent aussi* Les autres phénomènes locaux, dont l'existence est constatée par les divers modes d'exploration du cœur, nous fournissent des signes plus certains pour arriver au diagnostic de la lésion.

Déjà à simple vue, l'inspection de la région précordiale nous procure, sur les troubles éprouvés par les mouvements du cœur, des renseignements que l'application de la main met à même d'apprécier encore mieux. Par l'applica^ tion de la main nous pouvons, en effet, percevoir cette sorte d'ondulation, d6 frémissement vibratoire que l'on désigne sous le nom de frémtisentent cataire^ et qui coïncide avec les irrégularités, les intermittences et les inégalités det battements du cœur. L'auscultation, soit avec l'oreille nue, soit k l'aide di stéthoscope, nous fournit des signes qui consistent en des bruits de souffla offrant les variétés les plus diverses, et dont l'explication physiologique a été el est encore l'objet de différentes théories que je ne crois pas avoir à vous exposer. Je vous dirai cependant que les belles expériences de M. Cbauveail sur les chevaux, expériences dont j'ai été témoin, ne sauraient aujourd'hui laisser aucun doute dans l'esprit sur la théorie des bruits normaux et anoman du cœur ; tous ceux qui ont assisté aux expériences dont je vous parle, ont eu la démonstration évidente qucf la théorie de Rouannet était la seule admise sîble. La percussion, à son tôur^ nous permet de reconnaître l'augmentation du volume du cœur, due soit à la dilatation anomale de ses cavités, soit k l'hypertrophie de leurs parois. Ces altérations cardiaques^ qui coïncident presque constamment avec les lésions des oriAces, sont la conséquence forcée de fi gêne apportée dans le cours du sang. Le mécanisme de leur production oM facile à comprendre. Du moment que les contractions musculaires du cœur sont insuffisantes pour lutter contre i'olistacle qui s'oppose à la sortie du sang Imrs de la cavité qui le renferme, les parois de celte cavité se distendent pea k peu par suite de Taccumulation de liquide qui s'y opère, et la cavité eiie* même se dilate. Mais il est rare que cette diUtation soit simple, c'est-k-diri

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qu'elle existe avec amincissement des parois ; généralement, pour ne pas dire toujours, celte dilatation est accompagnée de Thypertrophie des parois du cœur, hypertrophie reconnaissant eu grande partie pour cause un excès d*exercice ou d*action de la fibre musculaire. Bien que je ne TeuiUe pas aborder ici une question de pathologie générale, je vous ferai cependant observer qu'il se passe dans le cœur ce qui se passe dans les antres organes creux que nous voyous se dilater, en même temps que leurs flbres ronscoUira acquièrent un développement plus considérable, lorsqu'un obstacle ^ la sortie des matières que ces organes contiennent nécessite un surcroît d'eflTorts pour l'accomplissement de leurs fonctions naturelles. Il se passe pour le cœur ce qui se passe pour la vessie, pour l'estomac, pour les autres portions du tube digestif, pour les bronches, etc. Cette hypertrophie, suivant la juste remarque qu'en ont faite les cliniciens, Ilunter, Laennec et M. Beau, entre autres, l'hypertrophie du cœur, en particulier, est une lésion providentielle employée par la nature pour lutter contre la résistance apportée par l'obstacle au cours du sang. £lle a pour résultat d'assurer pour un certain temps l'exercice d'une fonction essentielle à la conservation de la vie. J'ai dit que cette lésion reconnaissait en grande partie pour cause un excès d'exercice et d'action de la fibre musculaire, mais j'admets aussi que le travail pathologique subi par le tissu musculaire, sous l'influence de ce qu'on est convenu d'appeler l'inflammatioo ou l'irritation, doit entrer en ligne de compte dans la production de l'hypertrophie.

Revenons aux phénomènes qui caractérisent la gêne plus ou moins considérable de la circulation du sang dans les cavités du cœur. Messieurs, si je ne m'arrête pas un instant sur l'étude du diagnostic précis du siège des liions des orifices, c'est que, de l'aveu même d'un homme éminent, dont personne ne contestera la compétence en pareille matière, cette étude est, au fond, plus curieuse qu'utile (1). Toutefois le diagnostic différentiel de rinsuffisance des valvules aorti(|ues est d'une importance très-grande dans la pratique. Les causes de mort subite les plus fréquentes sont principalement celles qui dépendent des lésions des valvules aortiques; et c'est un fait également rcconna de la majorilé des praticiens, que ces lésions sont celles qui sont le moins souvent accompagnées de cet ensemble de phénomènes morbides qui constituent les symptômes généraux des maladies du cœur.

Voyons quels sont ces phémmiènes généraux.

Les troubles des fondions cardiaques doivent avoir un grand retentissement dans tout l'ensemble de l'appareil circulatoire. Des modifications appréciables dans les battements artériels, dans l'état des velues et des vaisseaux capillaires,

(1) « E\istc-t-il, » dit M . Ifi professeur noiiillaud (îraité clinique des maladies du cmtr, 2« édit., t. 11, p. 362), « existe-t-il des sijçnes propres à nous faire connaître le siéfC précis du rélrécissement duns tel ou tel des oriflces du cœur? La solution de ce probtèmCj qui est au fowl plm curieii.r qu'utile^ %a nous occuper quelques instants. »

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