AFFECTIONS ORGANIQUES DU GOSUR
plie, nous pouvions espérer de lutter avantageusement contre Thydropisie en nous adressant aux reins ou à la peau, dont les sécrétions peuvent suppléer celle de Tintestin.
Le sous-nitrale de bismuth , la craie préparée, furent donnés seuls, puis associés Tun à Fautre, sans que nous es eussions obtenu aucun bon résultat Le nitrate d'argent administré seul et porté jusqu'à la dose de 0>',iO en dit pilules, le nitrate d'argent cx>mbiné avec Topium, ne réussirent pas mieux. Jioin de se modérer, la diarrhée devenait plus abondante. J'employai alors l'Aye/rat^ gyrum cum creta, le mercure éteint dans la craie, médicament emprunté à la pharmacopée anglaise, où il est désigné sous le nom de poudra grise [grey powder), et qui, tout en étant un purgatif comme le calomel, est également, comme celui-ci, lorsqu'on l'administre d'une certaine façon, un excellent modificateur de l'appareil intestinal merveilleusement utile dans certaines diarrhées. Notre malade en prit Os',10 le premier jour, et dès ce premier jour le flux intestinal se modéra. Le lendemain, j'ajoutai à ma prescription trois gouttes de laudanum à prendre immédiatement après la poudre grise, et sous l'influence de cette médication il n'y eut plus qu'une ou deux selles dans les vingt-quatre heures, au lieu de sept à huit qu'il y avait auparavant.
Cet heureux résultat obtenu, restait toujours l'hydropisie ; ne pouvant plus provoquer les sécrétions intestinales, nous comptions sur les sécrétions nrinaires. Mais comme les substances qui agissent sur les reins sont susceptibles d'irriter l'intestin, nous avions à redouter, en les administrant à l'intérieur, de renverser l'échafaudage que nous avions eu tant de peine à élever. Je recourus alors à une médication qui, depuis plus de vingt ans que j'en fais l'expérience, m'a souvent rendu de signalés services : elle consiste dans l'application à l'extérieur des préparations diurétiques.
Je fais faire une foite décoction de bulbes de scille et de feuilles de digitale, ou bien je prends 100 à 150 grammes de teinture de scille et de digitale que l'on mélange avec deux tiers d'eau. De ce mélange on imbibe des flanelles que l'on applique sur le ventre et sur les cuisses du malade, en les recouvrant d'une large plaque de tafletas gommé. En continuant ce moyen, on obtient souvent une évacuation très-abondante d'urine. C'est ce que vous avez vu chec notre femme ; chez elle aussi cette diurèse a amené la résolution de l'hydro* pisie, et, pour la troisième fois, quitte de ces accidents, elle se trouva asset bien rétablie pour sortir de l'hôpital.
Ainsi chez cette femme, la diarrhée, que nous avions sollicitée pour obtenir la cessation des graves accidents qui entraînaient un danger de mort, est devenue à son tour cause de ces mêmes accidents, et il nous a fallu alors luttiv contre elle. £h bien ! chez une autre femme, que vous avez également vue dans le service, c'est la suppression d'un flux intestinal habituel qui a amené la terminaison fatale.
Cette malade entrait dans nos salles, atteinte, comme la première, d'une affection du cœur caractérisée par des palpitations, de l'irrégularité, de l'iné*