‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 4)Chapitre 38 sur 100 · SYPHILIS DES ENFANTS NOUVBAU-NÊS · texte numérisé non relu

SYPHILIS DES ENFANTS NOUVBAU-NÊS

sources précieuses, il en est d'autres, et nos services cliniques sont de ce nombre, où, au lieu de la règle, vous trouverez un enseignement non moins nécessaire, celui de Y exception.

Voyez, en eiïet, comment la science de la syphilis s'est constituée et comment s'organisent les révolutions doctrinales qui s'accomplissent soos vosyeox. Dans les hôpitaux destinés aux hommes syphilitiques, les lois se posent avec une autorité que les faits ne viennent pas amtredire. Le dogmatisme des obsenateurs est sincère, parce que leurs conclusions portent sur les cas re- ' cueillis dans des conditions analogues. La science est ainsi faite jusqu'au jour ou des médecins placés dans une autre sphère, aux prises avec les cas donteai, soulèvent des objections, et comme il arrive toujours, passent, à la longue, de l'hésitation \ l'opposition formelle.

S'il en était besoin dans un sujet qui vous est si familier, la syphilis infantile fournirait à elle seule les exemples les plus probants. Les opinions les moins fondées y ont régné longtemps parce qu'il en coûtait de rompre l'nniié de^ia théorie, et Hunter lui-môme a formulé résolûment, malgré toat son génie, des principes auxquels les faits qu'il rapporte donnaient le plus éclatant démenti.

Vous auriez peine à parfaire l'histoire de la tuberculisation pulmonaire dans un hôpital de phthisiques, et de même les services hospitaliers où n'ont accès que les maladies vénériennes confirmées n'épuisent pas la somme des cas observables.

Vous étiez ici, messieurs, relativement à la syphilis des enfants dn premier âge, dans les conditions les plus favorables. A côté de nouveau- nés atteints d'accidents caractéristiques, vous trouviez des enfants affectés d'éruptions incertaines, d'autres chez lesquels les lésions exanthématiques ou ulcéreuses les plus graves ne prêtaient pas même au soupçon d'une infection spécifique.

Il est bon que vous profitiez de ces rapprochements instructifs, et ce que j'ai à vous dire se ressentira du milieu où nous obsenons en commun et oà je tiens à vous maintenir parce qu'il représente la vie réelle. Loin de me borner à vous rappeler les notions dûment acquises, j*insisterai près de vous sur les points encore à l'étude, sur les chances d'erreur, sur les problèmes irrésolus, parce qu'il y a là des circonstances où se décider prématurément ne serait plus pour le médecin une erreur, mais un acte coupable.

Prenons d'abord, si vous le voulez bien, le nouveau-né atteint de syphilis, en réservant les questions plus obscures qui ont trait i la ()athogénie.

La syphilis peut frapper l'enfant durant la vie intra-utérine^ elle peut aussi ne se manifester qu'après la nais.sance, alors qu'en venant au monde, l'enfant ne présentait aucun indice de la maladie dont il porte le germe et qui va se développer à une époque plus ou moins éloignée. Dans le second cas, l'évolution s opère sous nos yeux, nous assistons au début du mal et nous suivons toutes ses phases ; dans le premier, le début nous échappe, l'évolntion est incertaine, le diagnostic est plus hésitant et la description moins précise.

C'est un fait signalé par les vieux accoucheurs, confirmé par les praticiens

srraais des ekfaiits NouvEAU-iits.

de notre temps, que la syphilis des pareiiis ou tout au moins de la mère est une cause fréquente à'avortement On a exagéré, dit-on, cette prédisposition que crée la syphilis. J'ignore les résultats que donneraient des statistiques impossibles, mais ce que je sais et ce que je n'hésite pas à lousdire, c*est que, quand ?ous serez appelés près d'une femme pour laquelle Faccouchement prématuré est devenu une habitude, vous aurez tort si vous ne faites pas figurer Tinfection syphilitique parmi les causes supposables dont on dresse un caulogue provisoire avant d'asseoir son jugement.

Mais ce n'est pas assez d'avoir, à l'insu de la famille, inscrit 5 son rang cette probabilité parmi toutes les autres que vous éliminerez successivement, il faut encore se demander si quelque signe, fût-il incertain et incomplet, autorise une telle supposition.

Dire en termes absolus que l'avortement répété est souvent d'origine syphilitique, c'est dire trop et trop peu. Dans les cas les plus communs, l'accouchement a lieu presque à terme, et il se termine par l'expulsion d'un enfant mort Quand le fœtus vient au monde vivant et destiné \ vivre dans la mesure de son âge, quand la précipitation de l'accouchement est toute du fait de la mère, il n'y a pas lieu de réserver une place à la syphilis parmi les conditions encore si obscures qui ont abrégé la grossesse. La syphilis maternelle ne parait pas, jusqu'à plus ample informé, étendre son action sur la vitalité du placenta, et je ne sache pas une lésion placentaire entre celles qui nous sont connues qui offre un caractère dûment spécifique.

Et cependant, ce qu'on n'eût pas fait il y a peu d'années, on peut se demander jusqu'à quel point cette immunité est absolue. Autrefois la syphilis était considérée comme renfermée dans le cercle d'un petit nombre d'expressions symptoroatiques; localisée à la peau, sur les membranes muqueuses qui confinent à l'enveloppe cutanée, s'élendant tardivement au tissu osseux, elle était réputée respecter la structure des organes splanchniques. Le placenta, pas plus que le foie, que la rate ou le poumon, ne semblait susceptible d'une dégénérescence vénérienne qui n'était pas directement observée, et qui eût été en contradiction avec les lois par lesquelles était régie la maladie.

Aujourd'hui une direction nouvelle a été imprimée à la science, l'impossible a cessé de l'être; aux altérations des téguments et des os sont venues s'ajouter des altérations parenchymatcuses que révèle l'étude microscopique, et que la clinique avait entrevues. Là presque tout est à faire ; j'appelle votre attention sor les voies à peine explorées, bien convaincu que vous ne penserez pas, comme certaines gens, qu'il faut attendre que la vérité soit trouvée pour se consacrer à sa recherche.

Quelques notions que garde l'avenir, il n'en e^t pas moins bien établi expérimentalement que l'avortement syphilitique a pour cause la mort du fœtus dans le sein de la mère.

Exiête-t'il maintenant quelque symptôme caractéristique de l'affection à laquelle a succombé le fœtus y Pour ma part je ne saurais vous signaler une

STFHILIS DES ENFANTS IfOCVSAU-nÉSL

lésion yraiment significatire, et j^indine à croire que les aoleura qeî sont phis explicites eussent mieux fait d*imiter ma réserve. On vous parlen de rasfMct général du mort-né, de la coloration des téguments, de la macération de Tépiderme, d*nlcères qui envahissent tout le corps, de déformations hideuses. Pins le tableau est saisissant, plus vous avez à vous en méfier. li fut un tennf» où les médecins, partageant les préjugés des gens du monde, se représenttieat volontiers comme dénature vénérienne les ulcères répugnants et rebelles; or, c'est de ce temps que datent les descriptions destinées sans doute à faire ressortir les funestes conséquences de la vérole.

L*enfant naît à terme ou avant terme; il vit, mais il peut avoir contracté èh rant la vie fœtale une maladie déjà en voie d'évolution à l'époque de la naissance^ et qui doit bientôt devenir morlelle. C'est à cette syphilis développée chez Tenfant avant l'accouchement et se continuant dans les jours déjà comptés de son existence extra-utérine, que quelques auteurs ont assigné des caractères si tranchés, qu'ils suffiraient à asseoir un diagnostic : je veux parler du pempUgus, des altérations du thymus et des lésions pulmonaires.

Je serai bref sur ce sujet, pour deux raisons : d'abord parce que vous avez eu dans cet hôpital de très-rares occasions d'observer des enfants naissants, d je tiens à n'insister que sur les faits cliniques dont le contrôle vous est facile, et ensuite parce que les discussions auxquelles ces manifestations spécifiqaes ont donné lieu sont trop récentes pour que j'aie à vous les rappeler longuement

De ces lé^sions aucune ne se retrouve à im âge plus avancé où la maladie syphilitique s'accuse par des signes nombreux, variés, incontestables; eUes auraient donc la double spécificité d'être de natui^e vénérienne et d'être propres au fœtus.

Le pemphigm débute si peu d'heures après la naissance, qu'il était évidemment préparé par une disposition intra-utérine. Les bulles qui siègent de préférence h la plante des pieds et à la paume des mains se développeot rapidement^ se remplissent d'un liquide semi-purulent, et se crèvent ponr faire place à des ulcérations d'un mauvais aspect. La couleur des parties environnantes est bleuâtre, comme il arrive dans la plupart des inflammations cutanées de l'enfant naissant. La santé générale s'altère profondément, cl l'en voit apparaître les signes habituels des cachexies infantiles qui, comme voos le savez, se terminent presque invariablement par la mort, quelle que soit leur origine.

Qu'on rencontre des exemples de peinpitigus chez les plus jeunes enfants, la chose est hors de doute ; que le pemphigus soit chez eux ce qu'il est si fréquemment chez l'adulte lui-même, l'expression d'une perturbation profonde et radicale, le fait n'est pas moins bien établi ; que ce pemphigus soit de nature syphilitique, là est toute la question. D'une part, on objecte que les bulles n'ont aucun caractère spécifique ni [lar elles-mêmes, ni par la manière dont eHessont groupées; que le peniphigtis est une des plus rares complications de la syphilis confirmée; que toutes les causes qui engendrent ailleurs cette manifestatioo trouvent leur application légitime et pour ainsi dire classique chez les nuuveau-nés débiles à tant de titres. Ces objections ont une valeur impossibie)

SmULlS OES ENFANTS NOUVEAU -MES. 296

mécoDMîlre; on yrépund par uo argument qui, )M>ur être indirect, n*ea a pas moins son iuiporlance. « Daos la plupart des cas où ie petnpbigus existait, dit le professeur Dubois, j'ai pu constater des traces d'une syphilis ancieiuie cbez les parents des enfants affectés, ou obtenir d'eux des reoseigneiueats probants «(l). D'autres observateurs déclarent av4)ir été moins favorisés, biea qu'ils aient poursuivi lamême enquête, et lasolutioo devient subordonnée à la moins rigoureuse des statistiques.

Je vous ai cité quelquefois le fait qu'il m'avait été donné d'observer chez un de nos oonlrères. 11 me mandait pour voir son enfant âgé de quinze jours à peu près, et portant les traces les plus nettes de la syphilis. Le père avait eu un chancre buntérien, des accidents secondaires, dont il se croyait parfaitement guéri. Je lui dis fort catégoriquement que son enfant avait une syphilis congénitaie; et je lui donandai si lui-même ne portait pas encore quelques traces de la syphilis : sa réponse fut négative, mais je procédai à un examen plus ■lînnlieux, et il me fut facile de découvrir des exostoses du tibia qui ne laissaient aucun doute sur la maladie. Il me raconta alors que sa femme, quinze OMHs auparavant, était accouchée d'un enfant mort au septième mois de la conception, et que cet enfant avait été par lui conservé dans Tespril-de-vin. Il me il voir le petit cadavre, sur la peau duquel on voyait manifestement les traces nombreuses d'un pemphigus.

Pour moi donc, la démonstration ne dépasse pas les limites du probable, et planeurs médecins partageant cette indécision ont fini par accepter un compromis. Ils admettent que la syphilis maternelle a déterminé une sorte de cachexie du fœtus qui se traduit par l'éi uption huileuse, laquelle n'aurait rien de spécial. En acceptant cette trop facile hypothèse, vous ouvrez imprudemnieot nae porte que vous aurez peine à refermer derrière elle. Vous inclinez implicitement à donner raison à ceux qui voient dans les maladies cachectiques du premier âge de» dérivations, des métamorphoses, puisque le mot est en bonaenr, de la syphilis des ascendants. Périlleuse tendance qui mène et qui a mené à ces généralisations aventureuses où l'imagination se substitue â Pohaervation, et où toutes les manifestations morbides se confondent dans une patbagéoie arbitraire.

hà $uppuraiiùn4u thymus et celle des pouvions ont fourni à deux observateurs dont la sagacité vous est connue la matière d'intéressantes monographies. Tantôt isolées, tantôt réunies^ ne se liant d'ailleurs â aucune éruption caradiériaée autre que le pemphigus, ces deux lésions sont rares, et leur relation avec la santé du père ou de la mère demeure encore incertaine.

Là se beme oe que nous savons sur la syphilis fœtale ; je passe sous silence leaaItéFatitnsbépatiques, dont j'aurais à vous entretenir, et la péritonite ré* panée eypbililique» dont Simpson a dit deux mots dans son Métmire sur les péritonites du fœtus. L'avortcment au premier chef, le pemphigus, la suppu-

(1) Bulletin deCAcailémie de médecine, 1851, t. XVI, p. 980.

SYPHILIS DES ENFANTS NOmreAlHlÉft.

ration do ponmon, et sartoat celle da thymns, telles sont les seules roanifestatioDS attribuées à la syphilis dont Tenfant serait atteint daiis le sein de sa mère.

Quand les derniers vestiges de la vie intra-ntérine ont dispara, quand Vfth font est entré, par la respiration et surtout par le fait de son alimenlatioo, dan nne vie nouvelle, la syphilis, absolument latente jusque-là, se reconnaît à do signes qui échappent mieui à la conjecture; aussi maintiendraî-je plnsloDgtemps votre attention sur le détail des symptômes.

C'est une loi vraie pour toute la médecine que les petites circonstances ont souvent une signification capitale, mais c'est encore plus vrai, s'il est poKÎble, pour la syphilis. Votre diagnostic ne s'établit ici que par la recherche patiente des menus caractères, et quand il en est ainsi, les descriptions ne sont bonnei que si elles sont longues.

Chez l'enfant qui n'a pas, en venant au monde/apporté des traces certahies d'infection, la vérole se développe rarement avant la deuxième semaine^ il est d'exception qu'elle se manifeste après le huitième mois ; c'est da qainiièiiie an quarantième jour qu'est son apparition la plus constante.

Ces dates que j'indiquais dès 18&7, dans un travail publié en commun avec mon ami le docteur Lasègue (1), ont été confirmées par tons les observateofs et sont d'accord avec colles ((ue nos devanciers avaient signalées, si l'on fut exception des cas d'une douteuse authenticité qui échappent à la règle.

venue des accidents est donc précédée par une incubation plos ou moins longue durant laquelle le médecin ne saurait découvrir le plus vi^ue indice de l'affection imminente. Je sais bien que les médecins de l'hôpital de la nie de Sèires, auxquels la science de la syphilis infantile doit tant d'utiles enseignements, ont admis une sorte de cachexie prémonitoire. Il n'en est rien. L'enfant prédestiné a ou n'a pas tous les attributs d'une santé roboste jusqu'au jour où les premières manifestations se déclarent. J'irai plus loin ; la vigueur de la santé n'exerce pas toujours sur la marche de la syphilis l'inflaence qu'on inclinerait à lui attribuer. Vous verrez en effet des nouveau-nés vigoureux en apparence, déchoir rapidement sous le coup de la vérole, d'antres plus chétifs la tolérer sans subir la même secousse. Là, comme chex l'adulte, deux termes sont on présence, Tactivité de la maladie et la résistance du malade, mais la résistance se juge dilFicilement avant qu'on sache à quelles épreuves elle sera soumise.

Il s'en faut qu'à âge égal, à santé apparemment identique, la syphilis ait toujours chez l'enfant la môme intensité. Chez quelques-uns, en dehors dn traitement, l'évolution est lente, passive, essentiellement chronique dès le début ; chez d'autres, elle est active, subaiguë, demi-fébrile ; l'aspect est profondément modifié, les complications s'accumulent, et elles finissent par jeter la santé générale dans un trouble secondaire plus dangereux que la maladie qui Ta provoqué.

(1) Archives générales de médecine.

STPRIU8 DBS ENFANTS NOUVEAD-HÉS.

RappdeK-fons, measiears, cette diversité tonte clinique de l'évolatiou, parce qu'elle doit foaniîr ao traitement des contre-indications importantes, qu'elle oblige à certaines réserves thérapeutique, et qu'elle explique pourquoi le tnitement de la syphilis infantile n'a pas la banalité des médications propres an adultes.

Le» signes par lesquels s*accuse l'affection constitutionnelle sont nombreux et ne se produisent pas dans un ordre assez rigoureux pour autoriser un clas« sèment chronologique. Beaucoup de symptômes manquent et l'enchaînement est plein de hasards et de contradictions.

En revanche, un autre mode de classement est possible. Des symptômes, les uns ont une signiGcation franche, les autres laissent plus de place à Tincertitnde. C'est sur les premiers que je dois appeler surtout votre attention.

Les affections des membranes muqueuses qui confinent à la peau ne sont pas rares chez le nouveau-né. Dans la plupart des éruptions réunies sous le nom plus commode que scientifique de gourmes, les surfaces muqueuses accessibles 5 la vue sont souvent lésées ; mais pour qu*ii en soit ainsi, il faut que l'exanthème ait une assez grande confluence. Il commence par la peau et gagne les parties en s'y propageant Chez les enfants syphilitiques, les mem* iiran^ muqueuses peuvent être et sont réellement affectées alors que l'éruption est peu significative, qu'elle ne siège pas dans leur voisinage, ou même avant qu'elle se soit produite au dehors.

Le coryza esi un des premiers signes et des mieux étudiés. L'enfant respire plus difficilement par les narines; il est gOné dans les mouvements de succion par l'insuffisance de la respiration na.sale. Jusque-là rien de particulier qui distingue le coryza spécifique de tous les autres.

Bientôt, le nez suinte, Tenfant rend quelques gouttes de sang, mais* n'a pas d*épistaxis vraie. La sécrétion devient de plus en plus sanieuse sans être profnse; elle irrite les ailes du nez, la lèvre supérieure et détermine des ulcérations qui se recouvrent de croûtes dans les points incessamment desséchés par l'air extérieur. En examinant plus attentivement, il vous arrivera souvent de constater aux angles des ailes du nez de petites fissures ulcéreuses et déjà caractéristiques, parce qu'elles reproduisent exactement l'aspect spécial des fissures de la commissure des lèvres.

A on degré plus avancé, les os perdent leur soutien, les cartilages s'érodent sans être ^>erforés, le nez s'aplatit, s'écrase. La partie supérieure, déjà peu saillante chez les jeunes enfants, s'étale en donnant au visage un aspect étrange. Ces lésions extrêmes sont l'exception ; communément l'altération s'arrête à sa première période, elle marche quelquefois par accès, à la façon des éruptions chroniques, s'exaspérant et se suspendant : aussi a t-on de trop faciles occasions de constater après la mort les lésions vraies de la membrane muqueuse nasale à leurs divers degrés. Le coryza est, dans la presque universalité des cas, le premier signe de la syphilis des nouveau-nés.

La membrane muqueuse des lèvres et de la bouche est peut-être moins

SYPRItlS DES ENFANTS K0l.T£AII->llâ8.

fréc{uenimefit atteinte, mais, par contre, les acctdenls y sont fkis A Forifice de la bouche, on trouve, d'une |)an, des fisaures plus oo moins rapprochées et qui rayonnent en suivant les plis naturels; de rautre* des uleérêr tions arrondies, véritables plaques muqueuses ayant le même siège que dm Tadulte, niais n*ayant pas exactement le même aspect. Les stries aoot canetérisliques et je ne les ai jamais vues en dehors de la sypiiilis ; elles vont en diminuant de largeur à mesure qu'on s'éloigne de la membrase Hniquense labiale. Leur fond est d'un rouge plus oti moins vif, saignant, grÎEfttre ; lenn bords sont finement frangés et noircis par du sang coagulé. Tèoaoes coome le sont les fissures qui occupent toujours des parties csseatieMeniait éiastiqnes, elles laiïisent souvent après la guérison des cicatrices indélébiles. J*ai wn ées jeunes gens ou des jeunes fiiies qui portaient encore, môme à l'âge pubère, ce stigmate dont ils ne soupçonnaient pas la nature.

Les plaques muqueuses ne se rencontrent guère qu*à la commissure do lèvres. Ëlles sont petites, épaisses, saillantes, blanchâtres et comme diphibériques à première vue ; rarement se propagent-elles sur la joue. Nées diu une fissure et se développant à la suite d'une irritation indépendante de h syphilis, elles ne trouvent pas dans Tintérienr de la bouche les mêmes raÎMiBS d'être que chez l'adulta

La membrane muqueuse du pharynx demande à être ezaroînée avec soin, bien que souvent elle ne soit pas compromise. En ne négligeant dans aucim cas l'inspection de l'arrière-^rge, vous observerez plus fréquemment qo'oo ne l'a dit des plaqurs muqueuses qui occupent les piliers antérieurs ou postérieurs, jamais la paroi postérieure du pharynx, lii elles n'ont plus Tapparenoe qu'elles présentaient à l'angle des lèvres; peu saillantes, irès-superficieUes, dépourvues d'exsudation à leur surface, elles n'en iniposent pas |)our des plaques de diphthérie.

Toutes les fois qu'on a suppotié que l'infection de l'enfant avait eu lien an contact du mamelon de la nourrice, on a attaché à l'état de la boocheetdes lèvres du nourri!^son une bien concevable importance. Il semblait que la localisation des accidents, ou tout au moins leur prédominance aux points oo s'était effectuée la contagion, devait fournir de précieux renseignements. Je ne saurais trop, messieurs, vous prévenir contre les dangere de cette tendance, parce qu'à côté d'indications avantageuses, elle mène aux erreurs les plus regrettables. C'est ainsi (fue Ja concentration des lésions au pourtour desoi^anes génitaux a trop souvent engagé à conclure sans autres pi-euves que les jemies enfants avaient été inoculés à la suite de honteuses manœuvres. L'infection de l'enfant par la nourrice peut se faire par une seule érosion, et il n'est pas dit que la maladie aura des foyers multiples parce que les lésions inoculéec'appartienaent à la période secondaire. On ne sait que trop qu'il suffit d'an obaocre pour donner entrée dans l'économie ù la vérole, de même il peut suffire d Vue ulcération labiale. Combien d'enfants atteints de syphilis héréditaire ont uie oo plusieurs plaques muqueuses des lèvres; que conclure, par conséquent,

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le ce seol fait qu'an oa pkisiears lubercutes muqueux siègent à l*orifice

SoQïenez-Tous rartoat, et je n*en parlerais pas si Ton ii*avatt tant de fois Doomiis la faute de l'oablier, 8ou?enez-foas que pour Tenfant, pas plus que (war l'adolte, la imiUiplicîté des lésions secondaires sur un point n'implique ï aacnn titre qne ce point est celui où l'infcction s'est produite tont d'abord, à Vorifice anal vous retrouvez^ parce qne la disposition anatomiqiic est tensî- Mement la même, les mêmes lésions (fu'à la bouche, fissures, rhagades, suin- «meiits, ulcérations consécutives, mais je dois vous avertir que là les accidents m\ en générai moins d'étendue et moins d'intensité.

Il est d'autres points où la peau de l'enfant semble se rapprocher par sa itmcture des surfaces muqueuses, et oû, sous une influence pathologique, Hle en revêt presque les caractères. Je veux parler de ces replis si profonds chez les enfants gras, qui s'ulcèrent, ou tout au moins s'irritent par suite du frottement et surtout par l'infiltration des liquides excrément itiels, et qui réclament tant de soins de propreté : là encore se produisent souvent des ulcérat^ionst>n te fissures. Il est sage de se tenir en garde contre les trompeuses apparences d'ulcérations simples, et c'est surtout aux pieds et aux mains que ces lésions sont caractéristiques. J'aurai à vous en entretenir à propos des éruptions cutanées.

Nous avons passé en revue les altérations vénériennes des membranes muqoeoses; je leur ai assigné la première place, parce qu'elles sont plus expressives et qu'elles éclairent surtout le diagnostic à cause de leur fréquence, de leurs particularités, de leur importance au point de vue de l'inoculation. On a sonvent comparé la constitution des femmes à celle des enfants ; je n'oserais dire à quel point la comparaison est valable, ici au moins elle est quelque peu jmtifiée. Chez les femmps comme chez les nouveau-nés, les membranes muqueuses sont, bien plus communément que chez l'homme, le si^*ge d'élection te lésions sypliilitiques. 11 suffit de vous rappeler la fréquence si remarquable de l'angine syphilitique de la femme.

Parmi \Q»Jruption$ cutaitées proprement dites, la roséole est d'ordinan-e la première par son ordre d'apparition ; c'est aussi, du moins a^sez habituellemot, la première qui se manifeste chez le nouveau-né. Plus ou moins générriisée, occupant de préférence les membres inférieurs, rare à la fuce, elle se traduit par des macules qui varient de forme, d'étendue, de coloration. L'esantlième se développe rapidement et disparaît de même, aussi vous arri- ?era-t-il souvent d'être appelé trop tard pour que vous puissiez en être témoins.

Viennent ensuite les éruptions diverses où sont représentées tontes les fcnnes pour lesquelles les dermatologistes ont épuisé les classifications. Prenez on enfant syphilitif|nc, examinez mi à un chacun des produits exanthématiques, et vous y verrez ou une pustule, ou nne papule, ou une vésicule, etc. , bien déinies; considérez l'ensemble de l'éruption, et vous serez frappés de l'aspect

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