DE LA PERCUSSION
En résumé, le picssigraphe me semble desliné à donner la mesure de nos organes avec une extrême précision et une grande rapidité. Il est d'un maniement facile, et l'élève le plus inexpérimenté peut aisément s'en servir et obtenir du premier coup des résultats qu'on n'atteint avec le picssimètre qu'à la suite d'une longue habitude et d'un tâtonnement assez prolongé. Il a encore un autre avantage, c'e^t de laisser une série de points noirs partout où l'on a trouvé une diiïérence de sonorité ; de sorte que, une fors l'organe délimité, il se trouve par cela môme dessiné, et que l'opérateur voit après avoir entendu; l'image restant sous les yeux d'une façon permanente, alors que les sons avaient depuis longtemps disparu. Or. vous savez le précepte d'Horace :
« Segnius irritant aninios demissa per aures. » Quam quœ sunt oculis subjecta fidelibus. »
En dernière analyse, messieurs, qu'on percute avec les doigts rapprochés et étendus, suivant la méthode d'Avenbrugger; qu'on percute avec le plat de la main comme l'enseignait Corvisart; qu'on percute sur son doigt, sur le piessimètre avec ou sans marteau et sur le plessigraphe^ on fait une bonne chose dans tous les cas où la percussion est indiquée. Cependant il faut ici distinguer. La percu.ssion immédiate d'Avenbrugger et de Corvisart doit être préalablement pratiquée pour l'examen de la poitrine , afin de faire connaître d'emblée l'état général de la sonorité de cette cavité. Elle suffit ordinairement pour reconnaître un épanchcment pleurélique ou une pneumonie de médiocre étendue. La percussion sur le plessimètre est de mise pour les sommets de la poitrine, en arrière surtout. Vous m'avez vu quelquefois percuter sur la clavicule même avec l'extrémité des doigts, me servant de cet os comme d'un plessimètre, et j'en ai parfois obtenu des résultats très-satisfaisants dans les cas de tuberculisation pulmonaire. Mais pour les recherches de précision, pour limiter très-exactement les organes, le cœur surtout, les tumeurs du médiastin, telles qu'un anévrysme profond de l'aorte; pour limiter la rate, le foie, etc., le plessigraphe me semble en certains cas préférable.
Maintenant, messieurs, si l'on se recueille, et qu'on fasse froidement le bilan de nos connaissances ; si, à l'abri des passions qui agitèrent ceux qui nous ont précédés , on cherche à faire à chacun sa juste part ; si l'on se demande ce que valent les instruments d'analyse qui sont entre nos mains, et s'ils constituent toute la médecine, on est bien forcé de répondre énergiquement par la négative. Non, là n'est pas toute la médecine.
Il semble vraiment, nous le répétons à dessein, qu'à la suite de la découverte de Laennec^ l'esprit médical ait été pris de vertige. On s'est lancé dans la voie de l'investigation matérielle à outrance ; c'est à qui apporterait au monde médical son petit bruit de souffle; c'est à qui indiquerait telle nuance, négligée par le génie bien autrement compréhensif de Laennec.
TABLE DES MATIÈRES
Troubles {généraux cauws parla dyspepsie: auesthésio, analgésie parUelles; ni''\rnl}?ies; troubles des facultés intellectuelles. — Troubles de la circulation; anémie. — Phthisie (lyspeptitjui* 35
Les diverses espèces <le dyspepsies se confondent très- souvent les unes avec
les autres 37
§ 3. Traitement de la «Ijspepsie. — Le répimc occupe la première place.
— Le meilleur est celui que le malade sait le mieux lui convenir 3S
Il faut tenir compte tie la spécificité de la pble(^asie chronique. — Dvspepsiu liée à la diathcse herpétique, etc. — Modificateurs locaux delà phlcgniasie gastrique : vomitifs ; purgatifs mercuriels ; sous -nitrate de bismuth; craie préparée; alcalins; acides lactique, chlorhydrique 4rt
Dans la dyspepsie boulimique : l'opium , la belladone à |>etites doses ; les médicaments jmtispasmodiques, zinc, etc hh
Dans la djspcpsie acide : alcalins et acides (ces remèdes n'agissent pas chimiquement) narcoti»|nes et stupéfiants ; eaux minérales hl
Dans la dyspepsie flatulente : alcalins ; amers , quassia amara ; toniques . quinquina; aromatiques; eaux minérales chlorurées stnliques ; hydrothérapie, bains de mer 50
Dans les dyspepsies liées aux maladies du foie : alcalins et eaux minéralfs alcalines, quelquefois les acides 5:^
Ceux-ci paraissent surtout indiqués dans la dyspepsie liée à une maladie diathcsique chronique, plus particulièrement dans la phthisie tuberculeuse caractérisée 55
Dyspepsie liée à la cachexie palustre ; les eaux minérales alcalines et d'autres qui sont peu minéralisées, sont ici d'une grande utilité 57
La dyspepsie liée aux afTections utérines guérit par le traitement local qui s'adresse à ces affections, mais aus^i par un traitement général où les bains de mer et l'hydrothérapie jouent un grand rôle 5^
I^ belladone, certains purgatifs, les eaux minérales sulfatées, magnésiques, dans le traitement de la dyspepsie dépendant d'une constipation habituelle 60
Inhalation d'oxygène dans certains cas de dyspepsies graves 62