Baumgartex, Virchow' s Archiv., LXXIII, p
5, Baümgaute.v. Les nouvelles théories de lu trombose. Perl, h lin. Wochcn., 14 iuin 1880. J
VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES
altéré les parois; usage d'une double ligature qui de meme aura produit une altération des tuniques en en gênant la nutrition, ou bien, par suite de fautes contre l’asepsie, pénétration de pus ou d'agents virulents qui auront également causé des altérations des tuniques vasculaires. »
Enfin le professeur Ilayem admet bien la longue persistance de 1 état liquide du sang dans des segments vasculaires liés, mais non la permanence de cet état; il ne s’occupe pas de l’état des parois du vaisseau, en dehors des lésions que la putréfaction peut y développer.
On voit en résumé que les auteurs qui, tout d’abord, n’avaient eu pour but que de contrôler les idées de Virchow et de les démontrer expérimentalement, arrivèrent en définitive à admettre que le ralentissement de la circulation ne suffisait pas à lui seul pour déterminer la coagulation du sang dans les vaisseaux. Il fallait donc en revenir à l’étude des altérations du liquide sanguin.
Cette question avait, d’autre part, occupé de nombreux expérimentateurs ; voyons à quelle solution on l’avait conduite.
Les alterations du liquide sanguin sont d’ordre général ou d’ordre spécial. Elles peuvent porter sur la constitution générale ou chimique du sang, ou bien n’atteindre que certains de ses éléments.
Vogel1, en 1854, avait déjà essayé d’étudier les altérations générales que la cachexie ou certaines maladies font subir au sang. Il admettait que ces altérations sont de deux sortes : l’hyperinose, l’inopexie.
L’hyperinose consiste dans l’augmentation delà fibrine du sang,
1 inopexie dans une modification qualitative qui favorise la coagulation de cette dernière.
Nous ne discuterons pas longtemps la théorie de Vogel ; cet auteur, qui ne la propose que comme hypothèse, la défend également par de simples hypothèses. L’explication donnée de l’inopexie est moins claire elle-même que ce dernier terme, peu explicatif déjà, et nous dirons avec M. Troisier (Th. d’ag.) « que le mot ne sert évidemment qu’à masquer notre ignorance ».
A partir de ce moment, les auteurs s'aperçurent qu’avant de chercher à savoir ce qui se passait à l’état pathologique dans le phénomène de la coagulation, il fallait connaître d’une façon pré-
1. \oaia, Storunqen der Bluimischunq. Itandb. der spec. Pathol, and Thérapie. T. I, 1854.
C1SC cn fIlloi r(^sidait, dans Pétai normal on physiologique, ce phénomène sl curieux et encore si mal étudié de la coagulation du sang.
Parmi les auteurs qui ont été conduits à étudier à fond les condUions générales de la coagulation dans le but d’élucider la pathogénie de la thrombose, il faut mettre au premier rang Buchanan, Denis (de Commercy), A. Schmidt, et Ilammarsten.
Buchanan', 1 initiateur de la théorie chimique, constata ce fait important que la fibrine n’était pas une substance spontanément coagulable, mais qu’elle ne se précipitait qu’avec le concours de cci tains agents, comme la caséine ou l’albumine.
Denis (de Commercy)2, continuant ces recherches, isolait du sang une substance protéique, la plasmine. Poursuivant l’étude des modifications de cette substance, Denis constatait qu’elle se dédoublait, au moment de la coagulation, en deux corps : 1° la fibrine concrète, analogue à celle du caillot; 2° la fibrine dissoute, autre substance albuminoïde, restant en solution dans le sérum.
A. Schmidt ’ (deDorpat) reconnaît également dans le sang deux substances : 1° la substance fibrinogène, très analogue à la plasmine de Denis; 2U la substance fibrinoplastique. La coagulation se lait sous l’action d’un ferment, le ferment de la fibrine, comme l’appelle Schmidt.
Le Ici ment de la fibrine était extrait par des procédés chimiques dont nous n avons pas a parler ici. Disons seulement que les travaux de Schmidt donnèrent une telle impulsion à l’étude de- P hématologie, que de 1855 a 1885, l’école de Dorpat, dont cet auteur était le chef, produisit plus de trente mémoires sur les causes et le mécanisme de la coagulation spontanée et pathologique.
Mais il appartenait a Ilammarsten4 de montrer ce qu il y avait de D'agile dans la conception de Schmidt et d’illusoire dans les fonctions de ce ferment de la fibrine, si difficilement isolé cl si mal défini par 1 école de Dorpat. Pour cet auteur, le phénomène de la coagulation et la production de la fibrine intimement liée à celle dernière, résident dans un dédoublement de la substance fibrinogène de Schmidt ou plasmine de Denis.
1. Buchanan, Contribution to lhe Physio/ogy and Palhology of the animais fluids. London rncd. gazette, XVIII, 1845, vol. 1.