C. Accidents nerveux consécutifs aux phlébites
L’histoire clinique de la phlébite nous apprend qu’à côté des symptômes directement en rapport avec l’inflammation du vaisseau ou avec son oblitération, il est des troubles relevant de modifications ou d’altérations dans le système nerveux. Ces troubles sont tels et ils ont une si grande importance dans le cortège des accidents phlébitiques, qu’ils nécessitent une étude spéciale. Dans cette étude, nous passerons en revue tout d’abord les troubles nerveux qui accompagnent la phlébite, puis, et en second lieu, ceux qui lui survivent et qui la prolongent, pour ainsi dire, outre mesure alors que le processus inflammatoire s’est lui-même éteint.
1° Troubles nerveux précoces. — La phlébite partielle détermine rarement des troubles de la motilité suffisamment prononcés pour attirer l’attention. Il en va tout autrement de la phlébite oblitérante. La plupart des auteurs ont remarqué que la phlegmatia alba dolens s’accompagnait parfois d’une impotence fonctionnelle vraiment excessive. Trousseau1 a longuement insisté sur ce point : « La douleur et l’engourdissement sont quelquefois accompagnés de l’impossibilité d’exécuter le moindre mouvement volontaire; ainsi les malades ne peuvent étendre ni fléchir les orteils, remuer la jambe ou la cuisse, et si quelquefois il existe des douleurs articulaires qui rendent compte de cette immobilité des membres, dans