Communication orale
8. Ce dernier auteur vient d’ailleurs de rapporter ce fait et d’attirer à nouveau attention sui ces sortes d accidents dans son récent ouvrage, en collaboration avec le
docteur Hibcmont-Dessaignes, Précis d'obstétrique, Paris, 1894.
Tous les troubles divers que nous venons de passer en revue peuvent être contemporains de la phlébite ou apparaître peu de temps après elle. Souvent ils disparaissent progressivement pour ne plus guère laisser de traces au bout de trois à quatre mois. Mais parfois aussi ils se prolongent outre mesure, résistant à toute thérapeutique ; parfois même ils s’aggravent pour constituer de la sorte la seconde catégorie d’accidents qu’il nous reste à étudier.
2Ü Troubles nerveux tardifs. — - Il n’est pas rare de voir des malades présenter pendant quelques semaines ou quelques mois, à la suite d’une phlébite qui avait semblé définitivement guérie, «les accidents divers, caractérisés par des douleurs spontanées ou facilement provoquées, par de l’œdème, en un mot, par des troubles multiples dont résulte une gêne plus ou moins persistante dans lusage du membre affecté. C’est de la sorte qu’il se retrouve bon nombre de malades souffrant pendant cinq ans, dix ans et même plus, de ce qu’ils appellent leur « phlébite ».
Quelle est donc la nature de ces divers accidents?
Si nous nous en rapportons à ce que nous avons dit précédemment, nous verrons que ces accidents peuvent être d ordre moteur, sensitif ou trophique. Et, fait intéressant, souvent ils n’ont pas une importance proportionnelle à l’étendue de la phlébite; tel malade, chez lequel on n’aura constaté que quelques lésions localisées des veines, présentera des accidents véritablement surprenants; tel autre, porteur d’une phlébite étendue au tronc principal de la veine et à quelques-unes de ses branches, guérira parfois assez rapidement et d’une façon complète.
Les auteurs n’ont pas été sans remarquer combien il était fréquent de voir V impotence fonctionnelle persister longtemps à la suite de quelques lésions, même localisées, des veines. S il s est agi de phlébite variqueuse, c’est surtout lorsque les veines profondes ont été affectées que les accidents paralytiques ont tendance à persister. « Ce n’est encore rien que de voir des sujets marchei avec peine au bout de trois mois. Le deuxième malade de M. Verneuil était à peu près impotent un an après son coup de fouet » (Broca)1.
A la suite des phlébites totales ces accidents paralytiques sont plus rares, et, lorsqu’ils existent, ils s’accompagnent généialeinent
1. Biioca, Éludes cliniques sur la phlébite variqueuse [Revue de Chirurgie , 1 ^ 88)v
d’atrophie musculaire et de troubles trophiques très caractérisés.
Les troubles sensitifs sont d’ordinaire beaucoup plus importants Le sont eux qui, souvent, constituent d’une façon si caractérisée 1 ensemble des accidents post-phlébi tiques; ils peuvent se manifester de deux façons : 1° dans un certain nombre de cas, les sujets n ont pas de douleurs spontanées, mais ils commencent à souffrir après des marches prolongées ou une course un peu précipitée; la douleur se manifeste sous forme de crampes dans le mollet ou dans la cuisse, le sujet est forcé de s’arrêter quelques instants; il frictionne le membre atteint, étend la jambe et après quelques instants il peut recommencer à marcher; les accidents lessemblent assez à ce qu’on voit dans la maladie des chevaux dénommée la claudication intermittente, si bien appliquée à la pathologie humaine par M. le professeur Charcot. Somme toute, il s agit d une ischémie temporaire, d’une gêne purement circulatoire; — 2° dans d’autres cas, les douleurs semblent dépendre plus intimement de la distribution nerveuse, et alors c’est au i epos même, parfois au lit, surtout la nuit, que les malades se plaignent de fourmillements, d’élancements pénibles qui parcourent le membre, durent quelques instants, puis disparaissent. Ces sensations pénibles présentent certaines exacerbations. Souvent, ces exacerbations sont en rapport avec certains changements atmosphériques, avec l’augmentation de l’humidité de l’air, et les malades ne manquent pas de faire remarquer que l’œdème subit en même temps une augmentation parallèle; il n’est pas rare de von- une maladie aiguë intercurrente amener une recrudescence de douleurs vraiment spéciale, c’est ce que de nombreux auteurs ont pu constater dans le cours des récentes épidémies de grippe. Parfois, il a pu s’agir de phlébite récidivante, mais, dans d’autres cas c’était exclusivement les phénomènes douloureux d’origine nerveuse qui s étaient trouvés accrus. Nous avons vu récemment a 1 hôpital de la Charité une femme atteinte, quatre ans auparavant, de phlébite puerpérale qui, dans le cours d’une grippe bien caractérisée, présenta une exacerbation telle des douleurs, que la marche lui fut impossible pendant quelques semaines. Or, dans ce cas, si le trajet des veines présentait une sensibilité très nette a la pression, il fallait bien reconnaître que c’était surtout le long du sciatique et de ses branches secondaires que les douleurs avaient leur siège principal. Chez les femmes, c’est surtout à