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science. Nous ne comptons plus aujourd’hui les cas où la coagulation a débuté au niveau des veines du mollet, au niveau de la poplitée, de l'humérale, etc., sans souci de la loi physique de la thrombose spontanée. Nous en rapportons d'ailleurs un exemple entre plusieurs. Il s'agissait dans ce cas d’un malade atteint de tuberculose pulmonaire avec infections secondaires multiples et état cachectique extrêmement prononcé. L’apparition d’un oedème unilatéral passager, coïncidant avec quelques douleurs accusées surtout à la palpation, avait attiré notre attention sur la possibilité de manifestations phlébitiques ultérieures. Celles-ci furent à vrai dire peu marquées. Le malade cessa de se plaindre de sa jambe, un réseau veineux superficiel assez riche se développa tandis que l’œdème disparaissait, la saphène interne s’oblitéra progressivement, fournissant au doigt la sensation très nette de cordon induré, mais la mort survint au bout d’un mois, alors que les accidents phlébitiques paraissaient bien atténués. A l’autopsie nous enlevâmes les veines des membres inférieurs, depuis le creux poplité jusqu’à la veine iliaque et l’ouverture des troncs principaux des veines du membre droit nous fournit la pièce que nous avons fait dessiner ci-contre (fîg. 2). A la partie inférieure de la fémorale le caillot est adhérent de toutes parts; il fait, sur toute la périphérie, corps avec la veine et la coagulation est en ce point de très ancienne date (un mois environ). D’autre part on trouve bien à la partie supérieure ou initiale de la veine fémorale un caillot adhèrent, mais celui-ci est de date récente, il n’adhère qu’en un point de son pourtour et l’adhérence ri’est à coup sûr que consécutive à la présence de ce caillot
Fig- 2- — Caillot provenant d’une phlébite chez un tuberculeux.
A. — Caillot primitif siégeant au niveau de la partie inférieure de la V” fémorale et sur la poplitée.
11. — Caillot prolongé correspondant à la partie supérieure de la V" fémorale.
dont l’aspect représente bien celui du caillot prolongé décrit par Virchow.
Mais ce qui est beaucoup plus fréquent encore c’est de rencontrer des coagulations intra-veineuses d’âge différent suivant les points observés, alors même que la phlébite semble s’étendre à la plus grande partie du système veineux du membre. Nous savons que Cruveilhier avait déjà remarqué que la phlébite ne procède pas d’une façon continue, uniforme, mais qu’elle évolue souvent par poussées successives. Il n’est pas rare devoir une adhérence intime du caillot exister au niveau de la veine poplitée, alors que, dans la partie située plus haut, le caillot reste libre, pour redevenir adhérent plus haut encore.
Dans une observation rapportée dans notre thèse, et qui avait trait à une phlébite typhoïdique, nous trouvons les renseignements suivants, résultant des notes d’autopsie prises par le docteur Suchard :
« Les veines tibiales postérieures contiennent un caillot rouge foncé, libre dans la partie supérieure de la veine, adhérent à la partie inférieure; l’adhérence du caillot à ce niveau se fait suivant une ligne nette, au-dessous de deux replis valvulaires. Dans la veine fémorale, jusqu’au niveau de la partie moyenne du triangle de Scarpa, le caillot ne présente pas de points adhérents ; la moindre traction le détache facilement, excepté en quelques points où la surface interne de la veine présente, à différentes hauteurs, de petits bourgeons d’endophlébite, d’aspect rouge brunâtre, mous au toucher et ne dépassant pas la grosseur d'une lentille. A sa partie supérieure, la veine fémorale présente un caillot adhérent de date récente1. »
En résumé, la dissection attentive des veines du membre inférieur montre, dans la grande majorité des cas, que la phlébite procède par poussées et que l’oblitération, stade terminal du processus, peut débuter aussi bien dans les veines profondes du mollet, que dans la poplitée ou la fémorale. De cela donc nous conclurons que le début subit et d’emblée par la fémorale à la racine de la cuisse, comme on le trouve représenté dans une figure de l’atlas de M. Lancereaux, nous a paru exceptionnel. Quand cela a lieu et que l’oblitération semble débuter à la partie supérieure de la fémorale, ce n’est pas au niveau de l’arcade de Fallope