Bai.l, Thèse, Paris
VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES
caillot, dit-il, aboutit en définitive à la disparition complète. » Cet auteur s’appuyait d’autre part sur l’opinion de Virchow, lequel n’est peut-être pas aussi affirmatif. M. Lancereaux ne pense pas <pie la disparition d’un caillot oblitérant soit chose fréquente : « Toutefois, dans ces cas, lorsqu’une partie de la concrétion a été emportée dans l’artère pulmonaire et que la partie restante est peu considérable, la résorption de cette partie peut permettre à la circulation de se rétablir dans le vaisseau » (p. 607). M. Vulpian1 doute de cette disparition complète d’un caillot; il rapporte que plusieurs fois il lui a semblé voir disparaître des coagulations oblitérantes de la poplitée ou des veines du mollet, mais il n’affirme rien à cet égard. Nous sommes entièrement d’accord avec cet auteur : jamais, pour notre part, nous n’avons pu trouver un fait
probant du retour de la circulation dans un vaisseau oblitéré. Le travail de fonte moléculaire admis par Virchow, Bail, Troisier, etc., n’a jamais pu être prouvé; il semble au contraire que lorsque la désintégration granulo-graisseuse se produit, elle aboutisse à une oblitération fibreuse de la veine sur laquelle nous reviendrons. En résumé, après avoir rejeté l’hypothèse gratuite du retour à l’état liquide du sang coagulé, hypothèse qu’il est inutile de discuter aujourd’hui et que Vulpian n’a pas admise, il ne reste que trois voies possibles dans l’évolution d’une coagulation oblitérante : 1° ou bien le caillot est emporté par le courant sanguin et alors la veine peut redevenir libre, mais d’üne tout autre façon que celle précédemment décrite; 2° ou bien le caillot meurt sur place pour ainsi dire, il reste dans la veine, ses éléments sont frappés de nécrose et il demeure à l’état de corps étranger aseptique; souvent aussi son centre se ramollit et présente cet aspect puriforme connu des anciens auteurs ; 5° enfin dans la grande majorité des cas, le bourgeon vascularisé de l’endoveine pénètre le caillot et détermine alors des modifications secondaires qui peuvent être de diverses sortes : si le travail d’inflammation est assez actif et rapide, le caillot sera résorbé au fur et à mesure que les néoformations vasculaires apparaîtront et, quand il aura disparu, il sera remplacé par une cicatrice fibreuse, reliquat de la phlébite et du caillot; ou bien le travail, beaucoup plus lent, ne pourra déterminer la disparition du caillot; ce dernier persistera donc, plus ou