Sack, Ucbcr Phlebo-sclerose. Dorpal
VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES
de Bergman ri Le professeur Spillmann2, de Nancy, a repris l’élude de ces altérations, et un de ses élèves, M. le docteur Thiébau L 3, a fait à leur sujet de consciencieuses recherches.
Pour cet auteur, c’est surtout dans la veine cave inférieure, dans les veines iliaques, dans les veines rénales, dans les veines fémorale et poplitée que la phlébo-sclérose serait apparente. Les parois de ces veines ont alors une vascularisation exagérée, les vasa-vasorum sont plus dislincls. Par place la veine est épaissie, l'aspect est dépoli, réticulé. M. Thiébaut donne à cette lésion le nom de plaque gaufrée simple.
Dans un stade plus avancé, on voit apparaître sur cette plaque des points blancs opaques, parfois continents : la paroi veineuse est alors dure, épaissie. Ces plaques blanches peuvent être isolées ou siéger au milieu d’une plaque gaufrée simple. En certains points, elles sont légèrement exulcérées, c’est-à-dire que l’épithélium est tombé sur une petite étendue.
Une autre lésion du début consiste en taches blanches laiteuses, simples, apparentes sur la paroi interne de la veine, qui n’est pas épaissie à ce niveau.
Enfin, à ces lésions, s’ajoute Y incrustation calcaire : la plaque prend alors une teinte jaune et donne au toucher la sensation d’un corps étranger. Il peut exister à ce niveau une exulcération superficielle : mais on n’y constate ni cupule, ni bouillie athéromateuse comme dans les artères.
Les bifurcations des veines, les points d’insertion des valvules, sont les loyers les plus fréquents de l’athérome veineux : on le rencontre spécialement dans les veines iliaques et les fémorales.
Quant aux veines superficielles des membres inférieurs, elles subissent constamment chez les athéromateux des dilatations variqueuses, mais elles n’acquièrent jamais un développement considérable. Ces varices superficielles n’ont aucun rapport avec la diathèse variqueuse des jeunes gens, diathèse indépendante de l’artério-sclérose (Spillmann).
M. Thiébaut distingue deux formes de la phlébo-sclérose, la forme en foyer et la forme diffuse.
L’étude des lésions histologiques révèle l’existence d’un déve-
!• Bkrgmann. Ein Bcilrag zur Kennlniss der Angiosclerose , Dorpat, 1890.
2- Spillmann, Gaz. hebdomad. de Méd.etchir. 11 oct. 1800, p. 481.
3. Henry Thiébaut, Des lésions veineuses chez les arlerioscléreux. Thèse Nancy, 1890.
loppcment exagère du lissu conjonctif avec des noyaux cl des cellules conjonctives en grand nombre. Les fibres musculaires sont rares au milieu de ce tissu. La paroi interne est irrégulière et comme mamelonnée. Le système des vasa-vasorum est également atteint, on constate un développement anormal de noyaux autour de petits capillaires qui pénètrent jusque sous la couche interne.
Lorsque la plaque blanche est constituée, on remarque que la tunique élastico-musculaire, confondue avec la partie superficielle de la couche musculaire sous-jacente, dégénère en certaines de ces parties correspondantes aux plaques. Ici encore les lésions des vasa-vasorum sont des plus accentuées.
Cependant, bien que M. Spillmann et M. Thiébaut n’aient constaté sur les veines atteintes ni dégénérescence graisseuse, ni bouillie athéromateuse, ils n’en concluent pas moins à l’analogie presque complète de la phlébo-sclérose diffuse avec l’athérome. artériel.
Pour le second de ces auteurs, les altérations des vasa-vasorum commanderaient les lésions chroniques des vaisseaux, comme elles commandent celles des artères d’après la théorie exposée par JL Martin.
11 serait donc téméraire de conclure aujourd’hui à l'identité absolue des divers processus qui conduisent à la phlébite chronique. Des études ultérieures, conduites par des données étiologiques et anatomiques plus complètes, pourront peut-être aussi nous renseigner sur le rôle des diverses infections et intoxications dans l’évolution pathologique des phlébites chroniques.
Données bactériologiques.
La recherche des micro-organismes dans la paroi des veines oblitérées et dans le caillot oblitérant est de date récente: elle a abouti à des résultats souvent positifs, parfois négatifs, et ces résultats contradictoires expliquent pourquoi le rôle des agents infectieux dans la pathogénie des phlébites n’est pas encore connu dans tous ses détails. La présence de micro-organismes au sein d’une phlébite n’implique pas forcément que leur action a été effective et suffisante à déterminer la lésion, de même que leur absence ne permet pas de conclure à la nature non infectieuse de l’altération veineuse. C’est de la comparaison des faits, de l’évolution des acci-
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dents, et de l'expérimentation surtout que l'on peut déduire des conclusions sur la solution de la question qui nous occupe.
La constatation de micro-organismes dans le sang et dans les veines avait déjà été faite par plusieurs auteurs lorsque Ton s’avisa de faire des recherches analogues relativement aux phlébites des membres. Nous rappellerons seulement les travaux de Pasteur, Doleris, Durand-Fardel, Weichsclbaum et surtout de Weigert1. Cet auteur a étudié, on le sait, d’une manière toute spéciale le rôle de la phlébite tuberculeuse dans la propagation des accidents dus au bacille de Koch.
En 1885, Ilutinel2 trouva des micro-organismes dans les veines de sujets atteints de phlébite au cours de la fièvre typhoïde. Corail3, à peu près à la même époque, déclarait avoir rencontré parfois des microbes en zooglées dans la couche interne des veines. Dunin4, en 1886, bien que ne pouvant donner la preuve bactériologique des idées qu’il soutenait, admettait comme hors de contestation la nature infectieuse des complications phlébitiques de la fièvre typhoïde. Mais c’est au travail de Widal5 qu’il faut arriver pour trouver des constatations tout à fait précises et multipliées. De nombreux examens ont permis à l’auteur de retrouver les mêmes micro-organismes infectant à la fois les parois veineuses et l’utérus de femmes atteintes d’infections puerpérales. Des cultures lui ont permis d’apporter à scs examens des preuves certaines de confirmation.
Nous avons nous-même, en 1890, apporté un certain contingent de faits nouveaux que nous avons confirmé par des recherches ultérieures. Nous exposerons tout à l’heure le résultat de ces recherches.
Depuis cette époque, on retrouve dans des travaux divers des constatations analogues à celles que nous avons faites nous-même. M. Kiener6 a reconnu la nature infectieuse d’une phlébite tuberculeuse. Dans un cas de phlébite due à la pneumonie, Mya7 aurait retrouvé le pneumocoque par l’examen direct avec coloration, par la culture et l’inoculation. Au Congrès de l’Association pour l’avan-
1. Weigert, Die analomischèn Wegen des Tuberkelgi fies. Bcrl. Klin. Work, 1884.