‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 176 sur 223 · Thibocixt, Thèse de doctorat, Paris · texte numérisé non relu

Thibocixt, Thèse de doctorat, Paris

([uence du rétrécissement mitral pur chez les jeunes filles, eu égard a la rareté de 1 intoxication saturnine chez elles, nous parait constituer encore une sérieuse objection.

Ainsi donc, Durozicz conclut à l’individualité étiologique du 1 étrécissement mitral pur, qu’il tend à distinguer des rétrécissements plus ou moins nettement secondaires au rhumatisme, à la syphilis, à rimpaludisme, etc.

Pour nous résumer, nous voyons que peu à peu le rhumatisme tend à perdre de son importance, alors que l’on se rend mieux compte de l’existence d’une sténose pure à coté des autres variétés plus ou moins définies du rétrécissement mitral. A l’exception d un petit nombre, la majorité des médecins, sans rejeter le rhumatisme d une façon absolue, lait ses réserves. Pour notre part et contrairement aux auteurs précités, nous ne pensons pas, d’après une lecture attentive d’un grand nombre d’observations, pouvoir admettre le rhumatisme comme cause efficiente du rétrécissement mitral pur.

Saut quelques îaies exceptions appartenant a des cas qui méritent d’être révisés, le rhumatisme faisait défaut dans toutes les observations de sténose pure, ou bien, comme nous l’avons dit plus haut, il était survenu longtemps après le début de la lésion

cai diaque. Lorsque nous 1 avons trouve signale dans les antécédents du malade, il s’agissait de la maladie mitrale, ou de lésions complexes mitro-aortiques. Aussi n est-il pas douteux pour nous que le rétrécissement mitral pur, si caractéristique par ses lésions et sa sémiologie, possède au point de vue étiologique une individualité qui le distingue nettement des autres affections cardio-valvulaires. Cette opinion s’appuie sur un certain nombre de faits d’abord épars, isolés, qui aujourd’hui se multiplient à mesure que nous les recherchons, à mesure que nous interrogeons nos maîtres et que nous nous efforçons d’interpréter les rapports existant vraisemblablement entre des manifestations morbides fréquemment associées. Nous verrons tout à l’heure quelles sont ces manifestations, et sur quels arguments nous nous basons pour leur attribuer une relation étiologique. Nous tenons dès maintenant à étudier deux points ayant trait à l’époque du début du rétrécissement mitral pur et à sa fréquence toute spéciale chez la femme, étude qui se rattache par plus d’un coté à celle que nous poursuivons.

Époque du début dît rétrécissement mitral pur. — Les premières manifestations du rétrécissement mitral pur surviennent la plupart du temps à l’époque de la puberté; son développement parait coïncider avec la période durant laquelle, chez la femme, les organes génitaux subissent la transformation la plus importante. C’est donc une affection de la jeunesse, spéciale pour ainsi dire à l’organisme en voie d’évolution active; telle est du moins l’opinion la plus généralement admise. Apparait-il plus tût, apparait-il, comme le prétendent certains auteurs, et comme certaines observations, rares, il est vrai, tendraient à le prouver, durant la vie embryonnaire? Il parait difficile de se prononcer actuellement.

Du reste, avant d’admettre la congénitalité du rétrécissement mitral pur, il est utile de spécifier ce qu’il faut entendre par lésion congénitale du cœur. À vrai dire, il peut en exister de deux sortes, les unes qui sont dues à un arrêt de développement comme en témoignent les faits de Rokitansky, Rauchfuss, Gerhardt, les autres qui relèvent d’une endocardite fœtale.

Baginsky1, qui établit avec juste raison cette distinction dans la pathogénie des rétrécissements pulmonaire et tricuspidien, n’en parle pas à propos de la sténose mitrale. Les quelques observations ([ue nous avons pu recueillir plaident plutôt en faveur d’une endocardite fœtale. Pour le Dr Peacock du reste, les malformations du cœur elles-mêmes prouveraient P endocardite. Peacock rapporte à ce sujet le cas suivant mentionné par Ayrolles2.

Il s’agit d’une petite fille ayant survécu 10 jours avec de la cyanose, à l’autopsie de laquelle on trouve de l’endocardite congénitale généralisée avec oblitération de l’orifice mitral et cloisonnement de l’orifice tricuspide. L’orifice mitral, pour ainsi dire obturé, ne présentait ni les adhérences, ni les végétations récentes que l’on retrouvait sur la tricuspide.

Pour Peacock comme pour Goodhart, il s’agit d’un rétrécissement dû à une endocardite congénitale.

Sansom rapporte de son côté quelques observations de rétrécissement mitral, dû à une endocardite ayant évolué durant la vie intra-utérine, et relate même, dans certaines, l’existence à côté de la sténose de malformations congénitales. R en est ainsi de l’observation suivante rapportée par Rcnezerd Smith7’ :

1. Baginsky, Traité des maladies des enfants. Traduction française.

‘2. Ayrolles, Hcvne mensuelle des maladies de l'enfance. Mai 1883.

Page 1