Giordano, Revista clinica é terapeulica, déc
4. Landoüzy, Conf. de séméiologie [ailes à l'hôpital de la Charité.
5. R. Bonet, Th. de doctorat. Paris, de la chlorose cardiaque.
(i. Giraudeau, Arc h. de médecine, nov. 1890.
ils onl subi, dit-il, un arrêt dans leur développement, el cet arrêt, en rapport avec la lésion cardiaque, permet de penser que le système nerveux a été également influencé, traduisant par des troubles hystériques sa débilité acquise ».
Ainsi donc, cette coïncidence de la sténose mitrale et de la chlorose, aujourd’hui hors de tout conteste, est notée par de nombreux auteurs, qui s’appuient, avec juste raison, sur l’uniformité pour ainsi dire constante de la symptomatologie du rétrécissement mitral pur.
Cette symptomatologie est assez connue pour qu’il ne soit point nécessaire d'y insister. 11 suffit de nous rappeler l’aspect général de ces jeunes filles au teint décoloré, à la respiration courte, facilement palpitantes, et qui, sujettes aux ménorrhagies, à la dysménorrhée, à l’aménorrhée, présentent souvent une irritabilité nerveuse spéciale (type chlorotique de Landouzy). Certaines d’entre elles sont atteintes de troubles dyspeptiques, souvent intenses (type dyspeptique), d’autres possèdent une sorte de prédisposition aux bronchites répétées, se manifestant parfois même par des hémoptysies (type dit pseudo-tuberculeux).
Les opinions diffèrent lorsqu’il s’agit d’expliquer les rapports de ces maladies, d’établir la filiation qui peut exister entre la lésion du cœur et cette chlorose ou ce lymphatisme. Est-ce un simple fait de coïncidence? Est-il possible de subordonner l’une à l’autre de ces affections? ou bien est-il plus vraisemblable de considérer le rétrécissement mitral pur et la chlorose comme les deux chaînons d’une même chaîne? Les avis sont actuellement partagés.
Pour Germain Sée il s’agit d’une chlorose cardiaque.
Pour Hardy, Magé, le rétrécissement mitral pur est à rapprocher des rétrécissements artériels des chlorotiques : le premier comme les seconds se rencontreraient, au même titre dans la chlorose, sans que ces auteurs puissent, il est vrai, expliquer le pourquoi de cette relation.
A notre avis, il faut remonter plus haut pour découvrir la filiation.
De même que l’on a trouvé dans l’étude clinique du rétrécissement mitral pur la preuve nette, précise de l’existence de la chlorose, du lymphatisme, de même peut-être sera-t-il possible de retrouver dans les antécédents personnels ou héréditaires des malades porteurs d’un rétrécissement mitral pur ou dans l’étude pathogénique du
lymphatisme et de la chlorose, l’explication des rapports existant assurément entre ces deux ordres de lésions.
Or, ces antécédents sont des plus caractéristiques, et il suffit de s’en rapporter aux observations que nous publions à la fin de ce mémoire pour comprendre la valeur des renseignements qu’il nous donne. L’histoire de ces antécédents varie peu en effet. Toujours, ou presque toujours il s’agit de jeunes filles ou de jeunes garçons issus de souche tuberculeuse , qui ont conservé de leur enfance des traces persistantes de lymphatisme et qui, comme nous venons de le voir, durant une adolescence chétive, sont devenues chlorotiques, où sont restés en suspicion de tuberculose. Dans certains cas même l’hérédité est encore plus intéressante à étudier. Telle, entre autres, l’observation que nous a communiquée le professeur Potain, d’une femme tuberculeuse, donnant naissance à deux enfants dont l’un devient tuberculeux et dont l’autre, d’abord suspect de tuberculose, évolue vers un rétrécissement mitral pur aujourd’hui parfaitement constitué.
De là à établir les rapports delà tuberculose et. du rétrécissement mitral pur, il n’y a qu’un pas qu’il nous parait légitime de franchir. En présence de ces faits cliniques indiscutables, nous sommes en droit de nous demander si le rétrécissement mitral pur, si différent des autres cardiopathies, si caractéristique dans son évolution, n’emprunte justement ces caractères particuliers à la cause dont il relève; nous sommes en droit de nous demander si le rétrécissement mitral pur n’est pas une manifestation directe, ou plus ou moins indirecte de la tuberculose. Celte idée, soutenue accessoirement par le professeur Tripier et émise par le professeur Potain, est celle que nous croyons devoir défendre, avec certaines modifications. Certes, elle devait paraître osée même de nos jours où les rapports de la tuberculose et des affections du cœur longtemps passés sous silence ne sont pas encore admis sans conteste.
Les faits rapportés par le professeur Potain, ceux que nous avons pu recueillir personnellement, ou qui nous ont été obligeamment communiqués, les rapprochements que nous avons pu établir entre certaines observations citées dans plusieurs mémoires à titre de curiosité clinique, nous apportent une aide puissante susceptible de favoriser l’acceptation de cette idée.