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DE LA CM A IUTÉ

et sans la laver; ou voit alors si elle présente ou non à sa surface de petites végétations, des bourrelets infiltrés de sels calcaires, des pertes de substance, des anévrysmes valvulaires, etc. Il va de soi que dans le cas de petites végétations, rouges, opaques, framboisées, irrégulières en surface, on s’abstient d’y toucher ou d’y faire passer un courant d’eau parce qu’il suffit quelquefois du frottement le plus faible pour détacher une végétation friable d’endocardite récente et produire alors une endocardite ulcéreuse artificielle.

La valvule mitrale ayant été vue, on détache l’aorte de l’artère pulmonaire que l’on rabat en avant et en bas et on incise l’aorte au niveau de sa concavité jusqu’à un demi-centimètre environ des sigmoïdes. Ces sigmoïdes sont examinées comme la mitrale.

Le bord droit de l’oreillette droite est ensuite incisé par la veine cave inférieure jusqu’au cercle d’insertion de la tricuspide et on regarde celte valvule.

L’artère pulmonaire est sectionnée longitudinalement au niveau de sa face antérieure jusqu'à un demi-centimètre des sigmoïdes, et on l’examine.

Toutes les valvules ayant été vues, on sait parfaitement s’il est permis de les arroser d’eau, et on les soumet alors à l’épreuve de l’eau.

Pour les sigmoïdes aortiques et pulmonaires, cette opération se fait de la manière suivante :

Le cœur étant soutenu dans une main, l’autre main entr’ouvrant le vaisseau, les sigmoïdes sont placées sous un mince lilet d’eau qui les remplit, et on s’assure de visu de leur fonctionnement; on regarde si elles s’appliquent rigoureusement les unes contre les autres par leurs bords libres. Vidant ensuite le cœur, on recommence l’opération jusqu’à ce qu’on soit sûr du résultat, positif ou négatif.

Poui- la mitrale, on agit autrement. L’aorte étant pincée entre l’index et le médius de la main gauche dont la paume soutient la masse ventriculaire, la face supérieure de la mitrale est placée sous un fdet d’eau qui remplit le ventricule puis l’oreillette. La main droite comprimant alors le ventricule gauche et remplaçant grossièrement sa contraction, l’eau est chassée violemment à travers la valvule. Du sang s’en échappe, puis des caillots, puis de l’eau teintée de rose.

Lorsque la plupart des caillots ont été entraînés par le coulant (1 eau, on voit les valves de la mitrale se rejoindre par leur bord libre, l'orifice étant exactement fermé. On peut augmenter beaucoup la picssion; rien ne passe si les valves ne sont pas altérées.

Dans le cas d insuffisance, l’eau s’échappe par un ou plusieurs peituis, et 1 on examine alors les points rétractés épaissis, les soudures anormales, les pertes de substance des valves.

C’est là la manière la plus simple deprocéder à l’opération; mais lorsqu il s’agit d’expériences plus précises, on emploie naturellement un appareil d’injection muni d’un manomètre. Le ventricule est alors rempli par l’aorte liée sur un tube pénétrant dans le ventricule entre les sigmoïdes.

Il faut savoir que dans certains cas. ainsi que le fait observer M. le professeur Potain, une pression brusque et forte de 14 centimètres de mercure environ est nécessaire pour que les valves de la mitrale épaissies et rigides se rejoignent et ferment complètement l’ouverture.

L’artère pulmonaire étant pincée entre l’index et le médius de la main gauche, la tricuspide est soumise, comme la mitrale, à l'épreuve de l’eau, mais il faut avoir soin de bien débarrasser' le ventricule droit de ses caillots avant de se prononcer.

On sait, suivant la remarque de M. le professeur Potain, que dans certains cas l’insuffisance de la tricuspide tient à la dilatation de son cercle d’insertion. Il suffit alors de rétrécir ce cercle d’insertion en comprimant la base du cœur avec les doigts et h' pouce de la main droite pour que l’épreuve de l’eau soit positive. Il vaut mieux confier cette besogne à un aide qui, employant ses deux mains, rendra l’opération plus facile1.

A l’épreuve de l’eau succède naturellement la mensuration des orifices.

La mitrale normale d’un adulte laisse passer l’index et le médius d’une main moyenne, la tricuspide, l’index, le médius et l’annulaire; mais ces mesures sont trop grossières et ne sont bonnes que dans le cas d’absence de lésions.

Pour avoir des mensurations exactes, on se sert des cônes en buis gradués construits sur les indications de M. le professeur

1. Les mains d’un aide peuvent être utilisées dans ce cas parce que ni l’opérateur ni l'aide ne tiennent d’instrument tranchant. mpuaiem ni

Dotain. Ces cônes permettent de mesurer, non seulement le périmètre de l’orifice laissé libre entre les valves, mais encore la circonférence de leur cercle d’insertion. On aura, par exemple, dans un rétrécissement mitral n millimètres pour l’oritice de la valvule et n- \-x millimètres pour le cercle d’insertion de cette valvule. Cette observation s’applique aussi au rétrécissement de l’orifice aortique.

Les mensurations terminées, on prolonge les incisions indiquées plus haut jusqu’à la pointe du cœur : l’incision du bord gauche d’abord; puis celle de l’aorte qui longe alors la cloison interventriculaire en passant sans les intéresser entre deux sigmoïdes, enfin celle du bord droit et celle de l’artère pulmonaire. Cette dernière est prolongée comme celle de l’aorte le long de la cloison

interventriculaire entre deux sigmoïdes.

Pour les lésions de l’orifice mitral, on termine l’incision aortique en premier, puis on commence l’incision du bord par la pointe en l’arrêtant au-dessous du cercle d’insertion de la mitrale. La valvule est ainsi ménagée et peut être étudiée par la face supérieure et par sa face inférieure.

Les lésions de la valvule tricuspide sont ménagées de la même manière. Celles des orifices aortiques et pulmonaires sont conservées intactes par un procédé analogue en réunissant les deux extrémités des incisions des bords gauche ou droit et en arrêtant à l’aorte ou à l’artère pulmonaire les sections longeant la cloison et commencées alors à la pointe.

Dans l’une et l’autre méthode les incisions sont les mêmes. Elles ont pour ainsi dire un lieu d’élection reconnu par tous les anatomistes; elles limitent des façons de volets qui, rabattus d’un coté, déploient les valvules auriculo-ventriculaires, rabattus du coté opposé, les sigmoïdes aortiques ou pulmonaires. On peut ainsi voir toutes les particularités que présente l’endocarde, examiner l’aorte à sa naissance, les orifices des coronaires, l’état des parois des ventricules et des oreillettes, l’épaisseur des cloisons, le trou de Dotal, etc.

On termine par la pesée de l’organe s’il y a lieu.

Le cœur est enlevé après les poumons lorsque l’on veut le conserver attenant à l’aorte ,dans certains anévrysmes de la crosse aortique et dans les aortites chroniques avec lésions des sigmoïdes. Dans ces cas, h; poumon gauche et le poumon droit sont sectionnés

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au ras de leur pédicule : le cœur et l'aorte thoracique sont détachés avec les branches de ce vaisseau; la trachée et l’œsophage sont sectionnés; puis, l’aorte abdominale elle-même avec l’aorte thoracique est séparée par des incisions latérales et enlevée avec ses deux branches de bifurcation.

L’examen du cœur terminé, on détache le poumon gauche, en sectionnant simplement son hile si le poumon est libre dans la cavité pleurale, en décollant la plèvre pariétale, comme il a été dit plus haut, s’il y a des adhérences. On le place sur la planchette à découper, sa face interne reposant sur le bois. Sa surface ayant été bien examinée à l’œil et au doigt au point de vue des infarctus des noyaux superficiels d’apoplexie, des tubercules, des cavernes, etc., on y fait une première coupe suivant son bord postérieur et comprenant tout l’organe, le plan de la coupe étant perpendiculaire à celui de la table supposé horizontal.

Cette coupe se termine près du bile et ne divise pas complètement l’organe, de sorte que les deux moitiés du poumon restent reliées l’une à l’autre. Deux autres sections sont ensuite pratiquées suivant un plan perpendiculaire au premier et divisant longitudinalement chaque moitié du viscère. Le poumon est ainsi ouvert en éventail et déployé pour ainsi dire sans qu’aucune de ses parties soit enlevée. Toutes ces coupes sont faites d’une tenue sans appuyer sur le dos de la lame du couteau1.

11 peut être intéressant dans certains cas (pneumonies, etc.) de savoir quelles sont les parties du poumon qui renferment encore de l’air. Pour faire cette constatation, on plonge, avant de le diviser, le poumon tout entier dans un seau d’eau, et par la position qu’il prend dans le liquide, on juge du poids de ses différentes parties; on peut répéter la même opération sur des fragments de l’organe, après qu’on l’a divisé.

Les bronches sont ensuite incisées longitudinalement avec des ciseaux ou avec le bronchiotome d’Axenfcld, puis l'artère pulmonaire et les veines pulmonaires ainsi que leurs branches. Les ganglions bronchiques sont divisés et examinés.

Le poumon droit est traité comme le poumon gauche.

Il va de soi que quand, à l’examen de la surface du poumon,

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