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P OTAI N. — DU CHOC DE LA POINTE DU CŒUR

du degré d’énergie des systoles ventriculaires et n’en saurait donner la mesure.

L’amplitude de la propulsion et la force du choc ou ébranlement se rapportent à des conditions différentes, tant de l’état du cœur que de la circulation.

La propulsion peut être exclusivement présystolique, ou présystolique au début et systolique à la fin chacune de ces deux phases occupant un espace variable.

On distingue la partie présystolique de la propulsion en ceci qu’elle précède le premier bruit constitué par le claquement valvulaire mitral et tricuspidien.

11 faut se garder de confondre le premier bruit d’origine valvulaire avec le bruit de tension ventriculaire qui le précède plus ou moins et qui peut constituer une variété de galop, ou se substituer en quelque sorte au bruit valvulaire tout en le devançant notablement, quand celui-ci est assez affaibli pour se laisser méconnaître.

Le premier bruit valvulaire peut s’affaiblir sans que l’énergie des systoles ventriculaires ait diminué; et cela par le fait seul de la distension des ventricules, alors que cette distension résulte de causes tout autres que f affaiblissement des parois cardiaques.

L'intensité du premier bruit valvulaire peut s’exagérer indépendamment de toute augmentation de la force des systoles et par le fait seul d’une diminution du volume de fondée sanguine venant de l’oreillette, ou d’une anticipation du début de la systole ventriculaire. Ceci explique son intensité exceptionnelle dans les cas d’anémie profonde ou de précipitation excessive des battements du cœur.

Ces considérations font aisément comprendre le désaccord si fréquemment constaté entre la force du pouls et l’énergie apparente des battements du cœur.

La force avec laquelle la pointe peut être propulsée pendant la présystole est la cause de certains bruits de froissement cardiopulmonaires qui occupent dans le rythme cardiaque la même place que le roulement présystolique du rétrécissement mitral, qui ont parfois un timbre fort analogue au sien, et en doivent être soigneusement distingués cependant puisqu’ils ont une signification ‘toute différente.

La partie dite présystolique du souffle qui accompagne le rétrécissement mitral, bien qu’elle coïncide réellement avec la propulsion

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de la pointe, précède néanmoins le début de la systole du ventricule. Elle est produite par le rétrécissement lui-même et ne suppose aucune insuffisance valvulaire concomitante. L’opinion émise à cet égard par Dickinson est certainement inexacte.

L interprétation du choc de la pointe exposée dans ce travail rend ainsi compte d’un bon nombre de faits mal expliqués qui ont embarrassé souvent la sémiologie cardiaque.

Il y avait donc intérêt à élucider cette question et à lui donner une solution définitive, même au prix d’un travail fort aride et d'efforts assez laborieux.

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