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Arythmie digitalinhjue caractérisée par

des groupes de systoles rapprochées et combinées à des intermittences du cœur. Synchronisme des deux ventricules.

Pression clans le ventricule gauche {P. v. g.) et dans le ventricule droit (P. v. d.) \ tracés superposés montrant des groupes de systoles rapprochées, encore efficaces, revenant isolément (S. r.), par deux (2 S. ?•.), par trois (5 S. r.) avec intermittences intercalées (/. /.).

sur un chien empoisonné avec 4 milligrammes de digitaline Mialliel‘elit et soumis à l’exploration des pressions ventriculaires droite et gauche. On y voit deux groupes de 5 systoles, un groupe de '2 systoles rapprochées et, s’intercalant dans la série, quelques systoles anticipées, redoublées (s. n.). Peut-être serait-il plus conforme aux faits de définir autrement le type d’arythmie dont il s agit, et de ne voir, dans ces groupes de systoles rapprochées, que des systoles revenant aux intervalles normaux, mais formant des groupes séparés les uns des autres par des intermittences (1. 1). Cependant l’habitude est trop bien prise dans le langage clinique, surtout quand il s’agit de digitale, pour présenter ce type sous une autre forme : ces groupes de systoles correspondent, comme le montre la figure 6 (Exp. du 5 juillet 1891, chien

Fig. fi. — Fou

U gemme norlique et. pulmonaire produit par la digitaline.

Pressions dans la carotide (Cr. Ca ) et dans l'artère pulmonaire (Pr. A. p.) inscrites simultanément et montrant dillérents types de pouls géminé (2), bigéminé (5), trigéminé (A) produits par des systoles ventriculaires droites et gauches rapprochées, encore efficaces et synchrones.

de 17 kilos empoisonné avec 9 milligrammes de digitaline Adrian). au pouls géminé, bigéminé, trigéminé, bien connu des médecins, surtout depuis les descriptions de Lorain. La même figure 6 montre le fait qui nous occupe davantage, «à savoir le synchronisme de ces groupes de pulsations dans la carotide et dans l’artère pulmonaire, en d’autres termes, le synchronisme des ventricules gauche et droit.

c2° Les systoles ventriculaires redoublées , caractérisées au point de vue du fonctionnement cardiaque par l’anticipation systolique sans pause diastolique suffisante, et, au point de vue de la circulation artérielle, par le défaut plus ou moins complet d’ondée sanguine, se présentent (ftg. 7) ou bien à l’état isolé, ou bien à l’état répété : un simple coup d’œil sur la figure ci-jointe montrera que, quelle que soit leur variété, ces systoles redoublées se produisent exactement de même dans les deux ventricules.

5° Le type de systoles anticipées répétées conduit au type des.

systoles anticipées en séries plus ou moins nombreuses, dans lequel les ventricules se contractant avec une grande précipitation, sans

l'ig-. 7. — Arythmie digitalinique caractérisée par des systoles redoublées, plus ou moins complètement avortées et simples ou doubles, toujours synchrones dans les deux ventricules.

Pression ventriculaire gauche (ligne supérieure) et ventriculaire droiLe (ligne inférieure) (voy. fig. o.). — N° 1. Cne seule systole redoublée (1 S. r.) survenant au milieu d’une série de systoles régulières, actives. — X° 2. Systoles redoublées uniques (1 S. r.) en couple (2 S. r.), s’ellecluant à un niveau variable de la phase de relâchement et annonçant une tendance vers l’état demitétanique des deux ventricules (voy. /i<j. 8).

intervalles diastoliques suffisants, restent en état demi-tétanique, comme le ferait un muscle strié soumis à des excitations dissociées qui produiraient un tétanos à secousses incomplètement fusionnées.

J’ai vu de nombreux exemples de ce genre dans mes anciennes expériences sur l’action cardiaque du chloral (C. R. Lab. Marey, 1877), et les expériences plus récentes sur les accidents de ladigi-

l-'ig. 8. — Arythmie digitalinique caractérisée par des accès demi-tétaniques synchrones

dans les deux ventricules.

Pressions ventriculaires droites ( Pr . v. cl.) inscrites en même temps que les variations de la pression ventriculaire gauche (Pr. v. g.). La partie A montre une série de systoles avortées, au nombre de 10 dans chaque ventricule, et la série h correspond à un accès beaucoup plus prolongé de demi tétanos des deux ventricules avec 45 secousses systoliques de part et d’autre.

taline m’en ont fourni de nouveaux types. La figure 8, empruntée à mie expérience du 15 novembre 1891 , sur un chien empoisonné avec

5 cl 6 milligrammes de la digitoxine si puissante de Merck montre deux groupes de ces systoles anticipées en série. On en emmptc 10 dans le premier groupe (A) et 45 dans le second groupe (11) : le comptage établit le synchronisme de ces troubles dans le ventricule gauche et dans le ventricule droit. On peut remarquer, dans les courbes ci-jointes fournies par des appareils manornétriqucs élastiques, à indications rapides, sans inertie (sondes cardiaques à ampoules), que les maxima de ces systoles redoublées n atteignent pas la ligne des sommets systoliques normaux, surtout dans le ventricule droit : le tétanos cardiaque, en effet, est incomplet, chaque ventricule ne donnant pas, pendant cette période, le maximum d’effort dont il est capable. C’est dans ces séries d’accidents qu’on obtient la chute de la pression artérielle par défaut d’alimentation, tout comme si le cœur était arrêté en diastole. J’ai observé, il y a quelques années, un cas de ce genre chez une jeune femme, morte très rapidement d’un rétrécissement mitral, sans doute par production de caillots cardiaques (L.X..., domestique chez le docteur J.) : de temps en temps, le pouls carotidien disparaissait complètement, le cœur donnant des battements tumultueux sans claquements valvulaires au 2e temps.

4U Les intermittences complètes du cœur, qui font souvent suite aux systoles redoublées comme dans les cas d’excitation directe du myocarde, peuvent aussi se produire isolément. La figure 9

lig. 9. Arythmie digitalinique caractérisée par des intermittences complètes du cœur

synchrones dans les deux ventricules.

I ression ventriculaire droite (ligne supérieure), pression ventriculaire gauche (ligne inférieure), avec intermittences I. I. revenant irrégulièrement après avoir été ou non précédées de groupes de systoles rapprochées. Les accidents OOO de la ligne diastolique sont dus au retentissement de systoles d’oreillettes et non à des avortements de systoles ventriculaires (chocs diastoliques).

fournit des spécimens de ces deux variétés (Exp. du Tt juillet 1891. sur un chien empoisonné avec 5 milligrammes de digitaline Mialhe). On voit aisément que, dans ce cas encore, les deux ventricules subissent avec un rigoureux synchronisme l’accident diastolique.

FRANÇOIS-FRANCK. — ACTION DE LA DIGITALINE

loul comme ils subissaient tout à l’heure les troubles systoliques.

Un détail de ces courbes pourrait prêter a interprétation erronée et doit être signalé ici : on constate que, pendant la pause prolongée qui constitue l’intermittence, (le légers soulèvements diastoliques ( o.n.o .) se produisent, comme s’il s’agissait de tentatives

ébauchées et inefficaces de systoles ventriculaires, aussi bien à droite qu’à gauche. Ce sont de simples retentissements des systoles des oreillettes qui continuent à se contracter, comme le montre la

Fig. 10. — Alaxie bi-ventriculaire avec chocs diastoliques synchrones pendant les intermittences.

Pulsation ventriculaire droite (P. v. d.) et pulsation ventriculaire gauche (P. v. g.) pendant une période d’arythmie. Les sursauts diastoliques 00 qui se produisent pendant les intermittences ventriculaires sont dus au retentissement des systoles auriculaires (volume de l’oreilletle droite (K. o. d.), volume de l’oreillette gauche (V. o. g.). Les oreillettes donnent, en ettet, une ou deux systoles pendant chaque intermittence ventriculaire.

figure 10, fournie par une expérience du 5 août 1892 et dans laquelle j’ai inscrit, en meme temps que les courbes ventriculaires, celles des changements de volume des oreillettes droite et gauche. On constate que les systoles auriculaires o o retentissent dans les cavités ventriculaires et produisent des chocs diastoliques, sur lcs- <|uels j’ai insisté dans l’étude des actions nerveuses cardio-modératrices [Arch. phys. 1890-92).

5° De meme que les systoles anticipées se réunissent souvent en séries (voy. n° 5), les systoles retardées [intermittences du cœur) se

groupent également à une période avancée de l’intoxication digita- Imique et s’intercalent ainsi, en formant des séries, entre deux

. 11. Arythmie caractérisée par des séries de systoles retardées (iTtërmîttên^s synchrones) intercalées entre deux séries de systoles fréquentes.

Pression ventriculaire gauche (Pr.v.g.) et pression ventriculaire droite (Pr.v.d.) avec une sérié de systoles retardées (intermittences) régulièrement espacées (partie A) et plusieurs séries i inlei nnttences complétés associées à des systoles rapprochées et à des systoles redoublées (B.).

périodes de systoles fréquentes : c’est ce que nous montre la ligure 11 empruntée à la même expérience que la figure 9. On peut

lig. 12. Série d intermittences du pouls aortique et pulmonaire synchrones

de part et d’autre.

Pouls carotidien (P. car.) et pouls de l’artère pulmonaire (P. a. p.) inscrits avec deux sphygmoscopes : la période de ralentissement intercalée entre les deux phases de pulsations fréquentes est commune aux deux vaisseaux, et par suite aux deux ventricules, comme le montre l’inscription simultanée des pulsations ventriculaires droites (P. v. d.)

noter, comme dans la portion A de cette figure, que la série d'intermittences peut être assez prolongée, sans aucune autre irrégularité

FRANÇOIS-FRANCK. — ACTION DK LA DIGITALINE. ;>l>»

„ -ttane, sans systoles redoublées, et que parfois aussi une ou leux systoles avortées ou simplement rapprochées viennent s assoler aux intermittences pures ( partie B. fxj- H).

Ces séries de systoles retardées sont, comme toutes les autres variétés d’arythmie, communes aux deux ventricules : la figure l’établit d’une façon très évidente; on a, dans la figure 12 (experience du 8 janvier 1892 : chien empoisonné par 10 milligrammes de di*n toxine Merck), une autre démonstration du meme fait. Ici, on explorait comparativement la pression artérielle dans la caiotide et dans l’artère pulmonaire, avec des sphygmoscopcs, ainsi que la pulsation extérieure du ventricule droit; il est clair que la orande période de ralentissement, intercalée entre les deux phases de systoles fréquentes, a également porté sur le ventricule gauche et sur le ventricule droit; les pulsations carotidiennes et pulmonaires se sont ralenties au même degré et le ventricule droit n a

pas donné la moindre systole supplémentaire.

11 semble dès lors inévitable d’admettre le synchronisme absolu des deux ventricules dans toutes les formes que peut revêtir l’arythmie digitalinique. Un fait aussi évident devrait pouvoir se passer de commentaires; il faudra pourtant y revenir en discutant les raisons qui, dans ce cas comme dans celui d’autres variétés d’arythmie, ont pu faire admettre l’hypothèse de l’hémisyslolie.

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