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rigoureusement synchrone dans les deux ventricules : la fréquence des systoles augmente de 150 à 240, pendant un temps qui dépasse Plus de cinq fois la durée de l’excitation; ces systoles accélérées sont inégales, un grand nombre sont avortées et celles-ci se reproduisent parallèlement dans les deux ventricules; puis intervient la phase de repos cardiaque avec reprise brusque des systoles auriculaires espacées et ralentissement synchrone des deux ventricules {ex p. du 12 août 1891).
L’état de tachycardie arythmique bi-ventriculaire se retrouve, avec le meme caractère de synchronisme et la même synergie, dans l’exploration de contrôle qu’on pratique avec l’examen manométrique intra-ventriculaire : la figure 81 (exp. du 11 novembre 1891) établit à nouveau le fait déjà démontré par l’inscription simultanée des pulsations. On y voit la fréquence passer de 194 (chien à tempéi citui e c lever, o9 ,5) a 252, a la suite d une excitation induite auriculaire gauche, ayant duré à peine 8 dixièmes de seconde et
très faible; cette tachycardie est arythmique de part et d’autre et I on constate que les systoles redoublées, avortées, sont exactement
synchrones. Le synchronisme se poursuit dans la période de réparation où le cœur revient à la fréquence 190. Si, à ce moment, la synergie n’est que relative entre les deux ventricules, c’est-à-dire si le ventricule gauche déploie un effort systolique évidemment plus grand, c’est que l’alimentation pulmonaire se trouve exagérée quand le cœur arythmique reprend son activité : le ventricule gauche doit alors fournir un travail plus grand, ayant à recevoir et à émettre une quantité de sang exagérée. De ce fait, nous avons la preuve dans les expériences, comme celle que représente la figure 78, où l’on observe une énorme surcharge de l’oreillette gauche sous 1 influence des troubles arythmiques provoqués par l’excitation auriculaire.
Faut-il maintenant insister à nouveau sur la raison qui rend aussi peu concordant avec les systoles ventriculaires le pouls d’une artère aortique, môme très voisine du cœur, du tronc brachio-céphalique, dans l’expérience du 22 août 1890, dont la figure 82 fournit un spécimen? Nous constatons ici que les ventricules, synchrones comme toujours, donnaient normalement 150 systoles et 150 pulsations artérielles aortiques ; puis que, sous l’influence d’une très faible excitation induite de l’auricule gauche, cette fréquence a passé, dans les 10 premières secondes, à 255 pulsations cardiaques,
FRANÇOIS-FRANCK
— ACTION UE LA DIGITALINE
encore synchrones, n’ayant plus pour leur correspondre que 135 pulsations artérielles; dans les JO dernières secondes de cet
Fig. 82. — Synchronisme des deux ventricules rendus arythmiques par l’excitation localisée de l’oreillette gauche.
l'enclant l’état de tachycardie arythmique produit par l’excitation EE de l’oreillette gauche, le* pulsations aortiques (Pr. tronc bvachio-céphalique) qui étaient normalement de 140 comme les systoles ventriculaires droites (Pr. V. cl.) et gauches (Pr. V. g.), ne sont plus que de 155, les ventricules donnant l’un et l’autre 255 systoles; à une phase plus avancée de 1 arythmie persistante, on ne compte que 152 pulsations carotidiennes pour 500 pulsations des deux ventricules. Le parallélisme réparait quand cesse l’arythmie (140 pulsations artérielles et ventriculaires). Le défaut de synchronisme n’est qu’apparent et résulte de l’avortement d un grand nombre de systoles ventriculaires ( voy . fig. 79 et détails dans le texte).
état tachycardique et arythmique prolongé, les ventricules battant 500 fois par minute, on ne comptait plus que 152 pulsations brachiocéphaliques, réduction plus grande encore. Ce désaccord, nous en connaissons la raison : il provient du nombre considérable de systoles avortées, intercalées entre des systoles actives pendant l’ataxie avec demi-tétanos des deux ventricules; il suffit de se reporter à la figure 79 pour prendre une idée du défaut de concordance qui s’est certainement produit ici encore entre le pouls de l’aorte et celui de l’artère pulmonaire, sans que pour cela les ventricules gauche et droit aient cessé un instant d’être synchrones, tout en subissant une asynergie relative.
Ces exemples rendent familières toutes les formes d arythmie et nous permettront de mieux interpréter l’arythmie des excitations
clinique medicale de la ch a dite
St ?“ ':enü'!fulcs’ «le* Usions organiques .1.. cœur. H ■ t de saisir I assimilation qui existe entre l’état arythmique denu-tetamque des ventric ules surexcités par un poison et par „„r ii i i talion traumatique ou électrique de telle ou telle région du cœur
§ 3. E’état des ventricules accélérés et arythmiques consiste essentiellement en une tétanisation incomplète à secousses dissociées
Ce lait n a pas été mis spécialement en relief dans l’analyse nui précédé, consacrée surtout à l’étude de l’action bilatérale des excitations auriculaires : il faut l’établir d’une façon précise, car bientôt nous aurons a 1 invoquer à propos du mécanisme de l’action cardiaque des poisons et des excitations soit des nerfs, soit du myocarde.
Rien n’est plus simple (pic de fournir la démonstration de l étal tétanique dissocié des ventricules sous l’injuence des excitations auriculaires : il faut appliquer au cœur les mêmes procédés d’exploration qu’à un muscle strié ordinaire et inscrire scs variations de consistance : un explorateur exerçant à la surface du myocarde une egere contre-pression sera, comme sur un corps charnu quelconque soulevé en permanence à un niveau plus ou moins élevé au-dessus de 1 abscisse, si le myocarde s’est contracturé, qu’il le soit d’une taçon parfaite (secousses fusionnées) ou d’une façon incomplète (secousses dissociées); quand la décontraction s’opérera, le myocarde, devenant plus flasque, cédera à la contre-pression de l’explorateur et celui-ci fournira des courbes descendant vers l’abscisse. L est le cas représenté dans la figure 85 (exp. du 4 avril 1890) où l’on voit, plus nettement que dans les autres figures, l’état tétanique ventriculaire et la décontraction du myocarde. Le même résultat esl
obtenu par l’exploration de la pression à l’intérieur des ventricules (voy. fîg. 84).
§ 4. Effets tétaniques bi-vcntriculaircs transitoires produits par l'irritation traumatique directe des ventricules.
On peut substituer aux excitations électriques ventriculaires (qui offrent toujours le plus grand danger sur des cœurs normaux) des excitations traumatiques, beaucoup moins sujettes à tuer
ACTION DK LA DIGITALINE
F R A NÇ 01 S- F R A N C K. — le cœur ci provoquant tout aussi bien ce tétanos ventriculaire
dissocié qu’il y a intérêt à comparer à l’accès tétanique produit par la digitaline.
Une simple démonstration au moyen de deux figures comparatives suffira à établir le fait : ces spécimens nous sont fournis par
une expérience du 22 août J 890 dans laquelle on a irrité mécaniquement, au moyen d’une simple pression extérieurement exercée à leur surface, une fois la paroi du ventricule gauche 1 ’ f’O- S*)- l’autre fois la paroi du ventricule droit (n° 2). Le chien avait subi l’action d’une forte dose d’atropine (7 millier pour 19 hilos) et toute action cardio-modératrice centrifuge ou
Fig. 84. — Effets tétanisants incomplets produits sur les deux ventricules par l’excitation mécanique localisée à un seul.
L excitation mécanique par pression limitée à la paroi du ventricule gauche (n° 1) ou à celle du ventricule droit jn" 2) provoque une arythmie ventriculaire semblable avec demi-tétanos (tneme type qiie fig. 8o), pendant laquelle de nombreuses systoles avortées ventriculaires (Pr. K.ri ) ne retentissent pas dans le tronc artériel brachio-céphalique [Pr.A. Br. C.). Les oreillettes (\oi. U. cl.) ne subissent pas l’effet arythmique de ces excitations et conservent l’égalité et la puissance de leurs systoles.
mtra-cardiaque était supprimée; le cœur, d’autre part, avait été isolé des centres toni-accélérateurs par la section de tous les filets du sympathique. On peut donc admettre, pour ces raisons déjà et aussi a cause de la forme même du tétanos, que le phénomène qui s’est produit est d’origine myocardique, non nerveuse.
On voit le tétanos ventriculaire s’accuser dans les deux cas par la pression soutenue exercée sur la sonde intra-cardiaque, les niveaux des secousses systoliques s’inscrivant plus haut que les
FRANÇOIS-FRANCK. — ACTION DE LA DIGITALINE. 711 maxima normaux et le ventricule ne se décontractant pas à fond entre deux systoles successives.
La mème excitation qui met le ventricule en état demi-tétanique ‘i o'it sur les oreillettes pour renforcer leur action systolique sans y déterminer de tétanos. Elle produit un grand nombre de troubles circulatoires artériels qui sont dus à 1 avortement d une grande