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Méheux, Des récidives de phlébite. Th. Paris

2. Girardot, Contribution à l' élude de la phlegmatia puerpérale. Thèse de Paris, 1875.

différence à établir entre la phlébite mécanique, par rupture, ou aseptique des varices, et la phlébite infectieuse qui les peut affecter. L’évolution est toute différente. La première présente son maximum de fréquence chez les femmes enceintes, mais elle peut se produire chez les variqueux de tout ordre : le professeur Terrier a vu un tuberculeux ancien, en puissance de poussée aiguë, se donner, en montant dans son lit, un coup de fouet avec rupture de varices et épanchement sanguin très abondant; la guérison de cet accident fut rapide1. D’autre part, on voit certains malades porteurs de varices qui présentent une susceptibilité tout à fait spéciale à l'inflammation de leurs varices sous l’influence des maladies infectieuses. On trouve, dans la thèse de Maydieu* et dans l’article de Broca auquel nous avons fait allusion, des cas où une maladie banale, un simple embarras gastrique, a suffi à déterminer une poussée nouvelle de phlébite chez un malade atteint de varices et ayant déjà présenté des complications inflammatoires. Les récidives sont d’ailleurs plus fréquentes encore lorsque la présence d’abcès du membre, d’ulcères variqueux surtout, vient faciliter l’introduction des germes extérieurs et leur implantation sur des veines peu aptes à la résistance.

La question de la récidive des phlébites chez les variqueux n’est pas toujours susceptible d’une solution catégorique, car très fré quemment les variqueux sont également goutteux et il est parfois difficile de distinguer ce qui appartient à la maladie générale de ce qui dépend exclusivement de la lésion locale.

La goutte est si fréquemment la cause visible ou non des récidives phlébitiques, qu’il faut toujours la soupçonner lorsqu’on voit survenir chez un sujet, à trois ou quatre reprises, une phlébite dont on ne connaît pas la cause. Nous aurons à étudier plus au long cette question de la phlébite goutteuse, nous décrirons ses caractères cliniques si spéciaux, cela nous dispense donc d’insister pour le moment sur ce sujet. Mais il faut se souvenir que les récidives sont ici presque la règle; un goutteux qui a été une fois atteint de phlébite, en souffrira à nouveau et presque à coup sûr ultérieurement, et la récidive présentera des caractères identiques à la première attaque, c’est-à-dire : tendance à n’envahir que les veines superficielles, mais à en affecter plusieurs, soit simultané-

1. A. Broca, Études cliniques sur la phlébite variqueuse. Revue de Chirurgie, 1888.

2. Maydieu, De l’inflammation des varices. Thèse de Paris, 1881.

VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES, ment, soit successivement; tendance également à n’occuper que des segments peu étendus sur les veines enflammées. Parfois, les récidives évolueront concurremment avec un attaque de goutte franche (Paget1), tantôt elles alterneront soit avec des poussées de goutte articulaire, soit avec des crises de coliques néphrétiques, tantôt enfin elles légitimeront à elles seules la réalité du processus goutteux. C’est ainsi que Tuckwell 2 vit un malade, fils de goutteux avéré, ne présenter, comme seule manifestation de son hérédité, que des phlébites récidivantes dont la nature goutteuse était impossible à méconnaître.

11 y a une autre particularité intéressante à relever, relativement à ce qui concerne les phlébites goutteuses, c’est que les récidives augmentent considérablement la gravité de la phlébite chez les goutteux. Si l’on en croit Yiccaji 3, la phlébite goutteuse serait assez bénigne; trop fréquemment cependant, lorsque ces phlébites ont une tendance fâcheuse à se répéter à de courts intervalles, on voit survenir des accidents qui peuvent consister simplement en petits foyers de congestion d’apoplexie pulmonaire, mais qui peuvent aller aussi jusqu’à la véritable embolie et causer ainsi la mort. Le cas célèbre rapporté par Trousseau et que cet auteur ne désigne cependant pas sous le nom de phlébite goutteuse, en est un exemple très remarquable. Il n’est pas isolé dans la science, et l’on peut le rapprocher des cas identiques de Tuckwell, de Paget, etc.

Types étiologiques et cliniques

.4. Phlébite par lésion directe des veines.

Toute atteinte portée à une veine y détermine de la phlébite. Celle-ci, transitoire, légère, lorsque la lésion est de nature aseptique, aboutit d’ordinaire à la réparation ad iritegrum du vaisseau.

Lorsque la cause est d’origine septique, il en résulte des accidents plus graves qui vont de la phlébite oblitérante sans suppuration à la phlébite suppurée; l’infection purulente peut succéder à ces accidents.

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