Perrin, Congrès de Dermat. Paris
Phlébites des septicémies secondaires (phlébites dites des états cachectiques). — Nous n’entreprendrons ici la démonstration du rôle important joué par les infections secondaires au cours de la tuberculose. Les travaux de Weigert1 2, de Friedlànder\ de Gottstein3, de Bouchard et Charrin, de Ménétrier4 l’ont suffisamment établi. Cette notion est aujourd’hui hors de conteste. Nous verrons, de plus, qu’au point de vue anatomique, c’est surtout à ces infections secondaires qu’il faut s’adresser pour avoir la raison de la phlébite des tuberculeux. Nous nous occuperons exclusivement des modalités cliniques de l’affection.
Pour la plupart des auteurs la phlébite des tuberculeux est aussi de celles qui débutent brusquement. Rien n’est plus inexact. A coup sûr la phlegmatia paraît avoir un début soudain lorsqu’on attend qu’elle soit révélée par le malade lui-môme, mais lorsqu’au contraire on procède jour par jour à un examen attentif des membres, on surprendra la phlébite dans sa période d’évolution subaiguë bien avant qu’elle ait donné lieu au symptôme si frappant de l’oblitération définitive. C’est chez les tuberculeux en effet que la phlébite semble rester le plus longtemps dans son stade de phlébite non-oblitérante ou pariétale; c’est chez eux que l’on rencontre si souvent ces formes latentes de la maladie, signalées déjà par Duguet, Hanot, par De Brun ; c’est également chez eux que nous avons choisi le type de la phlébite non oblitérante tel que nous l’avons décrit dans notre deuxième chapitre.
Tout d’abord on peut observer chez les tuberculeux une première forme de phlébite qui rappelle la phlébite infectieuse des divers états septicémiques. Nous n’en voulons pour preuve que l’observation de Letulle, rapportée dans la thèse de De Brun. Dans ce cas on vit des coagulations disséminées dans les veines superficielles du membre inférieur gauche et rien dans ce cas ne rappelait les allures habituelles de la phlegmatia.
En dehors de ces cas qui constituent des exceptions, la forme la plus habituelle de la phlébite des tuberculeux est la forme subaiguë. Le malade se plaint un jour de douleurs vagues dans le membre inférieur, la pression des masses musculaires du mollet est dou-