Trumbüll, New-York, Med. liée. 9 août 1890, p
VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES, gonflement énorme de l’organe, avait semblé se résoudre brusquement, sans écoulement apparent de pus. Quelques jours après survinrent des douleurs rhumatoïdes vagues, avec état général mauvais, palpitations, tendance syncopale; la fièvre avait reparu. L’examen semblait révéler l’existence de complications myocardiques. Cependanttout paraissait rentrer dans l’ordre, lorsqu’un jour on put voir apparaître une phlébite des veines du membre inférieur gauche. Il y avait un mois que l’amygdalite était guérie et quelques jours à peine que les accidents infectieux consécutifs paraissaient en voie d’atténuation. La phlegmatia évolua sans complication et le malade guérit entièrement.
Toutes les maladies enfin qui relèvent d’un des modes de la septicémie sont capables de déterminer l’inflammation des veines. Nous ne pouvons les citer toutes, il en est une cependant dont nous devons dire quelques mots : nous voulons parler du rhumatisme blennorrhagique. Cette affection, comme nous savons, est capable de se compliquer des phénomènes graves de l’infection purulente. La phlébite n’y est pas exceptionnelle. On en trouvera dix observations dans la thèse de Martel1. On verra que la phlébite coïncide presque toujours avec le rhumatisme, qu’elle atteint surtout les grosses veines du membre inférieur. Une fois cependant elle envahit celles du bras. Dans un cas enfin la phlébite récidiva avec la blennorrhagie comme l’aurait fait le rhumatisme luimême. Jamais Martel ne constata la terminaison par suppuration. Plus récemment Perrin2 (de Marseille) a rapporté un cas de blennorrhagie compliquée d’accidents septicémiques (balanoposthite gangreneuse — pleurésie diaphragmatique — arthrites, etc.); l’on vit, en fin de compte, apparaître une phlébite double des membres inférieurs.
Toutes les observations que nous venons de rapporter présentent des points d’affinité remarquable avec ces complications plilébitiques de la cachexie que l’on range d’ordinaire sous la dénomination de thrombose cachectique. C’est que, comme nous le verrons, les causes sont les mêmes. Tout à l’heure il s’agissait de septicémies primitives, maintenant il va s’agir de septicémies secondaires, surajoutées à des maladies de diverses natures : tuberculose, cancer, etc.
1. Martel, De la phlébite dans le cours du rhumatisme blennorrhag. Th. Paris, 1887.