‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 149 sur 192 · Landoüzy, Gaz. hôp · texte numérisé non relu

Landoüzy, Gaz. hôp

G. Dreyfus-Brissac, Gaz. hebdomadaire, 1882.

Les tendances de tous les auteurs précédents, en dehors de quelques réserves forcées, en dehors notamment des contradictions qui nous ont paru exister entre les statistiques et les conclusions de Sansom, sont donc plutôt en laveur du rhumatisme. Telle n’est pas cependant l’opinion d’un grand nombre de médecins.

Les restrictions ne devaient pas tarder à apparaître, et le rhumatisme fut bientôt accusé de ne pouvoir expliquer tous les cas de sténose mitrale. C’est ainsi que Grisolle parle du développement sournois du rétrécissement mitral en l’absence de tout rhumatisme articulaire dans les antécédents des malades.

II. Fagge1 reconnaît que très fréquemment le rétrécissement mitral n’est précédé ni de rhumatisme articulaire aigu, ni de chorée; il n’est pas d’autre part de l’avis de ceux qui attribuent cette lésion à des malformations congéniales. La valvule mitrale, dit-il, est très sujette à subir chez les enfants ces changements qui amènent la sténose, que ces changements relèvent d'un processus morbide spontané chronique, ou de quelque maladie autre que le rhumatisme et la chorée, dont la tendance à produire l'endocardite serait inconnue. »

« Parmi les lésions valvulaires, dit Teissier2, il en est peu qui puissent plus facilement se développer en dehors de tout processus inflammatoire, que la sténose. Bien souvent l’on rencontre des rétrécissements de l’orifice auriculo-ventriculaire gauche qui se sont développés lentement, progressivement, sous l’influence d’un processus scléreux, ou de la seule prédisposition qui caractérise le sexe féminin. »

Goodhart3 4 note dans un grand nombre d’affections rénales un épaississement notable et quelquefois extrême des valves de la mitrale. Sur une statistique de 192 cas, 68 fois la mitrale se serait trouvée épaissie et rétractée. Cette opinitm fut reprise et développée par Pitt\ qui admet que le rétrécissement mitral s'associe fréquemment à la goutte, au rein granuleux. Sur 10 années de rapports anatomo-pathologiques de Guys’ Hospital, cet auteur trouva que le rétrécissement mitral est trois fois plus commun chez les sujets affectés de reins granuleux. Les deux tiers de ces lésions appar-

1. II. Fagge, cité par Revnolds, Manuel des maladies du cœur.

2. Laveran et Teissier, Nouveaux éléments de pathologie médicale, 5' édition.

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