Pitt, British med. Journal
tiennent à des femmes: aussi, Pitt pense-t-il que dans un grand nombre de ces observations, l’affection granuleuse des reins avait été provoquée par la grossesse ou quelque affection utérine, et que très probablement le rétrécissement mitral était consécutif à l'affection rénale.
Sansom, qui le cite, pense que l’altération des reins et du cœur étaient toutes deux secondaires à la grossesse.
Ces diverses opinions s'appuient, à vrai dire, sur des observations auxquelles le manque absolu de détails cliniques enlève une certaine valeur. Ce que nous avons dit d’autre part des lésions anatomiques que ces auteurs décrivent au niveau de l’orifice rétréci montre qu’il ne s’agissait pas dans la plupart des cas de sténose mitrale pure, au sens juste du mot.
11 suffit du reste de s’en rapporter aux analyses de Duroziez, qui, avec beaucoup de raison, réagit contre ces affirmations, pour comprendre que le rôle des maladies que les auteurs précédents invoquent ne résiste pas à un examen consciencieux.
S’appuyant sur de nombreux faits cliniques, Duroziez, dans une série de mémoires, montre que la grossesse n’a aucune influence dans le développement du rétrécissement mitral pur, si ce n’est à titre de cause occasionnelle. 11 établit que dans la variole, dans la rougeole, dans la scarlatine, dans la fièvre typhoïde, il n’existe aucune observation de rétrécissement mitral pur, et qu’il en va de même pour la chorée, pour la syphilis, pour la goutte, pour l’impaludisme. En ce qui regarde la chorée, la statistique établie par notre collègue Triboulet1 est suffisamment édifiante.
Duroziez a, il est vrai, tendance à établir une certaine analogie entre les altérations si lentes dues à la cachexie saturnine et les lésions de la sténose mitrale. Mais cette analogie ne nous parait pas susceptible d’entraîner une subordination entre les deux maladies. L’analyse même des faits cités par l’auteur va à l’encontre de cette idée.
Dans un certain nombre de ses observations, il s’agit de malades devenus ultérieurement saturnins, alors qu’ils étaient depuis longtemps porteurs de leur lésion mitrale. Nous savons, d’autre part, que le plomb agit surtout sur le système vasculaire (petits vaisseaux ou gros troncs artériels, aorte) et que, dans le cœur, il atteint presque exclusivement la musculature cardiaque. La fré-