Oppolzer, Wien. allg. med. Zeitsch. (Wien
4. Friedreicii, Virchow's Arch. fiiir palh. Auatomic. Bd. XXIX, 1864.
rappelez ce que j’ai eu occasion de vous en dire en vous exposant la sémiologie cardiaque. Cette dépression systolique peut donc se rencontrer sans symphyse aucune. C’est à elle que Marey a donné le nom de battement négatif, et j’ai eu plus d’une fois l’occasion de vous la faire constater, alors qu’il n’y avait aucune présomption d’adhérences péricardiques. Je ne m’étendrai pas à ce sujet, sur l’explication proposée par Riegel, qui ferait dépendre la dépression systolique de la pointe de l’existence d’adhérences à la base. Cette discussion n’aurait qu’un intérêt médiocre et il vous est plus profitable de retenir, au point de vue clinique, que la dépression systolique de la pointe est un signe d’une valeur infidèle, capable, tout au plus, d’attirer l’attention sur l’existence possible d’adhérences, sans les rendre absolument certaines.
Enfin, on a pu constater un choc diastolique de la pointe dans des cas où il existait des adhérences péricardiques localisées à ce niveau : Friedreich l’explique en disant que le cœur, cédant brusquement à son élasticité dès qu’il a vidé ses cavités, revient vivement à sa situation primitive, entraîné qu’il est par les adhérences et c’est, suivant lui, de la sorte que le début de la période diastolique se marquerait par un soulèvement sensible de la paroi. Or, ce signe est rare et, quand il existe, on ne peut pas lui attribuer de valeur diagnostique bien considérable.
Pour achever l’étude du choc de la pointe dans la symphyse cardiaque, je dirai que le seul signe qui ait une valeur notable est celui sur lequel j’ai appelé souvent votre attention dans ces derniers temps, je veux parler de l 'absence de déplacement de la pointe dans les changements de position du sujet.
Vous savez, messieurs, qu’à l’état normal la pointe du cœur se reporte de deux à trois travers de doigt, environ, au dehors, quand on fait passer le sujet du décubitus dorsal au décubitus latéral gauche. Si la pointe du cœur est adhérente au péricarde et celui-ci aux organes voisins, la pointe du cœur se trouve par là immobilisée et dans une situation fixe. Lorsqu’il est possible de sentir sous le doigt le battement de la pointe et d’en noter ainsi le siège exact, rien n’est plus facile que de reconnaître si ce choc se déplace ou non. Que si au contraire, et c’est souvent le cas quand il y a des adhérences péricardiques, le battement de la pointe est peu appréciable au palper, il faut pratiquer une percussion rigoureuse de la région de la pointe. Je vous ai montré comment on doit pratiquer
cette percussion d’une façon méthodique ; ici elle peut nous rendre
de réels services.
Chez le malade qui fait le sujet de cette leçon, le signe dont je viens de parler est extrêmement marqué; il a confirmé le diagnostic de symphyse et justifié l’assertion suivante : une grosse dilatation du cœur avec hypertrophie, qui ne s’explique ni par une lésion orificielle, ni par des lésions pulmonaires, gastriques, rénales, etc., est vraisemblablement due à de la symphyse cardiaque. Si à cela s’adjoint une immobilité absolue de la pointe du cœur dans les changements de position, le diagnostic devient à peu près certain.
Les signes constatés par différents auteurs au niveau de la hase du cœur n’ont, le plus souvent, qu’une valeur médiocre. Skoda a signalé l’existence d'un choc systolique de la base, mais ce choc peut exister alors qu’il n’y a pas trace d’adhérences péricardiques.
J’ai noté pour ma part à plusieurs reprises l’existence possible d 'un choc diastolique de la base. Ce choc surajouté apparaît aussitôt après le second bruit et rappelle assez le dédoublement de ce bruit. Je dois avouer qu’il se confond aisément avec le dédoublement du second bruit que j’ai indiqué aussi comme appartenant à la symphyse cardiaque1. Pour être tout à fait sincère, je dirai que ce choc peut exister dans des cas où il n’y a pas d’adhérences péricardiques, mais s’il se rencontre avec lui un des autres signes de la symphyse, l’absence du choc de la pointe, par exemple, ou surtout l’immobilisation de cette pointe, on peut considérer l’existence de la symphyse comme très vraisemblable.
De ces battements variables de la pointe et de la base, de la transmission facile des mouvements du cœur à la paroi thoracique, résultent des ondulations, des oscillations de cette paroi, ressemblant à une sorte d’onde, de roulis, figurant ainsi ces mouvements de reptation sur lesquels mon collègue, le professeur Jaccoud* a appelé l’attention, et qui constituent, eux aussi, un signe de probabilité; mais ils ne se rencontrent que dans les cas de dilatation extrême.
Williams a noté un autre fait, c’est la diminution de la respiration diaphragmatique du côté gauche. Mais comme cette inégalité respiratoire est un phénomène très habituel, sa valeur en pathologie en est bien diminuée.