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Vulpian, Leçon sur l'appareil vasomoteur, t. II

VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES, la plus précoce et la plus constante de l’oblitération veineuse, c’est-à-dire l’œdème. C’est aussi le rôle du système nerveux qu’il faut étudier si l’on veut connaître à fond l’anatomie pathologique des phlébites et la pathogénie des accidents qui les accompagnent.

Anatomie pathologique et pathogénie. — Les altérations des nerfs, consécutives aux lésions des veines, ont été peu étudiées jusqu’ici. Les premières recherches histologiques faites par Gombault1, Quénu2, Gilson3, n’ont pas toutes une valeur égale. M. Quénu a insisté le premier sur la fréquence de la dilatation variqueuse des veines autour des troncs nerveux et il est revenu souvent sur cette idée, que les douleurs irradiées chez les sujets atteints de varices s’expliquaient par l’extension de la lésion au système veineux des nerfs. M. Pilliet a examiné les nerfs atteints et indiqué des lésions que des recherches ultérieures ne semblent pas avoir confirmées.

Il faut arriver au mémoire de Klippel4, publié en 1889, pour avoir des notions exactes sur les altérations nerveuses, consécutives aux phlébites. Cet auteur, s’appuyant sur des expériences de Vaillard, qui avait pu produire chez les animaux des lésions intenses des nerfs par l’injection au voisinage des troncs nerveux de différentes substances plus ou moins irritantes, imagina que le séjour des nerfs dans le liquide de l’œdème était capable d’expliquer les altérations profondes subies par ces nerfs. A cet effet, il examina les troncs et les extrémités périphériques des nerfs qui étaient restés plongés dans la sérosité d’œdèmes simples, cardiaques ou autres, et d’œdèmes dus à la phlegmatia. Dans l’un et l’autre cas, il trouva des altérations analogues à celles décrites par MM. Pitres et Vaillard. Dans le degré le plus léger, la myéline s’est montrée « festonnée et dentelée sur les bords des tubes, tandis que le cylindre-axe persistait ». Dans les cas les plus avancés, « la myéline était fragmentée, en gros blocs séparés les uns des autres par des espaces de gaines vides »; enfin, la fragmentation de la myéline augmentait et le dernier degré d’altération consistait « dans la

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