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Gilson, in thèse Schneider, Paris

4. Klippel, Des altérations des nerfs périphériques dans les œdèmes chroniques, la phlegmatia alla dolens et l'œdème expérimental ( Arch . gén. de Méd., juillet et août 1889), p. 5 et 186.

CLINIQUE MÉDICALE DE LA CHARITÉ, présence de gaines vides ne présentant plus de trace de myéline ou de cylindre-axe ». L’auteur insiste sur ce fait, que dans un mémo nerf tous les tubes nerveux n’étaient pas également altérés et que certains paraissaient presque complètement sains, ce qui explique la diversité et la bénignité relatives des différents accidents. Enfin il dit également que le plus souvent, dans les névrites consécutives aux phlébites, on constate d’une façon plus ou moins marquée la dilatation variqueuse des veines du tissu conjonctif, ainsi que l’état inflammatoire de ce dernier. Il signale aussi, après d’autres auteurs d’ailleurs, l’altération dégénérative des faisceaux musculaires et des muscles en rapport avec les nerfs atteints.

Enfin, pour ne rien omettre des différentes altérations signalées par les auteurs, comme consécutives aux phlébites, nous devons rappeler la fréquence des lésions des artères et de l’artério-sclérose (Quénu); de même aussi les modifications histologiques trouvées par Luneau et Pollosson dans l’hydarthrose de l’œdème, celles-ci consistant dans l’état velvétique de l’articulation, la prolifération des cellules du cartilage, la désintégration et la destruction de la substance fondamentale.

De ce que nous venons d’exposer il faut conclure que les altérations des nerfs dans le cours ou à la suite des phlébites peuvent être constatées par les recherches anatomiques, et il n’est pas douteux que d’autres examens positifs seront publiés dans l’avenir. Il nous reste à connaître les causes de ces lésions des nerfs, à en étudier la pathogénie.

Certains auteurs. M. Verneuil, M. Gombault, ont pensé que la compression exercée par les veines malades sur les troncs nerveux qui les avoisinent était par elle seule capable d’expliquer l’altération de ces derniers. Cette hypothèse n’est guère valable. Si elle peut, à l’extrême rigueur, rendre compte de certaines lésions des nerfs accolés aux veines enflammées, elle devient insuffisante lorsqu’il s’agit de lésions propagées et de troubles nerveux a distance. Nous restons donc en présence de deux explications : celle de M. Klippel, qui s’appuie sur l’expérimentation et sur les examens comparatifs, et celle de M. Quénu.

Comme nous l’avons vu, c’est à l’action dénutritive ou irritative de la sérosité œdémateuse qui baigne les nerfs que Klippel attribue les lésions nerveuses de la phlébite; aussi, dit-il, retrouve-t-on les mêmes altérations dans les névrites consécutives aux phlébites

VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES, et dans les névrites qui accompagnent l’œdcme simple. L’explication donnée par M. Quénu* est plus précise : « Pour nous, une grande partie des phénomènes qu’on observe dans la phlegmatia alba dolens reconnaissent pour cause une névrite sciatique ou crurale due à une inflammation aiguë des veines du tronc nerveux ». Après cet auteur, nous avons souvent noté l’altération de ces veines, et M. Klippel lui-même en parle dans ses observations. Nous nous rallierons donc plus volontiers à l’opinion de M. Quénu, d’autant plus qu’elle s’appuie sur deux ordres de phénomènes que nous avons signalés à plusieurs reprises, notamment lorsque nous avons exposé nos idées sur l’évolution générale des phlébites2. Tout d’abord cette hypothèse s’accorde bien avec la marche si capricieuse du processus inflammatoire, qui fait que certaines portions du système veineux peuvent rester longtemps indemnes entre d’autres segments nettement enflammés, parfois même oblitérés. Ce processus n’agit-il pas de même sur les troncs nerveux ou leurs branches, puisque l’on peut voir des altérations profondes, bien que rarement tout à fait irrémédiables, alterner avec d’autres lésions plus superficielles et parfois même envahir certains rameaux d’un nerf presque complètement indemne dans ses autres branches? En second lieu, l’extension de la phlébite aux petites veines des nerfs n’est pas un phénomène qui doive nous surprendre, et nous avons toujours soutenu que le travail inflammatoire s’étendait beaucoup plus loin qu’on ne le pense, quoique nous ne le constations le plus souvent qu’après la participation des grosses veines. L’hypothèse des altérations phlébitiques des vasa-nervorum n’est donc pas une hypothèse gratuite.

En résumé, il nous parait acquis, quelle que soit l’explication pathogénique que l’on adopte, que la gêne circulatoire déterminée par la phlébite n’est pas par elle seule capable de nous rendre compte de tous les accidents nerveux précoces de la phlébite, non plus que de la grande majorité des accidents tardifs de même cause. L’irritation commence par le système veineux, elle se propage et se perpétue par le système nerveux.

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