XX INTRODUCTION
Les homæopathes, fort involontairement et à leur insu, j'en conviens, sont venus très à propos pour nous apprendre à connaître la puissance des forces inhérentes à l'économie vivante. Leurs succés, fondés précisément sur des faits de guérison qu’ils s’attribuaient et qui n’appartenaient qu’à la nature, nous ont été un bien utile enseionement et nous ont instruits à compter un peu moins sur nous, Un peu plus sur les aptitudes merveilleuses des tissus et des appareils qui constituent la machine animale.
Encore une fois, messieurs, n’oubliez pas que, dans les maladies aiguës, le moment d’agir utilement passe avec rapidité et que l’expectation trouve bien vite son opportunité; et tout en convenant que dans les maladies chroniques l'intervention active, patiente, renouvelée du médecin, est longtemps utile, néanmoins, dans ce cas encore, il faut quelquefois fermer la main qui était pleine de médicaments, et attendre encore quelques jours; bien souvent alors on voit se réveiller les fonctions normales assoupies, étouffées ou dénaturées, et l’on assiste avec bonheur aux actes puissants
de ce que l’on appelait, sans trop le comprendre, la nature médicatrice.
De bonne heure et après quelques mois d’études, l'élève doit commencer à recueillir et à rédiger des observations. Il prendra l’habitude d'examiner les malades, d'interroger les appareils et les fonctions, de discerner dans les symptômes.ceux qui doivent occuper le premier plan et qui ont la signification la plus large; il apprendra surtout à connaître la marche des maladies, la plus importante, la plus capitale des notions pour le praticien.
Je croirais manquer à mon devoir si je n’insistais sur ce que je viens de dire.
Connaître la marche naturelle des maladies, c’est plus de la moitié de la médecine.
Mais n’imaginez pas, messieurs, que ce soit une œuvre facile. Bien des causes, en effet, mettent un obstacle presque insurmontable à cette étude si nécessaire. La plupart des médecins ont de la puissance de leur art une si haute opinion qu’ils ne croientpas devoir s'abstenir en présence d’une maladie aiguë ou chronique. Ils instituent un traitement énergique qui trouble nécessairement l’évolution normale de la maladie, et lors même que ce traitement est utile, il ne nous permet pas de connaître ce qui serait advenu, si