‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 13 sur 76 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

Lorsque, sous l'influence de cette modification particulière de l’économie que nous appelons 2nflammation, faute d’un nom meilleur, 1l s'est formé, dans la cavité pleurale, un épanchement de sérosité et de produits plastiques, nous essayons d'intervenir, et disons-le, dans un assez grand nombre de cas, nous intervenons utilement; mais la limite de cette intervention est ce que la majorité des médecins sait le moins. À voir l’opiniâtreté de nos médications, l’incessante et tumultueuse activité denotre thérapeutique, il semble que nous devions nous défier de la nature et que nous soyons jaloux de faire tout par nous-mêmes et sans elle. Or, une fois que Pétai inflammatoire est dissipé, 1l reste encore quelque chose, et ce quelque chose, si nettement appréciable par l’auscultation et par la percussion, je veux parler de l’épanchement, va nous préoccuper et nous occuper plus que la lésion locale qui Pa produit. Nous nous refusons à croire que, lorgasme inflammatoire une fois dissipé, la grande cellule organique que l’on nomme la plèvre, puisse revenir à ses aptitudes normales et faire ce que font sans cesse les utricules organiques élémentaires dans lacte de la nutrition. La plèvre désormais va absorber et digérer les produits morbides qu’elle conüent, et elle suffira ordinairement à cette tâche qui pourtant s’accomplit lentement en général. J'accepte sans difficulté que la paracentèse du thorax pourra lui épargner bien des labeurs, au même titre qu'un vomissement copieux est le meilleur et le plus salutaire des remèdes quand il y a surcharge de lestomac; pourtant, quand l’épanchement n’est pas excessif, quand 1l n°y à pas d'irrévocables tubercules dans le poumon ou à la surface de la membrane séreuse, les fonctions naturelles et innées de la plèvre suffisent désormais à la résorption du liquide épanché et à la curation définitive. |

Il en est de même d’une multitude de maladies chroniques. Alors que, sous l'influence d’une cause syphilitique, 1l est survenu une exostose ou toute autre lésion, gardez-vous de croire que le mal doive être opiniätrément poursuivi, tant que los et le périoste resteront gonflés. Déjà, depuis longtemps, le virus vénérien aura été subjugué, que les lésions resteront encore pour témoigner de son action passée; et si le thérapeutiste cesse d’agir, les fonctions dassimilation, départies à chacun de nos tissus, suffiront pour faire disparaître ce qu’une médication trop longtemps continuée aurait peut-être laissé persister.

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