‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 16 sur 76 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

avez pour un maître que vous écoutez depuis longtemps vous porle à croire trop volontiers à sa parole. de fais tout ce qui est en moi pour vous apprendre ce que je erois être la vérité. Beaucoup de vous, par un sentiment de déférence bien naturel et dont je leur rends grâce, jurent sur la parole du maître; mais je vous adjure de chercher encore d’autres enseignements. Je ne puis le faire aussi aisément que vous; je n'ai que la lecture pour m’éclurer sur mes fautes et redresser mon jugement. Vous avez, vous, avec la lecture, l’'observation des méthodes de vingt médecins des hôpitaux dont les salles vous sont libéralement ouvertes, dont les conseils vous sont affectueusement donnés, et je vous remercie lorsque vous me rapportez des observations qui me permettent de recufier une erreur. Il n’est pas d'année que je ne doive à quelques jeunes gens actifs et dévoués d'apprendre des choses que j'ignorais, de revenir sur des erreurs que j'enseignais depuis longtemps, et ce n’est pas pour moi la moins douce récompense des efforts que je fais pour leur être uüle, et de l'affection que je leur porte. |

La notion de la marche naturelle des maladies est donc, comme je vous le disais tout à l'heure, la plus importante qu’un jeune médecin doive chercher à acquérir. C’est à l’aide de cette boussole qu’il se dirige avec, certitude dans l'étude si difficile de la thérapeutique ; c’est par là qu’il sera à même d’apprécier des systèmes qui se succèdent pour mourir bientôt écrasés par d’autres qui surgissent.

Il n’y a pas jusqu'aux ridicules pratiques des amulettes et de l’homœæopathie qui ne vous soient un très-utile enseignement, et, spectateurs éclairés des merveilles dues à tant d’arcaues que se transmettent les familles, que propagent avec ferveur les croyants de toutes les religions, et ceux mêmes qui se mettent le plus au-dessus de ce qu'ils appellent des préjugés, vous vovez se dérouler devant vous les phénomènes morbides dans leur enchaînement régulier, et vous acquérez, sans que volre conscience ait rien à vous reprocher, la notion qu’il ne vous a pas été permis d’obtenir par vos propres recherches.

En effet, messieurs, il n’est pas permis à un médecin digne du sacerdoce auquel il s’est voué de mettre de côté ses croyances, même fausses, pour expérimenter sur les malades et attendre curieusement ce que pourra faire l’expectation. |

Il y a bien longtemps que je suis incliné à croire à l'impuissance de la médecine dans le traitement de la pneumonie aiguë. 11 y a

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