‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 29 sur 76 · INTRODUCTION. : XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. : XXXV

tiser vous-même; soit que, par l'étude, vous arriviez aux conclusions de vos devanciers, soit que vous jugiez la médecine d’un autre point de vue qui vous devient ainsi personnel. Je ne veux pas dire que vous deviez faire table rase sur tout ce que vos lectures vous ont laissé dans l’esprit, je ne veux pas dire que vous deviez ne éroire qu'en vous; mais vous devez contrôler par votre observation personnelle tout ee qui vous a été enseigné de doctrimal, vous devez réunir les faits de votre observation privée, en catégories, puis en systèmes, systèmes qui, bien que n’embrassant pas tous les faits de la médecine, tous ceux rnêmes que vous aurez étudiés, vous auront appris à voir les rapports immédiats et éloignés, et seront une sorte de pierre d’attente à laquelle d’autres faits analogues viendront successivement s'ajouter.

Vous arriverez, par cette gymnastique intellectuelle, à donner à

votre esprit une puissance de déduction inconnue à ceux qui restent servilement dans le sillon creusé par le maître, moims par respéct pour ceux qui ont ouvert les portes de la science, que par paresse ou par insuffisance.

. J'aime, je recherche dans la jeunesse cette indépendance d'esprit un peu aventureuse qui serait un péril dans l’âge où il faut apphiquer à l’homme malade les notions que l’on a ne par l'étude dans les hôpitaux.

L'heure de la subordination va bientôt arriver; Pélève va devenir médecin. C’est alors que la lecture, cet exemple écrit, doit venir en aide à l’observation personnelle; c’est alors qu’il faut juger les méthodes de ses devanciers et de ses maîtres ; c’est alors surtout que l’on devient modeste, car on s'aperçoit bien vite que ce que l'on a vu et jugé a été vu et jugé par d’autres hommes, et par des hommes plus éminents que vous; que leurs vues d'ensemble sont plus élevées, plus fécondes que les vôtres; que leurs systèmes sont mieux rehés ; et s’il s’agit des procédés thérapeutiques du domaine de la médecine ou de’la chirurgie, nous constatons bientôt que ces procédés ont été müûris et contrôlés par une expérience digne d'un grand respect.

Mais nos lectures, les leçons de nos maîtres, nous profitent d’autant plus que nous avions plus de connaissances personnelles, plus d'idées à notre service. Les déductions que d’éminents médecins ont tirées des faits observés nous semblent toutes naturelles, et nous reconnaissons déjà des idées qui nous sont familières, parce qu’elles

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