TREMBLEMENT SÉNILE ET PARALYSIS AGITANS
du tissu conjonctif, ce qui explique l’induration que présentent ces parties. Quant aux stries opaques observées dans les cordons latéraux de la moelle, elles dépendent de la présence de tissu conjonctif en voie de développement.
Messieurs, dans cette observation du professeur Oppolzer, vous avez vu que la moelle allongée et le pont de Varole étaient très-manifestement indurés; que dans les cordons latéraux de la moelle, principalement à la région lombaire, la substance médullaire était parsemée de stries grises opaques. Toutes ces alté: râtions, de même que les altérations analogues constatées par Parkinson et M. Lebert, étaient la conséquence d’une hypertrophie du tissu conjonctif qui entre dans la structure du système nerveux. De plus, cette hyperplasie avait eu pour conséquence la compression des éléments nerveux, leur atrophie, et la dégénération graisseuse de ces mêmes éléments. À ces altérations, qui sont accompagnées d'induration des parties affectées, on a donné le nom de sclérose. Dans les cas où la nécropsie, dans ces mêmes parties, a démontré un commencement de ramollissement des cordons de la moelle, peut-être convient-il de ne voir qu’un travail consécutif à l’hypérémie et à la dilatation vasculaire qui entraînent de grandes modifications dans la nutrition des éléments nerveux.
De semblables altérations font comprendre l'impuissance de la thérapeutique; aucun traitement, jusqu'ici, ne paraît avoir eu un succès cerlain et soutenu. Nous devons cependant rappeler qu'Elliotson a attribué la guérison d’une paralysis agitans, chez un homme âgé de trente-cinq ans, à l’administration du souscarbonate de fer. Mais Elliotson convient qu'il n’a obtenu qu’un seul succès complet, et que chez d’autres malades il n’y a point eu d'amélioration sensible.
Romberg qui a eu recours au même mode de traitement, dit n’en avoir pas obtenu plus de succès ; aussi est-il permis, tout en accordant une certaine action au sous-carbonate de fer dans le cas de guérison signalé par Elliotson, de penser que l’âge du malade y eut une part aussi grande quele médicament. Les bains sulfureux, l’iodure de potassium et tous les grands modificateurs thérapeutiques devront être conseillés, surtout dans le but de mettre Îles sujets dans les conditions les plus favorables pour lutter contre les progrès de la maladie. Peut-être, ainsi que semble le démontrer une observation recueillie par M. le docteur Axenfeld, pourra-t-on enrayer le travail hypéré= miqué, en ayant recours à la médication révulsive sur la région supérieure de la colonne vertébrale.
J'ai moi-même, dans quelques circonstances, obtenu de bons effets de l'usage de l'essence de térébenthine à haute dose et de l'hydrothérapie; mais jamais je n'ai guéri un malade, et cette triste affection est à mes yeux aussi inexorable que lataxie locomotrice dont j'aurai plus tard l’occasion de vous parler,