‹ Clinique médicale. v. 2, 1875Chapitre 22 sur 67 · DE L EMPLOI DES PESSAIRES EN EPONGES DANS LES AFFECTIONS UTERINES · texte numérisé non relu

DE L EMPLOI DES PESSAIRES EN EPONGES DANS LES AFFECTIONS UTERINES

Sommaire. — Cnusos du prolapsus. — Conditions organiques auxiliaires des actions traumatiques. — Modifications que subissent la muqueuse vap^inale et les orprancs voisins. — Troubles fonctionnels consécutifs. — Di.if^nostic avec les polypes fibreux, avec les allon^'cmcnls du col. — Erreurs plus souvent commises dans 1« s inversions incomplètes. — Moyen de les éviter.

Traitement. — Cherchera modifier les états morbides antérieurs qui ont favorisé le prolapsus. — Moyens mécaniques: ceintures hypog:astriques; pessaires ; éponges; modification apportée à leur emploi ; leurs avanta},'es, leurs indications. — Pessaire de Schilling-. — Pessaire en caoutchouc, pessaire de Chomel. — Pessaire de l'auteur. Obsenrations.

Messieurs ,

Le prolapsus de Tulérus n'est pas une affection rare ; on l'observe le plus souvent chez des multipares. Des imprudences commises après les couches, des chutes et des secousses violentes en ont été, dans certains cas, la c^use déterminante ; mais on le rencontre en dehors de ces (conditions, et à celles-ci mêmes viennent jirobablement, dans beaucoup de cas, s'ajouter comme auxiliaires certaines anomalies morbides des organes, anomalies sur lesquelles on n'est pas d'accord. Peut-être a-t-on eu le tort de vouloir attribuer à une seule condition morbide une prédisposition qui résulte de la réunion de plusieurs : l'état du vagin, l'état de l'uténis lui-même, de ses ligaments et de ses annexes peuvent jouerun rôle complexe dans la production de cet accident, comme le maintien de l'utérus dans sa position normale dépend de conditions multiples.

Les guérisons obtenues dans plusieurs cas, à la suite d'opérations qui avaient pour objet la coarctation du vagin, me paraissent démontrer que le relâchement de ce conduit peut avoir une part importante dans la

production du prolapsus. Quand celui-ci est ancien, le vagin renversé fait une sorte de manchon cylindrique dans lequel se précipitent la vessie, le rectum, des anses de Tintestin grêle, et qui sert quelquefois de poche à des collections séreuses. On comprend tous les troubles fonctionnels qui sont la conséquence de ces déplacements : quelques malades accusent des douleui*s épigastriques, accompagnées parfois de sensibilité à la pression^ d'une sensation de tiraillement de lestomac, faisant dans certains cas une ceinture névralgique et irradiant dans les aines et dans les cuisses ; souvent elles se plaignent d'une constipation opiniâtre avec sensation de pesanteur sur le rectum, de dysurie ; quelquefois elles ne peuvent vider la vessie qu'en réduisant la tumeur ou en la comprimant avec leurs mains pour remplacer l'action des muscles abdominaux qui cessent d'agir sur elle comme auxiliaires de ses contractions. La muqueuse vaginale exposée à Tair et au frottement des cuisses et des vêtements subit une transfoimation : elle prend les caractères du tégument externe, elle pâlit, son épiderme épaissi s'exfolie par lamelles squameuses ; en outre cette muqueuse est habituellement parsemée d'excoriations d'un rouge vif, suppurantes, saignantes, qui lui donnent un aspect repoussant, et exhalent parfois une odeur fétide.

Bien que dans le prolapsus de l'utérus les hémorrhagies ne soient ni aussi fréquentes ni aussi abondantes que dans I extrophie ou inversion de cet organe, une observation que je vous rapporterai bientôt prouve qu'elles peuvent compliquer la simple chute de Tulérus.

Habituellement des douleurs lombaires et hypogastriques, des défaillances, de la dyspepsie, des troubles généraux de l'innervation, et chez les sujets prédisposés, des accidents hystériques et hypochondriaques complètent le tableau symptomatique de cette aiïection.

Les organes renfermés dans le sac vaginal renversé peuvent s'enflammer, et des adhérences rendre le prolapsus irréductible. Même dans ce cas, la conception a pu avoir lieu, et la grossesse arriver à son terme normal. Le diagnostic est facile quand la tumeur fait saillie hors du vagin : on voit l'orifice du col, on palpe la matrice entre ses mains. Avec un peu d'attention : ce diagnostic ne présente pas de plus grandes difficultés quand l'utérus abaissé n'a pas dépassé la vulve et repose sur le périnée. J'ai vu pourtant prendre pour un utérus abaissé un polype fibreux ramolli à son sommet ; il offrait une espèce de cavité qu'on crut être l'orifice utérin. Le médecin qui avait commis cette erreur cautérisait depuis plusieurs mois avec persévérance l'extrémité ulcérée de ce polype, dont le toucher me fit reconnaître immédiatement la nature.

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