‹ Clinique médicale. v. 2, 1875Chapitre 27 sur 67 · LÉSIONS ANATOMIQUES DE LA PÉRIMÉTRITE · texte numérisé non relu

LÉSIONS ANATOMIQUES DE LA PÉRIMÉTRITE

Avant d'entrer dans la description de la périmétrile pour en déterminer le siège et vous faire connaître le terrain où s'engage Paction morbide, je vous dirai quelques mots des lésions qu'elle laisse après la mort. iSans m'étendre sur des détails anatomi(|ues qui ressortissenl plutôt à la pathologie qu'à la clinique, je vous indiquerai sommairement ceux qui sont 'indispensables pour déterminer le siège et la nature du travail anomal.

Nécessairement les nécropsies nous fournissent plus de renseignements sur les formes graves de la périmétrite et sur les périodes ultimes que sur les formes légères et sur les lésions initiales; mais les données fournies par les investigations cliniques suppléent aux renseignements que l'observation analomique ne peut pas fournir et nous permettront de tracer le tableau de Pévolution de cette maladie.

C'est autour de l'utérus et des ligaments larges que le travail morbide commence et qu'il accomplit ses ac^tes les plus iniportants. Le plancher du bassin est séparé en deux compartiments dans le sens antéro-postérieur par la mîitrice et par ses appendices : en avant, le cul-de-sac utérovésical loge la vessie ; en arrière, dans le cul-de-sac utéro-rectal se trouve le rectum; sur les côtés, vers les expansions terminales du ligament large, le plancher du bassin forme les culs-de-sac latéraux, transversalement coupés par la base du ligament. C'est dans cet espace circonscrit par l'enceinte osseuse du bassin que se passe la principale partie de la scène morbide.

Les lésions constatées après la mort démontrent, comme nous Pavons

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déjà dit, que la péritonite est lelément principal de la périmétrile ; c'est dans le péritoine, comme l'admettait Chomel, et comme Ta démontré M. IJernutz, que se développent ces tumeurs que plusieurs observateurs avaient confondues avec les phlegmons et hypothétiquement placées dans le tissu conneclif sous-péritonéal.

Si par Taulopsie on a l'occasion d'en vérifier la nature, on trouve des collections séreuses ou séro-purulentes, ou même purulentes : a*s dernières sont plus communes dans les périmétrites post- puerpérales que dans d'autres conditions éliologiques ; ces collections ont pour parois des néomeml)r«Tnes et les viscères abdominaux et pelviens réunis par des adhérences. Ces adhérences, molles d'abord, s'organisent ra])idement; elles sont souvent infiltrées de sérosité; souvent elles cloisonnent la tumeur en j>lusieurs loges distinctes ou communiquant entre elles, quelquefois superposées connjjc certaines tumeurs anévrysmales. L'épiploon, les intestins, l'utérus, les ovaires, les trompes, sont enveloppés de ces productions néoplasiques et contractent des adhérences qui leur imposent des situations anomales et peuvent plus tard troubler leurs fonctions.

Quand la tumeur renferme du pus, une membrane pyogénique en tapisse la cavité; ce pus peut contracter une odeur fétide, stercorale, quelquefois il a un aspect sanieux ou noirâtre. Dan^ certains ciis, la tumeur inflammatoire communique avec l'intestin, y verse son contenu et reçoit quelquefois en échange des gaz et des liquides intestinaux. Quand la maladie se termine par la guérison, la collection liquide est résorbée ou évacuée au dehors, la ciivité qui la contenait s'oblitère, des adhérences s'organisent et des anomalies dans la situation des viscères sont les seules traces qu'elle laisse après elle.

Si au contraire elle suit une marche chronique, ou si elle persiste pendant un temps très-long, les parois de la tumeur s'épaississent, s'indurent^ peuvent acquérir une consistance fibreuse, ou fibro-cartilagineuse ; elles prennent parfois une teinte noirâtre due au dépôt d'une matière pigmentaire. Des collections purulentes enkystées ou des noyaux néoplasiques indurés peuvent persister après l'apaisement des phénomènes morbides.

Le tissu cellulaire sous-séreux est congestionné ou inliltré, et il n'est pas rare de trouver avec la pelvi-péritonite des collections purulentes dans le ligament large ou dans le tissu connectif prérectal; on en rencontre aussi dans celui de la fosse iliaque ou de la paroi antérieure de l'abdomen.

Les organes pelviens sont atteints par le travail morbide : l'ovaire est

souvent malade; on le trouve tuméfié, infiltré de sérosité, de sang ou de pus. On y observe parfois des collections purulentes qui peuvent communiquer avec des foyers circum-uttîrins. Dans un cas qu'il m'a été donné d'observer, il avait acquis le volume de la télé d'un enfant et il était creusé de larges vacuoles suppurantes. Les ovaires peuvent aussi contracter des adhérences avec les organes voisins, avec le fond du cul-de-sac postérieur ; et plus d'une fois, pendant la vie, j'ai senti par le toucher, dans ce cul-de-sac, une tumeur lisse arrondie qui m'a paru pouvoir être expliquée par une ectopie de l'ovaire. M. Bernutz a souvent rencontré des lésions de la trompe.

L'utérus est enclavé dans la tumeur inflammatoire qui le rend immobile et le repousse en masse du côté opposé à celui où elle s'est développée. Souvent, en outre, il est incliné sur son axe en avant, en arrière ou sur le c^lé ; il peut subir en même temps un mouvement de rotation qui porte un de ses bords en avant et l'autre en arrière.

Après la résolution de l'engorgement inflammatoire et l'organisation des néoplasies, celles-ci, en se rétractant, lui font subir un mouvement opposé à celui qu'il avait éprouvé au début de la maladie, et l'attirent du côté dont il avait été éloigné.

Souvent à cette période surviennent des flexions anomales^ anlé-rétrolaléro-flexions, dues probablement à la traction qu'exercent sur lui ces adhérences rétracliles et aux modifications survenues dans le tissu même de l'utérus, sous l'influence du travail congestif dont il a subi le retentissement, quand il n'en a pas été le siège primitif.

Quand la phlegmasie occupe le cul-de-sac utéro-rectal, le rectum peut être comprimé, dévié; sa membrane muqueuse est injectée, congestionnée ; dans quelques cas elle est découpée par de nombreuses ulcérations et présente toutes les lésions de la dysenterie grave.

Le fond du cul-de-sacpéritonéal rétro-utérin peut, quand il est refoulé par une collection purulente, se rapprocher du périnée, au point qu'il n'en est plus séparé que par une mince épaisseur de tissus. J'ai observé un fait de ce genre dans le service de Chomel, en 1840, et M. Bernutz en a cité d'analogues.

Quand le cul-de-sac uléro-vésical est le foyer du travail morbide, la vessie peut être aplatie, étalée, comprimée, abaissée ; le canal de l'urèthre peut être incurvé à son origine. Les tumeurs développées dans le cul-desac postérieur, en repoussant l'utérus en avant, peuvent, par son intermédiaire, exercer sur la vessie une pression indirecte cl produire des effets analogues.

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