‹ Clinique médicale. v. 2, 1875Chapitre 47 sur 67 · FRISSON · texte numérisé non relu

FRISSON

Chez beaucoup de malades, les sueurs commencèrent sans être précédées de frissons. Chez d'autres ce symptôme marqua le début de la maladie; mais il fut toujours de courte durée. J'ai observé des cas dans lesquels chaque paroxysme était précédé d'un léger frisson ; je l'ai noté également dans les récidives; enfin chez plusieurs personnes, qui succombèrent sous l'influence d'un refroidissement, un frisson violent accompagna toujours la disparition subite de la sueur et de l'exanthème, et fut le prélude d'accidents graves qui amenèrent la mort en quelques heures.

Parmi les troubles qui se rattachent au système circulatoire, je dois ranger les palpitations et les battements épigastriques que beaucoup de malades accusèrent au début de la maladie. Ces batleuients pouvaient en générai être perçus par la main placée sur Tépigastre : ils étaient isochrones aux battements du pouls ; souvent ces battements étaient accompagnés d'une sensation douloureuse dans la région de l'esloniac et d'une oppression vive. L'auscultation ne fit reconnaître aucune modific^ition morbide dans les bruits du cœur.

SYSTÈME NERVEUX. — CONSTRICTIOX ÉPICASTRigUE.

La constriction épigastrique a existé chez presque tous les malades et a constitué un des caractères les plus saillants de cette épidémie.

Ce phénomène a persisté chez quehjues pei'sonnes pendant toute la durée de la maladie, mais le plus souvent il s'est montré au d ji)ut et pendant les paroxysmes. 11 était caractérisé par une oppression vivr, une sensation pénible de resserrement qui avait son siège au niveau de la partie inférieure du sternum et de la région épigastrique, retentissait douloureusement dans la région correspondante du rachis, et se prolongeait quelquefois jusqu'au cou et aux épaules en suivant le sternum et la colonne vertébrale. Chez quelques malades la constriction douloureuse mesurait toute la longueur du tronc et s'étendait de l'hypogastre jusqu'au cou; mais elle était en général bornée au creux épigastrique,

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plusieurs eurent la sensation d'une boule qui de restomac remontait jusque dans le cou.

Les angoisses qui accompagnent cette oppression sont si violentes, que les malades disent qu'ils vont étouffer. Ils écartent les personnes qui les entourent, veulent qu'on ouvre la porte pour leur donner de Tair, et portent les mains avec violence dans la direction du sternum comme pour arracher le mal qui les oppresse ; ces étouffemenfs destomac, pour nous servir de l'expression employée instinctivement par tous les malades, survenaient par accès de cinq à dix minutes de durée, et laissaient entre eux cinq minutes environ d'intervalle dans les paroxysmes les plus violents.

Quelle était la nature de cette oppression ? Quel en était le point de départ? Était-ce, comme l'ont pensé quelques auteurs, un spasme du diaphragme ; c'est ce que l'observation directe ne nous a pas démontré ; mais rétendue de la sensation douloureuse, les phénomènes variés qui raccompagnaient, sa marche intermittente nous semblent indiquer qu'il y avait là une altération des fonctions nerveuses occupant une division importante de l'appareil cérébro-spinal.

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