‹ Clinique médicale. v. 2, 1875Chapitre 56 sur 67 · ÉT.VT DU SANG · texte numérisé non relu

ÉT.VT DU SANG

Quelques médecins crurent devoir pratiquer des saignées. Le sang tiré de la veine était en général très-fluide, contenait beaucoup de sérum, et le coagulum était mou, comme diffluent (1).

Pour compléter la description d'une maladie épidémique, pour légitimer la place qu'on lui assigne dans le cadre nosologique, il faut la mettre en parallèle avec les affections analogues consignées dans les

(1) ANATOMIE PATDOLOGIQUE.

Il nous a été impossible de faire des recherches nécroscopiques, d'autant plus importantes que sur ce point on n'a jusqu'ici que des renseifçnements trcs-incomplcls. M. le docteur Bourgeois, médecin des épidémies de l'arrondissement de Coulommiers, avait fuit trois autopsies, dont il a bien voulu nous communiquer Ics/ésultats principaux ; nous les donnons textuellement^ d'après la note qu'il sous a remise.

Autopsie I. — Temps chaud et humide. Femme Duruy, âgée de quarante-sept ans, morte depuis dix heures, le huitième jour de la maladie. L'éruption complète avait disparu.

Poitrine, — Partie postérieure des poumons gorgée d'un sang noir et liquide.

C<fnir» — Petit, flasque^ cavités vides.

Abdomen, — Injection extérieure du péritoine, engorgement des ganglions mésentoriques.

Estomac. — > Surface interne arborisée ; quelques plaques emphysémateuses.

Duodénum, — Injecté ; boursouflement de la muqueuse.

Intestins. — Quelques plaques de Peyer développées, saillantes, blanchâtres.

Éruption vésiculeuse dans tout l'iléum et dans le gros intestin. Dans ce dernier, les vésicules paraissent ombiliquées, ce qui tient à ce que leur partie moyenne est transparente et vésiculeuse; il en sort un liquide d'un blanc nacré.

Quelques plaques arborisées et injectées. Nous croyons que ceci ne se rapporte pas aux plaques de Peyer^ mais que M. Bourgeois a voulu dire qu'il y avait par places de l'injection. Rate engorgée, molle, friable; foie normal; reins, idem,

Cci'veau, — Injection légère des méninges, substance cérébrale saine.

Autopsie II. — Femme Lamiesse, vingt-sept ans, nourrice de deux mois. Trois jours de maladie. Poumons congestionnes en arrière; cœur et foie, comme dans la précédente autopsie ; rate engorgée, ramollie ; sang noir, fluide; rein sain; injection légère du péritoine.

Estomac, — ArborisaUon très-prononcée dans le cul-de-sac ; muqueuse légèrement OUUIKAU DS MUSST. — CUn. méd. II. — &1

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annales de la science ; il faut chercher à faire ressortir leurs analogies et leurs différences : telle est la marche qui nous a été tracée par les anciens observateurs ; et c'est la seule qui puisse conduire à des classifications fondées sur les rapports pathogéniques des maladies.

M. Rayer, dans sa monographie de la sucltc du département de FOise, après avoir analysé Thistoiredes épidémies antérieures, les a comparées à celle qu'il avait observée ; nous nous croyons dispensé d'entreprendre une tâche accomplie par une main si habile, et nous nous contenterons de faire un court parallèle entre l'affection décrite par cet auteur et celle que nous avons étudiée.

A l'exception de quelques nuances légères que nous allons signaler ici, ces deux épidémies ont présenté dans leurs caractères une similitude presque complète. Sous le rapport du pronostic, l'épidémie de Saint-CjT a été beaucoup moins grave que celle du département de l'Oise ; elle a sévi dans un rayon beaucoup plus limité, a persisté moins longtemps dans les conununes envahies ; sa forme a été en général plus bénigne, les

ramollie. Duodénum : injection légère, ascarides nombreux; iigection vers le tiers inférieur de l'iléum, dans le caecum et dans le côlon. Cerveau sain.

Autopsie III. — Femme Bourgeois, malade depuis cinq jours : ancienne affectioa de cœur; poumon très-Yolumineux, congestionné. Mort depuis trois heures.

Vésicules très-nombreuses sur toute la surface cutanée, surtout dans la région dorsale ; couleur violacée des téguments en arrière.

Cœur. — Ventricule gauche hypertrophié; ossifications et ulcérations de la valvule mitrale; estomac fortement injecté^ dans quelques endroits violacé, noirâtre; la muqueuse conserve sa consistance ; injection très-prononcée dans toute retendue de rintestin; vésicules nombreuses depuis le duodénum jusqu'à la fm du rectum ; rate volumineuse et molle, moins que dans les cas précédents; sang fluide.

Nous avons regretté vivement de ne pouvoir vérifier par nous-mêmes les résultats qui nous ont été transmis par M. Bourgeois; mais deux malades seulement ont succombé pendant notre séjour à Saint-Gyr^ et^ malgré tous nos efforts, il nous a été impossible d'en faire Tautopsie. Existait-il seulement dans ces trois cas un développement trèsprononcé des foUicules isolés, comme on le voit si souvent dans les affections éruptives, ou était-ce véritablement une éruption vésiculeuse?

Nous ne pouvons résoudre complètement la question;. mais nous devons dire que, d'après la note de M. Bourgeois^ et d'après les renseignements qu'il nous a donnés de vive voix, cette éruption avait tout à fait l'aspect d'une éruption vésiculeuse, formée de boutons transparents, ombiliqués au centre et laissant écouler par la section un liquide blanchâtre.

D^un autre côté, la lésion des follicules isolés, qui est si prononcée dans le choléra et qu'on rencontre dans d'autres maladies aiguës, a pu être prise pour une éruption particulière, et nous regardons comme non résolue encore cette question importante d'anatomie pathologique.

coniplicalions cérébrales ont été plus rares et se sont exprimées par des syniplonies moins graves.

D'ailleurs, mémos phénomènes au début, même marche de la maladie, même degré de chaque symptôme; mêmes sueurs, mêmes picotements de la peau, même éruption, même conslriction épigastrique, même constipation, etc.; et enfin, pour rendre l'analogie plus complète, les moyens thérapeutiques dont l'observation a constaté les avantages ont été les mêmes dans les deux cas.

Comme je l'ai dit plus haut, cependant, dans l'épidémie de Seine-et- Marne, les symptômes encéphaliques ont été beaucoup moins prononcés que dans celle de Seine-et-Oise. D'après une lecture attentive des observations publiées à différentes époques sur la suette, on peut croire que la constriction épigastrique et l'étouffement ont été chez plusieurs de nos malades beaucoup plus prononcés que dans les précédentes épidémies; mais, contrairement à ce qui a existé en 1824, je n'ai jamais obser\'é la moindre complication affectant les organes thoraciques.

Enfin, comme en 1821, j'ai observé plusieurs fois un phénomène remarquable : c'étaient, en l'absence de vésicatoires ou de cause capable d'amener une modification dans l'appareil urinaire, des douleurs profondes à l'hypogastre accompagnées de dysurieet de diminution notable dans la sécrétion urinaire ; et ce phénomène ne peut guère être attribué à l'abondance de sueurs, car il n'a été noté que très-rarement, et non dans les cas où elles étaient le plus abondantes.

Je ferai remar(|uei', en outre, une variété bien tranchée dans la forme d(v l'éruption. M. Ilayer décrit la vtiliaris rubra comme étant ferme, solide, conique, semblable à des partiels molles injectées de sang; et pour lui cette forme était la plus fréquente. Dans l'épidémie actuelle, au contrairr, j'ai toujours obserAé, au sommet de ces papules, des vésicules qui quelquefois n'étaient perceptibles qu'à l'aide d'un examen très-attentif. Plusieurs fois même j'ai été obligé de me servir de la loupe pour en déterminer rexistence, et je me demande si celte dernière circonstance ne pourrait pas expliquer la différence que je signale ici.

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