III
Tout ce qui touche à la puériculture m’intéresse passionnément. Or M. J. Bertillon a fait, à la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, une communication intitulée : la Puériculture à bon marché (2).
Je dois déclarer immédiatement, que si ce travail avait été communiqué par un inconnu, j’aurais pensé tout simplement que cet inconnu était un homme aussi animé de bons sentiments qu’étranger aux choses dont il parlait, et je m’en serais tenu là. Mais il n’en est point ainsi; ce mémoire est signé M. Jacques Bertillon, nom qui porte en soi un caractère sérieux, que soutiennent bien les travaux antérieurs du chef des travaux statistiques de la ville de Paris, et qui, par cela même, donne de l’autorité à tout ce qui s’abrite sous lui. De plus, M. Jacques Bertillon ne parle généralement que dechoses qu’il connaît. Dans ces conditions, je n’ai pas cru devoir m’abstenir, et je vais essayer de lui démontrer que les principes sur lesquels il s’appuie, que les moyens qu’il préconise pour élever très bien les enfants sans dépenser beaucoup d'argent sont, à mon avis du moins,, la négation de toute puériculture bien comprise et aboutiraient à des résultats absolument contraires à ceux qu’il recherche,
M. Bertillon pose d’abord ces prémisses :
« Pour arriver à un minimum de dépense, il faut fabriquer en grand, c’est une nécessité industrielle ; il en est de même en puériculture. Pour élever les enfants à bon marché, il faut en élever beaucoup à la fois. »
Cette idée de réunir un grand nombre d’enfants, émise par un
(1) Voir j Revue scientifique , t. VIII, 4e série, n° 5.
(2) La 'puériculture à bon marché, par M. J. Bertillon, chef des travaux statistiques de la ville de Paris. Mémoire communiqué à la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, dans la séance du 31 mars 1897, et publié dans la Revue d'hygiène et de police sanitaire, n° d’avril, p.311.
membre d’une société d’hygiène, fera de suite, j’en suis convaincu, sursauter tous les hygiénistes et tous ceux qui passent leur temps à chercher les mesures à prendre pour lutter contre les dangers, contre les méfaits de l’agglomération des êtres sains ou malades. M. Bertillon ne nie pas ce danger, je le reconnais, puisqu’il dit : ((Une collection d’enfants est assez comparable aune poudrière ; il suffît d’une seule étincelle, je veux dire d’un seul germe nuisible, pour mettre le feu aux poudres. » Pour éviter ce danger, voici la nouveauté proposée par notre confrère : réunir les enfants, en les isolant et en les désinfectant. Faire, en un mot, pour les enfants, ce que M. Tarnier a essayé de faire autrefois pour les parturientes. Ce paradoxe apparent se comprend en allant au fond des choses. C’est la masse des enfants qui, dans cette vue de l’esprit, sera isolée du monde en général et des infiniment petits en particulier.
De là, une série de moyens à prendre tels que : établissement comportant au moins deux lazarets, une étuve à vapeur constamment sous pression, puis une grande nursery n’ayant qu’une porte, porte franchie seulement par des personnes et des objets désinfectés, c’est-à-dire sortant du bain ou de l’étuve, infirmières cloîtrées, etc.
Je neveux pas rechercher ici, comment s'opérerait le recrutement d 'infirmières cloîtrées et de parents consentants à ne communiquer avec leurs enfants qu’à travers une glace. J’admets que ce recrutement puisse se faire. Mais M. Bertillon a-t-il réfléchi au personnel qui sera nécessaire pour laver, baigner, désinfecter et soigner les objets et les enfants ? A-t-il pensé au nombre des personnes indispensables au bon fonctionnement d’un tel service ? Je soupçonne que ce point a été négligé par lui; ce soupçon se change en certitude, quand je lui vois rapprocher ces trois mots: isolement, désinfection, bon marché. En théorie, ces trois mots ou ces trois principes peuvent être solidaires ; ils ne le sont pas en pratique, loin delà ; ils se repoussent quand il s’agit, bien entendu,, de l’isolement d’une agglomération d’individus.
DE LA PUÉRICULTURE INTRA-UTERINE
Quel est rétablissement qui, à l’heure actuelle, se rapproche le plus de l’établissement idéal qu’on nous propose? Je n’en vois qu’un, c’est la Pouponnière de Porchefontaine. Eh bien, que coûte un enfant à la Pouponnière ? Environ quinze cents francs par an! Qu’on ne croie pas que j’exagère . En lisant le rapport si remarquable fait par l’un des plus compétents philanthropes et des plus éclairés, sur le fonctionnement de cet établissement, voici, en plus des chiffres ci-dessus indiqués, l’appréciation qu’on y trouvera :
« La Pouponnière de Porchefontaine est une institution excellente, mais quiy par le fait de ses dépenses , lesquelles sont la condition même de ses réussites hygiéniques , n’est pas susceptible de grand développement. Le dévouement et l’intelligence de ses fondatrices, la science et l’expérience de son conseil médical, la générosité de ceux qui lui fournissent ses ressources ont permis de réaliser des miracles au point de vue de l’abaissement de la mortalité; mais, ces merveilles d’hygiène n’ont été obtenues qu’en lui imposant des charges sous lesquelles elle succombera dans un temps plus ou moins éloigné. Ce n’est pour le moment qu’une œuvre individuelle. Que l’une des conditions qui ont assuré son succès disparaisse, lorsque les dames qui la dirigent seront, dans le cours des temps, remplacées par d’autres moins dévouées ou simplement moins favorisées par les circonstances, l’œuvre périclitera. Aux portes de cet asile, les causes de mort sont là, agissantes, toutes prêtes à pénétrer par la moindre fissure. Un instant de négligence, et elles fondront sur leur proie. La pouponnière n’est actuellement qu’une expérience de laboratoire tout à fait réussie, mais, nous le craignons, fragile et précaire (i). » Ce qui se dégage de plus frappant et de capital au point de vue qui nous occupe dans les lignes ci-dessus, est la phrase suivante : « Dépenses qui sont la condition même des réussites hygiéniques. » Voilà ce que la pratique révèle partout et toujours, là où l’on veut rassembler des enfants
(1) L. Brueyre. Les Pouponnières. V. Revue d’assistance, 1897.
en respectant les lois de l’hygiène. Voyez ce qui se passe dans les crèches. Demandez àl’éminent Inspecteur général de l’Assistance publique, M. Napias, lui , le philanthrope, l’économiste, l’hygiéniste par excellence, s’il ne combat pas le grand nombre, et si le respect de l’hygiène dans ces conditions mène à l’économie.
Je n’insisterai pas davantage pour faire comprendre que, dans le projet de puériculture à bon marché proposé par M. J. Bertillon, les mots bon marché doivent être rayés. Reste à examiner maintenant la question puériculture.
Pour très bien élever les enfants, M. Bertillon dit : « Les enfants seront tous nourris au lait stérilisé , la nourriture au sein doit être forcément bannie d’un établissement qui vise au bon marché. »
Ainsi, voici proclamée sans ambage la toute-puissance du lait stérilisé. Le lait stérilisé peut remplacer , même avec avantage , le lait de la femme ; le lait de la femme est , à l’heure actuelle , une chose négligeable !
Pour oser proclamer une affirmation aussi grosse de conséquences, sur quoi, sur qui s’appuie M. Bertillon ? Sous quelle autorité de faits ou de noms devons-nous nous incliner ? Je cherche dans la communication et ne trouve pas. M. Bertillon ne cite ni fait ni nom, et se contente d’affirmer qu’il est un partisan convaincu du lait stérilisé, et voilà tout. Eh bien, ce qu’il ne fait pas, nous allons le faire et exposer la valeur du lait stérilisé, telle que nous avons pu l’apprécier en l’étudiant et en l’expérimentant depuis dix ans dans une grande Maternité : soit à la Maternité de Lariboisière, soit à la Clinique Baudelocque.
L’emploi du lait stérilisé fut conseillé probablement pour la première fois, en France, par le professeur Alphonse Herrgott, de Nancy (i). Après l’avoir expérimenté, je l’ai introduit officiellement à la Maternité de Lariboisière que je dirigeais alors, en 1888, et je l’ai toujours employé depuis cette époque. Mon
(1) Revue médicale de' V Eut , 1893, p. 145.
DE LA PUERICULTURE INTRA-UTERINE
maître, le professeur Tarnier, l’a étudié plus que tout autre à la Maternité. Et à mon tour, je viens avec lui répéter, affirmer, proclamer bien haut que le lait de la femme, pris au sein , est et sera toujours supérieur à tous les laits stérilisés , maternisés , imaginables, et que le lait stérilisé ne sera jamais pour le nouveau-né qu’un pis-aller. Tout ce qui se passe et qu’on peut observer dans les Maternités le prouve. Il n’est pas une statistique intégrale qui ne vienne confirmer notre affirmation.
Pour vanter la supériorité du lait stérilisé, on a montré, on a publié des courbes d’accroissement remarquables ; mais ces courbes se rapportent à des observations isolées; or personne n’ignore que tous les soldats qui vont sur le champ de bataille ne meurent pas. Il en est même qui reviennent de leurs campagnes plus vigoureux ; que dirait-on si l’on montrait ceux-là pour prouver que la guerre fait courir aux soldats moins de dangers que la paix ? L’exhibition de ces courbes isolées a la même valeur pour démontrer la supériorité du lait stérilisé. Qu’on cite donc une Maternité où les enfants nouveau-nés nourris au lait stérilisé ne meurent pas plus et se développent aussi bien que dans les Maternités où les enfants sont allaités au sein. On ne la citera pas, parce qu’elle n’existe pas.
Qu’on prenne cent enfants nouveau-nés allaités au sein par leur mère, et cent enfants nouveau-nés allaités avec le meilleur lait stérilisé, dans les conditions réputées parfaites, et qu’on compare le résultat au bout de six mois. J’affirme qu’il n’y aura aucune comparaison à établir. Les premiers seront plus nombreux et mieux portants.
La raison en est simple. Le sein de la femme fabrique un lait supérieur, pour le nouveau-né, par sa composition, à celui fabriqué par le pis de la vache; et de plus, il permet à l’enfant de le prendre directement sans aucun intermédiaire. Ce fait du lait qui passe directement de la glande mammaire dans la bouche de l’enfant est capital. Placez entre le mamelon et les lèvres du nouveau-né un simple intermédiaire, une tétine ou téterelle quelconque, et vous verrez les résultats ! Le muguet
PINARD
apparaîtra souvent, et en tout cas, la courbe d’accroissement s’abaissera de suite et restera inférieure à la normale, tant que durera l’interposition.
Ce n’est donc pas seulement par sa composition, mais encore par le passage direct de la glande mammaire dans la bouche de l’enfant, que l’allaitement au sein est et restera supérieur à tout autre mode d’élevage.
Je ferai remarquer, et j’insiste particulièrement sur ce point, que je n’ai parlé et entendu parler que du nouveau-né. Il ne faut pas confondre, comme on le fait trop souvent, en fait d’élevage, nouveau-né avec enfant. Pour bien me faire comprendre et préciser, je formule ainsi ma pensée : le lait de la femme pris au sein doit être la seule première nourriture du nouveau-né.
Gela dit, bien établi, entendu, je me plais à proclamer la supériorité du lait de vache stérilisé sur le lait de vache contaminé.
Quand le lait de vache devient nécessaire à l’alimentation de l’enfant, oui, cent fois oui, le lait de vache stérilisé doit être conseillé et employé. Et pour montrer ma conviction à cet égard, je dirai que, depuis dix ans, je vais passer mes vacances à la campagne au milieu des fermes, et que je me fais précéder de caisses de lait stérilisé pour mes enfants. Ce fut une stupéfaction dans mon pays, quand on me vit préférer le lait en bouteille au lait trait en ma présence, et fourni par des vaches bien portantes. La stupéfaction cessa quand, allant dans les étables, je montrai l’état des mamelles lavées plus ou moins avec la même eau, la coloration des mains des personnes faisant la traite, les cercles plus ou moins ombrés constatés, au début de la traite, au fond du seau, l’état de la passoire ou du linge servant à clarifier le lait, etc., etc. Et aujourd’hui, chez moi, l’emploi du lait stérilisé est vulgarisé en pleine campagne, comme je voudrais qu’il le fût partout et comme j’espère qu’il le sera un jour.
Dans ces conditions, l’emploi du lait stérilisé constitue un
DE LA PUÉRICULTURE INTRA-UTERINE
progrès énorme. C’est encore là un des bienfaits, et non des moindres, que nous devons à notre immortel Pasteur.
Convaincu, comme je l’étais, des avantages du lait stérilisé, je ne l’ai pas vanté urbi et oi'bi pour l’élevage des enfants, parce que j’étais certain que la confusion se ferait entre enfant et nouveau-né, et que l’on donnerait à celui-ci ce que l’on proclamait bon pour celui-là. Sachant et déplorant la tendance actuelle à l’alimentation artificielle des nouveau-nés, pénétré de cette idée, à savoir qu’elle doit et peut être tout autre, je m’efforçai simplement de déterminer et d’exposer à mes élèves les conditions dans lesquelles le lait stérilisé constitue véritablement une nourriture supérieure. Mais, ce que je redoutais ne s’est que trop réalisé.
Tous ne pensèrent pas comme moi. Le lait stérilisé fut prôné de telle façon qu’aujourd’hui il est commun d’entendre de futures mères s’exprimer ainsi : « Maintenant qu’on a le lait stérilisé, je n’allaiterai pas mon enfant. » Cette notion fausse, dangereuse au premier chef, a pénétré non seulement la société, mais même le monde médical, à ce point que M. Bertillon nous apporte un projet d’établissement de puériculture où l’allaitement au sein sera banni ! On montre, on cite les enfants élevés exclusivement au lait stérilisé, et on ne parle pas des autres qui sont morts ! Est-ce qu’on ne montrait pas autrefois des enfants élevés au biberon ? Instruit par l’expérience, je crie aujourd’hui aux mères, aux médecins, à tous : prenez garde, tout enfant nouveau-né nourri exclusivement au lait stérilisé court des dangers (i), non seulement parce que la composition du lait de vache n’est pas la même que celui de la femme, mais aussi parce que le lait peut ne pas être bien stérilisé, et surtout parce qu’il est extrêmement difficile de faire que le réservoir du lait et le vase ou la tétine, en contact avec la bouche de l’enfant, ne soient pas à un moment donné contaminés. Je me résume en disant : Le
(1) Surtout pendant les mois chauds que nous appelons les mauvais mois : juiD, juillet, août, septembre et souvent la première moitié du mois d’octobre.
lait de vache stérilisé doit constituer la seconde nourriture de l’enfant. Mais, objectera-t-on, toutes les femmes ne peuvent pas allaiter leur enfant ; mais, me dira M. Bertillon, vous avez raison en principe, en théorie ; mais en pratique, ce que vous préconisez ne se fait pas ! Gela est vrai, mais pourquoi cela ne se fait-il pas ? C’est ce qu’il me reste à examiner.
J’espère qu’aujourd’hui je ne serai contredit par qui que ce soit en posant en principe que le lait de la femme pris au sein constitue la seule nourriture normale du nouveau-né , la seule qui , par sa composition , soit suffisante et sans danger . Je dirai même volontiers avec M . Marfan ( i ) et après bien d’autres : « Toute mère doit allaiter son enfant. Ce qu’il faut au nouveauné et au nourrisson, c’est le lait de sa propre mère. »
Etudions donc cette source, et voyons comment se fait cette production naturelle, et de quelle façon elle est actuellement utilisée. Depuis vingt-cinq ans, j’étudie ce qui se passe chez les femmes récemment accouchées, et j’affirme que toutes les femmes accouchées récemment ont du lait. Je ne saurais trop protester contre cette assertion assez répandue et qui a même été portée à la tribune de l’Académie de médecine, à savoir que certaines femmes n’ont pas de lait après l’accouchement. C’est là une erreur absolue que toute observation sérieuse fera disparaître. La fluxion mammaire se fait à un moment variable, rarement avant les quarante-huit premières heures, plus souvent après; mais enfin, elle se produit toujours plus ou moins accusée.
Que se passe-t-il ensuite ? Voici ce qu’une expérience de plus de vingt années m’a démontré, et cela, aussi bien dans lesclasses riches que dans les classes pauvres, comme celles qui viennent dans nos Maternités.
i° Les mères peuvent être, dans la pluralité des cas, des nourrices suffisantes; et je suis absolument d’accord avec M. Lepag’e quand il dit : « Quelle que soit sa situation sociale,
(1) Marfan. De V allaitement artificiel. G. Steinheil, éditeur, 1897.
DE LA PUÉRICULTURE INTRA-UTERINE
toute femme qui ne présente pas de tare pathologique est presque toujours une nourrice suffisante (i). »
2° Quelques femmes sont des nourrices insuffisantes. Je m’explique. Il est des femmes chez lesquelles la fluxion mammaire est peu accusée ; la production du lait est si peu abondante dans les premiers jours que les tétées sont de 5 grammes et io grammes seulement. Il en est qui, à la fin du premier mois, ne donneront encore que des tétées de 20 grammes. Et cependant, parmi ces femmes, il en est, et c’est le plus grand nombre, qui deviennent suffisantes, et qui, au troisième mois, donnent, à l’aide d’un seul sein, 100 et 25o grammes à chaque tétée. C’est l’action qui fait la fonction . C’est là un point intéressant et important concernant la physiologie de la glande mammaire et qui est peu connu. Je possède nombre d’observations qui démontrent ce fait. Il ne fautdoncpas, comme cela se fait généralement, abandonner l’allaitement, dans les huit ou quinze premiers jours, en disant : Il n’y a pas de lait.
3° Quelques femmes sont et demeurent des nourrices insuffisantes, mais c’est exceptionnel, et en tout cas, elles fournissent quand même une. petite quantité de lait.
4° Quelques femmes ont du lait, mais l’enfant ne peut le prendre en raison d’une malformation du mamelon (2).
5° Quelques femmes ont du lait, mais elles sont malades, et on doit leur interdire l’allaitement (3).
En résumé, à part quelques rares exceptions , on peut dire que les femmes qui n’allaitent pas , ou ne le veulent pas , ou ne le peuvent pas par situation sociale.
Comment remédier à cet état de choses ?
(1) G. Lepage, accoucheur des hôpitaux. Note sur l’allaitement des nouveau-nés à terme par leur mère. Revue d’hygiène, p. 515, juin 1897. Voir aussi la thèse de Mme Dluski. Contribution à l’étude de V allaitement maternel , Paris, 1891 ; et l’article : Sur la façon de diriger l’allaitement maternel, par M. Wallich. Revue pratique d' obstétrique et de pédiatrie , 1891.
(2) Pour constater combien ces cas sont rares, voir la thèse de Mme Dluski. Contribution à l’étude de V allaitement maternel , Paris, 1891.
(3) Il faut savoir que toutes les maladies ne contre-indiquent pas l'allaitement. Voir la thèse de M. Gamulin. L'allaitement chez les albuminuriques , Paris, 1896.
Occupons-nous d’abord des exceptions.
La nourrice insuffisante donnera quand même son lait, quelque minime qu’en soit la quantité ; elle pourra alors compléter par l’usage d’un lait pur et bien stérilisé. C’est V allaitement mixte prématuré. Assurément, ce n’est pas l’idéal ; mais, avec des soins éclairés et le dévouement d’une mère, le résultat peut être favorable.
La femme mal formée et la femme malade, devant renoncer à tout espoir d’être nourrices, devront prendre une nourrice ; nous verrons tout à l’heure dans quelles conditions.
Restent les deux grandes catégories : i° les femmes qui ne veulent pas allaiter ; 2°les femmes qui le voudraient, mais ne le peuvent pas, parce que leurs occupations les en empêchent.
Les femmes qui ne veulent pas allaiter seront bien forcées de le faire quand la loi Roussel ne sera plus, comme aujourd’hui, impunément violée.
Quand on ne permettra aux nourrices de venir se placer qu’après les sept mois révolus de leur enfant, alors les bureaux ne seront plus encombrés. Et cet être immoral, cette nourrice mercenaire tuant le plus souvent son enfant de six semaines, en le privant de son lait, pour en faire trafic, aura disparu. Donc, cette catégorie est peu intéressante, et j’espère qu’avec nos efforts à tous, les femmes comprenant leur devoir, les droits des enfants étant enfin respectés, on n’en entendra plus parler.
Quant à la dernière catégorie, si misérable ou si touchante, et en même temps si nombreuse, ce n’est ni par le rétablissement des tours, ni par des établissements de puériculture à bon marché qu’il faut essayer de leur venir en aide.
Une seule solution est normale et humaine, et c’est la seule efficace.
Faire en sorte que F enfant ne soit pas séparé de sa mère. C’est là le but à atteindre, c’est vers ce but que doivent se concentrer nos efforts. Tout ce qui ira à l’encontre de ce but sera inefficace et stérile le plus souvent , coûteux toujours. Elevez les subventions aux sociétés d’allaitement maternel, multipliez ces sociétés,
DE LA PUÉRICULTURE INTRA-UTERINE
augmentez les secours donnés aux mères nécessiteuses, créez des établissements si vous voulez, mais où seront admises les mères avec leurs enfants.
Hors de là, vous n’aurez que déception. Le sein et le cœur d’une mère ne se remplacent pas. Si vous pouvez vous procurer l'égal du premier à prix d’argent, vous n’obtiendrez jamais l’autre. Que fait l’Assistance publique dès qu’elle a le dépôt d’enfants abandonnés ? Elle leur cherche une mère, elle les confie à une femme qui, à prix d’argent, usurpe ce nom. Il en est de bonnes, je le veux bien, mais combien peu nombreuses! et vous croyez que vos infirmières cloîtrées soigneront vos enfants avec la sollicitude voulue? Vous vous trompez étrangement; elles les soigneront réglementairement, et l’absence de la sollicitude et de l’instinct maternel s’accusera sur les tables de la mortalité (i).
Non, ne faisons plus d’expériences coûteuses et de sacrifices inutiles.
J’ai essayé de démontrer de quelle façon on pouvait et on devait faire de la puériculture intra-utérine (2), en plaçant la mère, pendant la grossesse, dans des conditions telles que le développement de l’enfant soit normal. C’est de la même façon qu’on doit chercher à faire de la puériculture extra-utérine, et c’est pour cela que je convie M. Bertillon à abandonner la voie dans laquelle il s’est engagé,avec les meilleures intentions, j’en suis convaincu, mais qui n’aboutiraient qu’à des désastres. Tous nos efforts doivent tendre à ne pas éloigner la mère de l’enfant, à faire allaiter l’enfant par la mère (3) et à demander à la société les moyens pouvant permettre à toute mère d’user de son droit et de remplir son devoir.
(1) Voir la thèse de M. Léon Petit. Le droit de V enfant à la mère. Paris, 1895.
(2) De la puériculture intra-utérine. V. Revue d'hygiène , 1895.
(3) Voir : Deux ans de fonctionnement d'une crèche , par M. Gauchas. Paris, 1897.
PREMIERS DOCUMENTS POUR SERVIR A L’HISTOIRE DES INJECTIONS DE SÉRUM DE CHIEN PRATIQUÉES CHEZ LES ENFANTS NOUVEAU-NÉS ISSUS DE TUBER- CULEUSES OU NÉS EN ÉTAT DE FAIBLESSE CONGÉ- NITALE (1).
Après avoir Iules travaux de MM. Charles Richet et Héricourt, après avoir constaté les résultats obtenus par ces expérimentateurs sur les animaux traités par le sérum de chien, je pensai que cette méthode pourrait être appliquée chez les enfants nouveau-nés issus de tuberculeux, soit comme traitement curatif : pour ceux qui pensent que les enfants naissent avec le bacille; soit comme traitement prophylactique, pour ceux qui croient que les enfants naissent simplement prédisposés à la tuberculose. Je priai alors mon ami, le professeur Charles Richet, de m’initier aux détails de la pratique et de me prêter sa collaboration pour les premières injections.
Le 5 mars 1891, il vint dans mon service où j’avais deux enfants nés avant terme de mères tuberculeuses, et pratiqua sur chacun d’eux une première injection d’un centimètre cube de sérum de chien. Ces injections furent ensuite pratiquées par moi ou mes collaborateurs. Ignorant les réactions qui pourraient se produire sur un terrain semblable, nous avons tout d’abord procédé avec prudence, pour ne pas dire avec timidité.
Après avoir observé que la première injection avait été très bien supportée par les deux enfants, qu’elle n’avait déterminé aucun phénomène fâcheux, ni local ni général, je pratiquai sept
(1) Voir Annales de Gynécologie , novembre 1891.
jours après une deuxième injection, également d’un centimètre cube de sérum, cinq jours après unetroisième, deuxjours après une quatrième.
Je n’entrerai pas ici dans les détails de ces observations que l’on trouvera consignées à la fin de cette note. Je me borne à exposer les faits suivants :
i° Les mères de ces deux enfants étaient, au moment de leur accouchement, à la dernière période de la cachexie tuberculeuse ; l’une est morte le 9e jour et l’autre le 17e après l’accouchement. L’autopsie a démontré l’existence de la tuberculose pulmonaire et l’absence de toute autre maladie.
20 L’un de ces enfants reçut quatre injections de sérum de chien, l’autre cinq, et aucun accident résultant des injections ne fut constaté sur l’un d’eux.
3° De ces deux enfants, l’un, l’enfantT..., pesait au moment de sa naissance, le 26 février, 2600 gr. ; à sa sortie de mon service le 26 mars il pesait 2680 gr., après être tombé le 3e jour de sa naissance à 243o gr.
L’autre, l’enfant B..., pesait, au moment de sa naissance, i53o gr. et à sa sortie de mon service il pesait 1620 gr., après être tombé à 1210 gr. le 9e jour de sa naissance.
11 faudrait être dénué, je ne dirai pas d’esprit scientifique, mais de tout sens commun, pour songer à tirer une conclusion quelconque de ces deux faits au point de vue du traitement de la tuberculose.
Ce 11’est pas avec deux enfants suivis pendant un mois, mais avec cinquante suivis pendant cinquante ans, qu’on sera autorisé à formuler une conclusion au point de vue de l’efficacité du traitement.
Mais, il est un fait qui nous a frappé par sa constance dans la plupart de nos observations : c’est l’action bienfaisante immédiate produite chez l’enfant après chaque injection.
Cette action est manifeste, elle augmente la vitalité de l’enfant. 11 est probable que le sérum constitue pour le nouveau-né, en état de faiblesse congénitale, un excitant de la nutrition, et c’est
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
pour cette raison que j’ai pris depuis quelques mois la détermination de soumettre tous les enfants pesant moins de 2000 grammes, quelle que soit leur origine, aux injections de sérum.
De plus, non seulement j’ai augmenté la dose de chaque injection qui, de 1 centim. cube, a été portée à 2 centim. cubes, mais encore je fais à l’heure actuelle à chaque enfant des injections plus nombreuses et plus fréquentes. C’est ainsi qu’un enfant dont je relate l’histoire dans mes observations a reçu en l\\ jours 26 injections de 2 centim. cubes.
J’ai soumis à ce traitement, depuis le 5 mars jusqu’à aujourd’hui, 21 enfants ; 4 sont morts, ils pesaient au moment de leur naissance 1700, 1600, 1690, i3io grammes; — 17 sont vivants ou du moins étaient vivants au moment où ils ont quitté mon service.
Cette proportion est plus considérable que celle que nous avions jusqu’alors.
Assurément, je ne puis à l’heure actuelle dire exactement à quelle dose il convient d’injecter le sérum de chien chez les nouveau-nés, quels doivent être le nombre et la fréquence de ces injections, pour que celles-ci puissent donner leur maximum d’action ; j’ignore également la dose qui ne doit pas être dépassée.
Une plus longue expérience est indispensable pour résoudre toutes ces questions. Mais, il n’est pas téméraire de penser qu’à la couveuse et au gavage préconisés, avec tant de succès, par mon maître, M. Tarnier, pour l’élevage des enfants nés avant terme, est venu s’adjoindre un auxiliaire puissant.
Et je crois qu’il est établi suffisamment :
i° Que les injections de sérum de chien pratiquées chez le nouveau-né, avec les précautions antiseptiques voulues et avec les doses employées jusqu’à ce jour, ne déterminent pas d’accidents ;
20 Que les injections de sérum de chien constituent pour le nouveau-né, en état de faiblesse congénitale, un tonique puissant.
Quant à déterminer de quelle façon le sérum agit, il est difficile de dire si c’est dwecte?nent ou inclwectement .
OBSERVATIONS
Obs. I. — Virginie G..., âgée de 26 ans, est atteinte de tuberculose pulmonaire à la troisième période. — Trois grossesses antérieures.
Les deux premiers enfants sont venus à terme et vivants. Le troisième enfant est né à huit mois et est mort 14 jours après sa naissance, d’athrepsie.
Grossesse actuelle. — Dernières règles le 24 août 1890.
Le 3 mars 1891, à 7 heures du soir, cette femme entre à la Clinique Baudeocque. A 7 heures 40 minutes, le même soir, elle expulse un fœtus du sexe masculin qui pèse 1530 grammes.
Dès le lendemain de son accouchement la température de la malade s’élève vers le soir à 40°. — Jusqu’au vingtième jour, la température continue à être aussi élevée. La femme est alors transportée à l’hôpital Necker dans un service de médecine, où elle meurt quelques jours après son entrée.
L’enfant est placé dans une couveuse dès le jour de sa naissance.
3 mars 1530 grammes
Le 5 mars, M. le professeur Ch. Richet fait à l’enfant une injection d'une demi -seringue de sérum de chien.
6 mars . . . .
10 mars
Le 12 mars, M. le professeur Pinard fait une. deuxième injection d’une demiseringue de sérum de chien. L’enfant a des selles vertes.
13 mars 1220 grammes 16 mars 1240 grammes
Le 17 mars, une troisième injection est faite à l’enfant.
18 mars 1275 grammes
Le 19 mars, une quatrième injection est faite.
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
20 mars
27 mars
1er avril
Le 3 avril, on fait à l’enfant une cinquième injection.
4 avril 1510 grammes
Le 6 avril, l’enfant quitte la Clinique Baudelocque. Il est confié par son père à une nourrice qui doit l’élever au sein.
Obs. IL — X..., primipare, atteinte de tuberculose pulmonaire à la dernière période, accouche à huit mois d’un enfant vivant, du sexe masculin, qui pèse 2700 grammes et qui a une longueur de 46 centimètres. La mère meurt 17 jours après son accouchement.
Poids de V enfant :
26 février. . . .
. . 2600 grammes
2 mars
1er mars
Le 5 mars, une première injection de 1 centimètre cube de sérum de chien est faite par M. le professeur Ch. Richet.
6 mars 2460 grammes
Le 12 mars, une deuxième injection d’une demi-seringue de sérum de chien est faite à l’enfant.
13 mars 2530 grammes 16 mars 2530 grammes
Le 17 mars, on fait une troisième injection d’une demi-seringue.
18 mars 2580 grammes
Le 19 mars, on fait une quatrième injection.
10 mars 2490 grammes
20 mars . .
23 mars
Le 26 mars, l’enfant est porté aux Enfants- Assistés.
Élevé par une nourrice, il avait toujours bien pris le sein.
Obs. III. — L..., secondipare, accouche à sept mois (l’un enfant vivant, du sexe masculin, qui pèse 1800 grammes et qui mesure 44 centimètres.
Depuis le jour de sa naissance jusqu’au jour de son départ, l’enfant est mis dans la couveuse. On lui donne des bains de vin aromatique et on lui fait deux fois par jour des frictions avec le baume Nerval.
Poids de l’enfant :
25 avril 1700 grammes
Le 27 avril, on fait la première injection de sérum de chien à la dose d’une demi- seringue.
28 avril 1610 grammes
Le 29 avril, deuxième injection. L’enfant vomit et ne veut pas téter.
30 avril 1600 grammes
1er mai 1600 —
Le 1er mai, troisième injection.
2 mai 1615 grammes
Le 3 mai, la mère veut emmener son enfant, malgré les observations qui lui sont faites. L’enfant commence à téter et ne vomit plus.
Obs. IV. — G..., Vllpare, a eu cinq enfants venus à terme et a fait un avortement. Sa septième grossesse est une grossesse gémellaire. Elle accouche à sept mois et demi de deux enfants vivants. L’un de ces enfants meurt le lendemain de sa naissance.
Le deuxième enfant, du sexe féminin, pèse 1630 grammes et a une longueur de 42 centimètres. Il est allaité par sa mère et par une nourrice. Pendant son séjour à la Clinique, il est mis dans une couveuse et, deux fois par jour, on lui donne des bains de vin aromatique et on lui fait des frictions avec le baume Nerval.
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
Poids de l’enfant :
27 avril 1560 grammes
Le 27 avril, première injection d’nne demi-seringue de sérum de chien.
28 avril 1530 grammes
Le 29 avril, deuxième injection.
30 avril 1540 grammes
1er mai 1560 —
Le 1er mai, troisième injection.
2 mai 1570 grammes
Le 2 mai, quatrième injection.
3 mai. 1470 grammes
L’enfant est confié à une nourrice. Il a de la diarrhée verte et des vomissements. Il tette un peu.
4 mai
1500 grammes
7 mai
L’enfant quitte la Clinique le 9 mai. Il est chétif et son teint est jaunâtre. La diarrhée a disparu. Il boit à la cuiller.
Obs. Y. — B..., primipare, accouche le 9 mai d’un enfant vivant, du sexe féminin, qui pèse 1960 grammes et qui a une longueur de 42 centimètres.
Pendant son séjour à la Clinique, l’enfant reste dans une couveuse. On lui donne deux fois par jour des bains de vin aromatique et on lui fait deux frictions au baume Nerval.
Poids de l’enfant :
10 mai 1950 grammes 14 mai 1750 grammes
16 mai, première injection avec une seringue de sérum de chien.
17 mai 1650 grammes
17 mai, deuxième injection avec une demi-seringue.
18 mai 1650 grammes
18 mai, troisième injection avec une demi-seringue.
19 mai 1600 grammes
20 mai, quatrième injection avec une demi-seringue.
21 mai 1610 grammes
Le 21 mai, l’enfant quitte le service. Son état est mauvais. On le fait boire à la cuiller. Il a eu de la diarrhée et des vomissements.
Obs. VI. — H..., primipare, accouche à 8 mois et demi de deux enfants.
Le premier pèse 2480 grammes, à sa naissance, et quand il quitte la Clinique il pèse 2890 gr.
Le second enfant, du sexe féminin, pèse 1620 grammes et a une longueur de 42 centimètres. Il est allaité par une nourrice et placé dans une couveuse. Deux fois par jour on lui donne un bain aromatique et on lui fait des frictions au baume Nerval.
Poids de l’enfant :
11 mai 1520 grammes
14 mai. . . .
16 mai, première injection de sérum de chien.
17 mai
17 mai, deuxième injection.
18 mai
. . . 1550 grammes
19 mai, troisième injection.
20 mai
20 mai, quatrième injection.
21 mai
21 mai, cinquième injection.
23 mai, sixième injection.
24 mai
. . . 1630 grammes
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
25 mai, septième injection.
26 mai 1670 grammes
Le 26 mai, l’enfant part en nourrice où il sera élevé au sein. Il a toujours bien tété pendant son séjour à la Clinique.
Obs. VII. — D..., primipare, accouche au septième mois de deux enfants. Le premier enfant meurt le lendemain de sa naissance. — Le second enfant, du sexe féminin, pèse 1890 grammes. On le place dans une couveuse.
Poids de V enfant :
25 mai
Jer
juin. . . . . .
7 juin, première injection de sérum de chien à la dose de 1 centim. cube 5.
8 juin 1900 grammes
9 juin, deuxième injection.
10 juin 1930 grammes
10 juin, troisième injection.
11 juin 1950 grammes
11 juin, quatrième injection. t
12 juin 1960 grammes
12 juin, cinquième injection.
13 juin 1960 grammes
13 juin, on retire l’enfant de la couveuse.
14 juin 2000 grammes
14 juin, sixième injection avec 2 centimètres cubes de sérum de chien.
15 juin 2030 grammes
TINARD.
16 juin, septième injection avec 2 centimètres cubes.
17 juin 2100 grammes
17 juin, huitième injection avec 2 centimètres cubes.
1 8 j uin 2150 grammes
19 juin 2290 —
19 juin, neuvième injection avec 2 centimètres cubes.
20 juin 2250 grammes
20 juin, dixième injection avec 2 centimètres cubes.
21 juin 2250 grammes
22 juin, onzième injection avec 2 centimètres cubes.
23 juin
24 juin, douzième injection avec 2 centimètres cubes.
25 juin
26 juin, treizième injection avec 2 centimètres cubes.
27 juin
29 juin, quatorzième injection avec 2 centimètres cubes.
30 juin 2500 grammes
1er juillet 2560 —
3 juillet, quinzième injection avec 2 centimètres cubes.
4 juillet 2570 grammes
Le 5 juillet, l’enfant quitte la Clinique pesant 2600 grammes.
2390 grammes
2330 grammes
2270 grammes
Obs. VIII. — E..., secondipare, accouche à 6 mois et demi d’un enfant vivant, du sexe féminin, qui pèse 1380 grammes et qui a une longueur totale de 36 centimètres.
Les membranes se sont rompues prématurément.
Pendant les 3 premiers mois de sa grossesse, la femme a eu des hémorrhagies
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
L’enfant est mis dans une couveuse. Deux fois par jour, on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait des frictions avec le baume Nerval.
Poids de l'enfant :
15 juin
Première injection de 2 centim. cubes de sérum de chien.
17 juin
Deuxième injection.
Troisième —
Quatrième —
Cinquième —
Sixième —
Septième —
Huitième —
Neuvième —
1er juillet
Dixième —
Onzième —
Douzième —
Treizième —
Quatorzième —
Seizième —
Dix-septième —
Dix-huitième —
Dix-neuvième —
Vingtième —
Vingt-deuxième —
Vingt-troisième —
25 juillet 1150 grammes.
26 — 1160 — Vingt-quatrième injection.
27 — 1170 — Vingt-cinquième —
28 — 1160 — L’enfant tette bien la nourrice.
30 — 1170 — 1 piqûre de sérum 2 c. c.
1er août 1180 —
1er septembre 1650 —
6 — 1730 — On retire l’enfant de la couveuse.
7 — 1750 — 1 piqûre de sérum 2 c. c.
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
8 septembre.
1er octobre. . .
1770 grammes. 1 piqûre de sérum 2 c. c.
On donne des bains salés à l’enfant.
23 octobre
grammes .
1er novembre. . .
— Diarrhée.
L’enfant part le 24 novembre 1891. Elle est en bon état et tette admirablement.
Obs. IX. — C..., tertipare, accouche au huitième mois de deux enfants. Premier jumeau. — Du sexe masculin, le premier jumeau pèse 1610 gr. et a une longueur totale de 39 centimètres.
On le place dans une couveuse, et deux fois par jour, on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait une friction avec le baume Nerval.
19 juin.
Poids de V enfant :
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU -NÉ S
20 juin, première injection de sérum de chien.
21 juin
22 juin, deuxième injection.
23 juin
, 1450 grammes
24 juin, troisième injection.
25 juin
1460 grammes
26 juin, quatrième injection.
27 juin
29 juin, cinquième injection.
30 juin 1410 grammes
1er juillet . . . 1370 —
Depuis le 26 juin, l’enfant tette mieux. Après chaque tétée, il boit un peu de lait de sa nourrice à la cuiller.
Le 2 juillet 1891 , l’enfant quitte le service.
Deuxième jumeau. — Le deuxième jumeau est du sexe masculin. Il pèse 1810 grammes et a une longueur totale de 41 centimètres.
Cet enfant est mis dans une couveuse. Deux fois par jour on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait une friction avec le baume Nerval.
Poids de l’enfant :
19 juin 1810 grammes
20 juin, première injection de sérum de chien.
21 juin. 1700 grammes
22 juin, deuxième injection.
23 juin 1570 grammes
24 juin, troisième injection.
25 juin 1540 grammes
26 juin, quatrième injection.
27 juin
29 juin, cinquième injection.
30 juin 1450 grammes
1" juillet 1440 —
Ce n’est qu’à partir du 26 juin que l’enfant peut téter. Auparavant, il ne pouvait boire qu’à la cuiller.
L’enfant quitte le service le 2 juillet 1891.
Obs. X. — M..., primipare, accouche à 8 mois et demi d’un enfant vivant, du sexe féminin, qui pèse 1990 grammes et qui a une longueur de 42 centimètres.
La mère allaite son enfant.
Tous les jours, on donne deux bains de vin aromatique à l’enfant et on lui fait deux frictions au baume Nerval.
Poids de V enfant:
26 juin 1980 grammes
26 juin, première injection avec 2 centim. cubes de sérum de chien.
27 juin 1940 grammes
29 juin, deuxième injection.
30 juin
30 juin, troisième injection.
1er juillet
1er juillet, quatrième injection.
2 juillet
2 juillet, cinquième injection.
3 juillet
1850 grammes
1850 grammes
1870 grammes
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
3 juillet, sixième injection.
4 juillet 1890 grammes
4 juillet, septième injection.
5 juillet 1890 grammes
5 juillet, huitième injection.
6 juillet. 1900 grammes
L’enfant quitte le service le 7 juillet 1891. Il tette bien et son état général est satisfaisant.
Obs. XI. — R..., primipare, accouche à 6 mois et demi d’un enfant vivant du sexe masculin, qui pèse 1830 grammes et qui a une longueur de 40 centimètres.
Dès le jour de sa naissance, l’enfant est mis dans une couveuse. Deux fois par jour, on lui fait des frictions au baume Nerval et on lui donne des bains de vin aromatique.
Poids de V enfant :
29 juin 1830 grammes 1er juillet 1640 grammes
2 juillet, première injection avec 2 centimètres cubes de sérum de chien.
3 juillet 1500 grammes
3 juillet, deuxième injection.
4 juillet 1560 grammes
4 juillet, troisième injection.
5 juillet 1570 grammes
5 juillet, quatrième injection.
6 juillet 1530 grammes
6 juillet, cinquième injection.
7 juillet 1498 grammes
8 juillet, sixième injection.
9 juillet
1550 grammes
L’enfant quitte le service le 9 juillet 1891. Son état général est satisfaisant. Il prend bien le sein de sa mère.
Obs. XII. — - X..., primipare, atteinte de syphilis, accouche d’un enfant bien vivant du sexe masculin, qui pèse 3200 grammes et qui a une longueur de 46 centimètres.
Cet enfant est resté, pendant deux jours, sans faire le moindre mouvement de succion. On l’alimentait avec du lait stérilisé. Le troisième jour, il prit le sein et continua à bien téter. Dès sa naissance, il fut mis dans une couveuse, il eut des bains aromatiques et fut tous les jours frictionné avec la pommade mercurielle.
On lui donna aussi de la liqueur de Yan Swieten.
Poids de V enfant :
30 juin 3200 grammes
1er juillet 2840
2 juillet, première injection avec 2 centimètres cubes de sérum de chien.
3 juillet 2750 grammes
3 juillet, deuxième injection.
4 juillet 2780 grammes
4 juillet, troisième injection.
5 juillet 2910 grammes
5 juillet, quatrième injection.
6 juillet 2900 grammes
6 juillet, cinquième injection. Éruption de pemphigus généralisé.
7 juillet 2760 grammes
8 juillet, sixième injection.
9 juillet. 2980 grammes
9 juillet, septième injection.
10 juillet, huitième injection.
11 juillet 3000 grammes
11 juillet, neuvième injection.
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
12 juillet 3030 grammes
13 juillet, dixième injection.
14 juillet 3030 grammes
L’enfant sort le 16 juillet 1891. L’œdème des membres inférieurs a disparu.
La mère promet de suivre un traitement et de ramener son enfant dans le service.
Obs. XIII. — C..., multipare; les 3 enfants qu’elle a déjà eus sont morts. Actuellement, cette femme semble atteinte de tuberculose pulmonaire. Elle a eu la syphilis.
Le 1er juillet 1891, elle accouche d’un enfant, né en état de mort apparente. Cet enfant est du sexe féminin, pèse 2850 grammes et a une longueur totale de 50 centimètres. Pendant les deux jours qui suivent sa naissance, l’enfant reste cyanosé.
Des frictions mercurielles sont faites à l’enfant. On lui donne de la liqueur de Van Swieten et on lui fait prendre tous les jours un bain de vin aromatique.
Poids de V enfant:
1er juillet 2850 grammes 3 juillet 2530 grammes
4 juillet, première injection de 2 centimètres cubes de sérum de chien.
5 juillet : 2460 grammes
5 juillet, deuxième injection.
6 juillet 2470 grammes
6 juillet, troisième injection.
7 juillet 2490 grammes
8 juillet, quatrième injection.
9 juillet 2500 grammes
9 juillet, cinquième injection.
10 juillet 2520 grammes
10 juillet, sixième injection.
11 juillet 2550 grammes
13 juillet, septième injection.
14 juillet 2550 grammes
15 juillet, huitième injection.
Pendant les trois premiers jours, l’enfant ne voulut pas téter, on lui donna du lait stérilisé. Depuis le quatrième jour, date de la première injection, l’enfant prend bien le sein de la mère. Il sort le 16 juillet 1891.
Obs. XIY. — A..., secondipare, accouche à 7 mois et demi d’un enfant vivant du sexe masculin, qui pèse 2010 grammes et qui a une longueur totale de 43 centimètres. La mère a eu une rupture prématurée des membranes.
L’enfant est placé, dans un berceau, avec trois boules d’eau chaude autour de lui.
Deux fois par jour, on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait des frictions avec le baume Nerval.
Poids de V enfant :
4 juillet 1920 grammes.
4 juillet, première injection de 2 centimètres cubes de sérum de chien.
5 juillet 1850 grammes
5 juillet, deuxième injection.
6 juillet 1800 grammes
6 juillet, troisième injection.
7 juillet 1840 grammes
7 juillet, quatrième injection.
8 juillet, cinquième injection.
9 juillet 1820 grammes
9 juillet, sixième injection.
10 juillet 1770 grammes
10 juillet, septième injection. L’enfant est paresseux pour téter. On le fait boire un peu à la cuiller. Il est mis dans une couveuse et on lui donne un peu de bismuth pour arrêter sa diarrhée jaune.
11 juillet
1740 grammes
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
12 juillet, huitième injection.
13 juillet 1590 grammes
13 juillet, neuvième injection.
14 juillet 1590 grammes 17 juillet 1560 grammes
L’enfant quitte le service le 20 juillet 1891. Son état général n’est pas très satisfaisant.
Obs. XV. — C..., primipare, accouche au huitième mois d’un enfant vivant du sexe masculin, qui pèse 2270 grammes et qui a une longueur totale de 48 centimètres. L’enfant se présentait par le siège, mode des fesses. Les membranes s’étaient rompues prématurément.
La mère ayant des mamelons mal conformés, l’enfant est allaité par une nourrice.
Deux fois par jour, on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait une friction au baume de Nerval.
Poids de V enfant :
4 juillet 2270 grammes
4 juillet, première injection avec 2 centimètres cubes de sérum de chien.
5 juillet 2100 grammes
5 juillet, deuxième injection.
6 juillet. 2080 grammes
6 juillet, troisième injection.
7 juillet 2100 grammes
7 juillet, quatrième injection.
8 juillet 2090 grammes
8 juillet, cinquième injection.
9 juillet 2080 grammes
9 juillet, sixième injection.
10 juillet 2060 grammes
10 juillet, septième injection.
11 juillet
2130 grammes
13 juillet, huitième injection.
A partir clu 10 juillet, l’enfant buvait à la cuiller du lait de sa nourrice.
Il part le 14 juillet 1891, avec un état général satisfaisant.
Obs. XYI. — D..., primipare, accouche à 7 mois et demi d’un enfant vivant, du sexe masculin, qui pèse 1850 grammes et qui a une longueur totale de 42 centimètres.
L’enfant se présentait parle siège. Il y avait de l’hydramnios.
On place l’enfant dans son berceau avec trois boules d’eau chaude autour de lui. Deux fois par jour, on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait des frictions au baume Nerval.
Poids de V enfant :
5 juillet 1850 grammes
6 juillet, première injection avec 2 centimètres cubes de sérum de chien.
7 juillet 1810 grammes
7 juillet, deuxième injection.
8 juillet, troisième injection.
9 juillet 1870 grammes
9 juillet, quatrième injection.
10 juillet 1890 grammes
L’enfant a toujours bien pris le sein de sa mère. Il quitte le service le 10 juillet 1891 dans un état satisfaisant.
Obs. XVII. — V..., multipare, accouche à 8 mois et demi d’un enfant vivant, du sexe féminin. Il pèse 1700 grammes et a une longueur totale de 43 centimètres. La mère avait de l’hydramnios.
L’enfant est mis dans une couveuse. Deux fois par jour, on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait des frictions au baume Nerval.
Poids de l'enfant :
2 juillet 1630 grammes
2 juillet, première injection avec 2 centimètres cubes de sérum de chien.
3 juillet 1590 grammes
4 juillet, deuxième injection.
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
5 juillet 1490 grammes
5 juillet, troisième injection.
6 juillet, quatrième injection.
7 juillet 1469 grammes
7 juillet, cinquième injection.
8 juillet 1420 grammes
8 juillet, sixième injection.
9 juillet . 1 340 grammes
9 juillet, septième injection.
10 juillet 1220 grammes
10 juillet, huitième injection.
11 juillet 1310 grammes
12 juillet, neuvième injection.
13 juillet 1300 grammes
13 juillet, dixième injection.
Depuis sa naissance, l’enfant est nourri avec du lait d’ânesse qu’il boit à la cuiller. A partir du cinquième jour de sa naissance, l’enfant a du sclérème. Il meurt le 14 juillet 1891.
Obs. XVIII. — X..., accouche le 5 avril 1891 de deux enfants.
Premier jumeau. — Le premier jumeau est du sexe masculin, il pèse 1590 grammes et a une longueur totale de 40 centimètres.
Cet enfant est allaité par une nourrice. Il est mis dans une couveuse. Deux fois par jour, on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait des frictions au baume Nerval.
Poids de V enfant :
25 avril 1530 grammes
27 avril, première injection de sérum de chien.
28 avril 1410 grammes
29 avril, deuxième injection.
30 avril 1412 grammes
1er mai 1400 —
1er mai, troisième injection.
2 mai 1400 grammes
2 mai, quatrième injection.
3 mai 1390 grammes
L’enfant ne boit qu’à la cuiller.
Il meurt le 4 mai 1891.
Deuxième jumeau. — Le deuxième jumeau, du sexe féminin, pèse 1310 grammes et a une longueur totale de 38 centimètres.
Il est allaité par sa mère et par une nourrice.
Il est mis dans une couveuse. Deux fois par jour on lui donne un bain de vin aromatique et on lui fait des frictions avec le baume Nerval.
Poids de V enfant :
25 avril 1310 grammes
27 avril, première injection de sérum de chien.
28 avril 1164 grammes
29 avril, deuxième injection.
30 avril 1160 grammes
1er mai 1150 —
1er mai, troisième injection.
2 mai 1100 grammes
2 mai, quatrième injection.
3 mai 1080 grammes 8 mai 1000 grammes
Cet enfant était nourri à la cuiller. Il vomissait après chaque tétée. Il meurt le 12 mai 1891.
INJECTIONS DE SERUM DE CHIEN CHEZ LES NOUVEAU-NES
Obs. XIX.— D..., secondi^are, accouche au sixième mois d’un enfant vivant du sexe masculin, qui pèse 1600 grammes et qui a une longueur totale de 42 centimètres.
Il est mis dans une couveuse. Deux fois par jour on lui donne un bain devin aromatique et on lui fait des frictions au baume Nerval.
Poids de l’enfant :
10 juin 1600 grammes
11 juin, première injection de 1 centimètre cube et demi de sérum de chien.
12 juin.. 1470 grammes
12 juin, deuxième injection.
13 juin 1420 grammes
15 juin, troisième injection.
16 juin 1340 grammes
16 juin, quatrième injection.
17 juin 1270 grammes
17 juin, cinquième injection.
18 juin 1250 grammes
19 juin, sixième injection.
20 juin. 1180 grammes
20 juin, septième injection.
21 juin 1160 grammes
Cet enfant ne peut boire qu’à la cuiller. Il meurt le 21 juin 1891.
3’INAHD.