DE L’APPENDICITE DANS SES RAPPORTS AVEC LA PUERPERALITÉ
compliquer la fin de la dernière période puerpérale (20 jours, obs. Dieulafoy; 28 jours, obs. Lepage, après l'accouchement).
Les observations démontrent aussi que l’appendicite, survenant pendant la grossesse, interrompt le plus souvent celle-ci et menace aussi bien l’existence du fœtus que celle de la mère.
Presque tous les auteurs ont remarqué combien souvent les fœtus viables étaient expulsés morts, ou mouraient fréquemment de cause indéterminée en présentant, dans les quelques jours de leur existence, des signes de septicémie.
Notre observation peut fournir une explication du fait. L’ensemencement pratiqué par le Dr Wallich et qui a donné des cultures pures de coli-bacille démontre l’infection in utero , le sang ensemencé ayant été pris dans les vaisseaux du cordon ombilical.
Je ne dirai rien des causes, si ce n’est que la plupart des auteurs incriminent la constipation opiniâtre. Vous savez ce que nous devons en penser.
Au point de vue de la symptomatologie, tous les types si magistralement étudiés et décrits par notre collègue Dieulafoy, se retrouvent dans les observations d’appendicite survenant, soit pendant la grossesse, soit pendant les suites de couches.
Le diagnostic d’appendicite pendant la puerpuéralité offre peut-être des difficultés plus grandes, qui tiennent, pendant la grossesse, à la présence dans la région hypogastrique de l’utérus développé, et pendant les suites de couches, à la confusion des signes d’infection puerpérale et d’infection appendiculaire. Mais, ces difficultés ne sont point insurmontables pour un observateur attentif , ainsi que les faits le démontrent.
Quant au traitement, Munde s’exprimait ainsi en 1896 :
« Pour conclure, je pense que les nombreux exemples d’appendicite, avec ou sans suppuration, se produisant pendant la grossesse ou le travail, qui ont été relatés depuis la publication de mon mémoire, il y a environ un an, doivent nous engager à nous mettre en garde contre cet accident dans cette circonstance (la grossesse) comme dans toutes les autres, et à traiter la
PINARD
maladie sans nous préoccuper del’existence delà grossesse. C’est pourquoi, je ne suis pas du même avis que les médecins qui veulent, pour une attaque d’appendicite, provoquer l’avdrtement ou l’accouchement. »
Je ne saurais, pour ma part, qu’applaudir à ce jugement. Peut-être irai-je plus loin et dirai- je : l’appendicite pendant la grossesse doit être traitée chirurgicalement, plus rapidement que dans n’importe quel autre cas. Et cela, en raison des rapports du foyer infectieux avec l’appareil génital. Je ne veux pas rechercher, pour le moment, si l’infection se fait par contiguïté, ou par la voie sanguine ; je reviendrai plus tard sur ce point si l’Académie me le permet. Quelle que soit la voie, l’infection se fait, et les deux existences sont menacées. Tout est là.
Ces considérations ne seront peut-être pas à dédaigner quand on se trouvera en présence d’une appendicite survenue chez une jeune fille ou une jeune femme. Pensant aux rapports de l’appendicite avec la puerpéralité, on trouvera sans doute bon de se déterminer à enlever le foyer infectieux, là où jusqu’ici on aurait pu hésiter. Cela sera, je pense, de la bonne prophylaxie.
J’en ai fini, Messieurs. Vous le voyez, je n’ai pas eu d’autre but, en faisant cette courte communication, que d’éveiller l’attention, de provoquer des discussions scientifiques, et je profite de la circonstance pour exprimer à ceux de nos confrères et collègues qui ont dépensé tant d’efforts et de talent pour élucider ce chapitre si intéressant de la pathologie, l’expression de la reconnaissance des accoucheurs.
Voici maintenant, pour terminer, le résumé statistique des observations que j’ai pu trouver dans les auteurs.