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DE L’APPENDICITE DANS SES RAPPORTS AVEC LA PUERPERALITE

cologistes sur les rapports que peut présenter l’appendicite avec la puerpéralité.

C’est, depuis cette époque seulement, que l’appendicite a été le sujet de recherches et de publications en Amérique, où les observations n’ont pas tardé à se succéder. Déjà, des travaux importants — parmi lesquels il faut surtout citer le mémoire de Munde, paru l’année dernière (i), et celui de R. Abrahams (2), où sont recueillis et analysés de nombreux matériaux — permettent d’envisager l’étendue de la question.

En France, où on a fait — et je pourrais dire du haut de cette tribune — de l’appendicite une étude si magistrale et si complète, où notre collègue Dieulafoy a, comme Munde en Amérique, donné le branle en appelant, lui aussi, soit à l’Académie, soit dans ses leçons, l’attention des médecins sur les rapports de l’appendicite sur la grossesse, en France, dis-je, les observations commencent à se multiplier.

Sous l’inspiration du professeur Poncet, une thèse intéressante a été soutenue à la Faculté de Lyon par M. Gaston Boullier, l’année dernière (3). Cette thèse renferme des observations inédites dues à MM. Laroyenne, Vinay et Bouveret. M. Vinay a publié dans le Lyon médical , le 2 janvier 1898, un mémoire sur l’appendicite au cours de la grossesse et pendant les suites de couches. Il rapporte, en détail, l’histoire de quatre femmes atteintes d’appendicite pendant la période puerpérale (deux fois pendant la grossesse et deux fois pendant les suites de couches), et fait suivre ces observations de considérations très intéressantes concernant l’évolution et la marche de l’appendicite survenant dans ces conditions spéciales.

A Paris, aux observations rapportées par M. Dieulafoy, sont venues se joindre celles de Le Gendre et de Tuffïer. Une thèse a été tout récemment soutenue (le i3 janvier 1898) par le D1 2 3' Georges N. Iarca. Dans cette thèse se trouvent trois observations

(1) The medical News a Weeckly Journal of medical Science, New-York, 1897, n° 20.

(2) American Journal of Ubstetrics, 1897, v. XXXV.

(3) J?e V appendicite pendant la grossesse. Lyon, 1897.

inédites dues à MM. Maygrier et Budin. Dans les sociétés médicales, cette question est à Tordre du jour, et dans le cours des discussions, des observations sont citées. C’est ainsi qu’en compulsant ce qui a paru, j’ai pu rassembler, en y comprenant la mienne, 4b observations. On le voit, il se passe pour l’appendicite ce qui s’est passé pour la grossesse extra-utérine. Sans vouloir dire, en aucune façon, que la fréquence de ces deux maladies soit la même, il faut reconnaître que si, il y a vingt ans, on ignorait la fréquence de la grossesse extra-utérine , si, il y a dix ans, les médecins et les chirurgiens n’avaient que de vagues rapports avec l’appendicite ; hier encore, les accoucheurs ne se doutaient pas que cette terrible affection pût venir compliquer la puerpéralité.

Je n’ai nullement l’intention de soulever ici des questions de doctrine. La pathogénie, l’étiologie, la symptomatologie, le diagnostic, le pronostic et le traitement de l’appendicite ont été traités, ici et ailleurs, avec une éloquence que vous n’avez point oubliée et une compétence à laquelle je ne saurais prétendre.

Mon butest beaucoup plus modeste et beaucoup plus restreint. Me plaçant à un point de vue clinique particulier, je veux simplement envisager, aujourd’hui, ce que présente de spécial l’appendicite, quand elle complique ou vient compliquer la puerpéralité. Même ainsi limitée, mon étude ne pourra être que rudimentaire, car les observations, quoique nombreuses déjà, ne sont pas suffisantes pour permettre de porter sur bien des points de cette histoire un jugement définitif.

Le seul fait bien établi aujourd’hui, qui doit éveiller, dès maintenant, l’attention des médecins en général et des accoucheurs en particulier, est le suivant : l’appendicite peut compliquer la puerpéralité dans toutes ses périodes : soit pendant la grossesse , soit pendant le travail , soit pendant les suites de couches. Trente cas opérés, ou suivis d’auptosie, prouvent cette assertion. Des observations démontrent que la grossesse peut être troublée par l’appendicite dès les premières semaines et pendant toute sa durée ; de même que l’appendicite peut venir

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