‹ Clinique obstétricaleChapitre 32 sur 65 · soir · texte numérisé non relu

soir

Forceps, 7 h. 1/2.

Enfant vivant.

2930 gr.

Physiolog.

6 décembre.

Enfant en bon état.

tificielle, écembre, l. matin.

4 h. soir.

Forceps, 4 h. 45.

Enfant vivant.

2860 gr.

Physiolog.

22 décembre.

Enfant en bon état

23 déc., 4 h. 10

Forceps, 4 h. 15.

Enfant mort, quelques heures après, pesant 2965 gr.

Physiolog.

4 janvier 1891 .

fl

9 janvmr,

6 h. 1/2 soir.

Version.

Enfant vivant.

2470 gr.

Physiolog.

Enfant parti en nourrice, le 18 janvier.

De 1 883 à 1891,1e nombre d’accouchements spontanés, effectués dans les deux services, a été de i4,5o5.

La proportion des accouchements provoqués est donc de 1 sur i5o accouchements spontanés environ.

Cette proportion est considérable et nullement en rapport avec la pratique ordinaire. Elle s’explique par les raisons suivantes :

Non seulement le rachitisme, comme on le sait, est plus fréquent dans les grandes villes, et surtout à Paris, que dans les campagnes, mais les femmes, mal conformées et le sachant, viennent très souvent spontanément dans nos services ou y sont adressées par des médecins ou des sages-femmes. De plus, chaque Maternité a sa clientèle, et j’ai des clientes hospitalières chez lesquelles j’ai déjà provoqué l’accouchement trois et quatre fois.

Enfin, il faut bien le reconnaître, les femmes se font examiner pendant la grossesse plus qu’autrefois, heureusement; et d’un autre côté, nous pratiquons à l’heure actuelle l’accouchement provoqué dans bien des cas où on ne le pratiquait pas il y a quelques années.

Je ne suis pas le seul à avoir cette tendance, car si je consulte la statistique de Léopold, publiée par Ludwig Korn, en 1888 (1), je vois que, de 1 883 à 1887, sur 5,875 accouchements, l’accouchement fut provoqué 45 fois chez 38 femmes, ce qui donne la proportion de 1 accouchement provoqué sur 1 3 1 accouchements spontanés, proportion par conséquent encore supérieure à la mienne.

Tableau récapitulatif des observations précédentes.

Accouchements provoqués 100

Femmes sorties bien portantes 99

Femme morte 1

Enfants vivants au moment de la naissance 83

Enfants morts pendant le travail 17

Enfants morts avant leur sortie du service 16

Enfants sortis bien portants 67

(1) Beïtrag zur Le lire von (1er liünstlickcn Frühgeburt ,

DE L’ACCOUCHEMENT PROVOQUE

Des 1 6 enfants qui moururent avant leur sortie du service :

9 moururent le 1er jour.

2 moururent le 3e »

2 moururent le 4e »

1 mourut le 10e »

1 mourut... le 11e »

1 mourut le 17e »

Il ressort de ces chiffres que les femmes, chez lesquelles on provoque l’accouchement, ne courent guère plus de dangers que celles qui accouchent spontanément. 84 accouchements furent successivement provoqués sans causer un seul décès.

J’ai eu i décès sur ioo, cela est vrai (le 85e), mais il est facilement explicable et nullement dû aux interventions nécessitées par la provocation de l’accouchement. Cette femme, qui est morte de septicémie, avait été, malgré mes recommandations, examinée par sept élèves, dont deux étrangers au service. Le placenta était adhérent, et on fut obligé de pratiquer une délivrance artificielle. Or, l’autopsie démontra l’absence de toute lésion des organes et de toute rétention placentaire. Cette femme fut infectée par des touchers.

On voit par là, combien une surveillance incessante est nécessaire, indispensable, dans les services d’enseignement et plus encore, comme je le dirai plus loin, quand il s’agit de femmes chez lesquelles on a provoqué l’accouchement.

Cette bénignité du pronostic, relativement aux mères, se retrouve du reste dans toutes les statistiques recueillies depuis l’emploi des antiseptiques.

Ainsi, dans la statistique de C. Braun, publiée par son fils Eg. von Braun Fernwald en 1888 (i), je relève les chiffres suivants sur 54 accouchements provoqués :

Mortalité maternelle, o pour 0/0.

La statistique de Léopold donne : Mortalité maternelle, 2,2 p . 100. Celle d’Ahlfeld (2) nous apprend que sur m fem-

(1) Ber Kaiser sehnitt, etc., Vienne, 1888.

(2) Ahlfeld .Centr.f. Gyn 1890, n° 30, p. 529, et Annales de Gynécologie, oct. 1890? t. XXXIV, p. 317.

mes, chez lesquelles on provoqua raccouchement pour rétrécissement du bassin, une seule mourut des suites directes de raccouchement. Il en est de même de la morbidité. J’ai même remarqué, et fait souvent remarquer aux élèves, que les suites de couches étaient plus franchement physiologiques à la suite de raccouchement provoqué qu’à la suite de l’accouchement spontané. La raison en est que l’asepsie et l’antisepsie sont plus rigoureusement mises en usage.

C’est ce qui explique comment, en plus de la femme qui a succombé, j’ai eu trois autres femmes seulement ayant eu des suites de couches pathologiques. Toutes les autres ont eu des suites de couches normales. La morbidité plus accusée dans les statistiques de Léopold et d’Ahlfeld tient, selon moi, aux procédés employés. Je reviendrai du reste sur ce point.

Quant aux enfants, ma statistique me donne 83 enfants nés vivants .

67 enfants ayant quitté le service bien portants.

En définitive, 67 enfants vivants; 33 enfants morts.

Les résultats de C. Braun, sont 63,8 enfants pour 100 extraits vivants ; ceux d’Ahlfeld, 60 pour 100 d’enfants vivants au moment du départ de la mère.

Ceux de Léopold, 66,6 pour 100 d’enfants vivants au moment du départ de la mère.

Je ferai remarquer de suite que, dans sa Statistique, Léopold ne compte pas 2 cas dans lesquels il pratiqua la basiotripsie, n’ayant aucun espoir d’obtenir un enfant vivant par les voies naturelles.

Si j’avais envisagé les choses de cette façon, j’aurais dû retrancher de ma statistique 8 cas, dans lesquels je provoquai l’accouchement, sans avoir jamais caressé l’espoir d’obtenir un enfant vivant. Ces femmes s’étaient présentées trop tardivement à mon examen, ou étaient affectées de viciations pelviennes tellement prononcées, qu’aucune espérance d’obtenir un enfant viable ne pouvait venir à l’esprit. Je provoquai l’accouchement dans ces cas, simplement pour obtenir une extraction plus facile, mais une extraction d’un enfant mutilé.

DE I/ACCOUCHEMENT PROVOQUÉ

Si maintenant, je serre de plus près ma statistique, et si j’examine les résultats fournis par les différentes terminaisons de raccouchement, j’obtiens les chiffres ci-dessous :

Présent, du sommet (accouchera, spontanés). 50 44 enf. vivants, 6 enf. morts.

Extraction du siège 6 2 — 4 —

Versions 14 8 — 6 —

Forceps 21 14 — 7 —

Basiotripsie 9 — 9

De ces chiffres, il résulte : i° Que dans tout accouchement provoqué, on doit s’efforcer d’obtenir une présentation du sommet et un accouchement spontané ;

2° Que la présentation du siège est désastreuse.

J’insiste sur ce point, car les résultats obtenus dans la présentation du siège, par d’autres accoucheurs, sont sensiblement les mêmes que les miens. Ainsi, dans la statistique de Léopold on trouve les chiffres suivants :

Extraction du siège 10

Enfants vivants 3

Enfants mort-nés 6

Enfant mort le 8e jour 1

Si l’on ajoute les chiffres de Léopold aux miens, on a, sur 1 6 extractions du siège, 1 1 enfants morts !

Fait bien intéressant à constater, et que je me contente de vous signaler pour l’instant, c’est que les résultats fournis par la version et le forceps sont meilleurs que ceux obtenus dans la présentation du siège.

Ma statistique me donne :

Versions : i4, dont 8 enfants vivants et 6 morts.

Forceps : 21, dont il\ enfants vivants et 7 enfants morts.

Léopold a obtenu :

Versions : 10, dont 9 enfants vivants et un mort-né.

Forceps : 5, dont 5 vivants.

Si ces chiffres sont insuffisants pour trancher la question, encore pendante, de la supériorité du forceps ou de la version dans les rétrécissements du bassin, ils sont dans tous les cas

encourageants pour ceux qui (et je suis du nombre) pensent que, dans les bassins rétrécis et avant terme, les applications de forceps donnent de meilleurs résultats que la version.

Si maintenant, j’étudie les résultats obtenus suivant les procédés employés pour provoquer l’accouchement, je constate les résultats ci-dessous :

BALLON TARNIER

BALLON TARNIER ET CHAMPETIER

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