II
Dans une note parue en 1895, j’essayais de montrer l’influence du repos chez la mère, pendant la grossesse, sur le développement de l’enfant. Pour cela, je donnais le poids moyen de 5oo enfants nés de mères ayant travaillé jusqu’au moment de leur accouchement et le poids moyen de 5oo enfants nés de mères reposées et soignées pendant la fin de leur grossesse (dix jours au moins), et je faisais observer la différence considérable en plus observée chez ces derniers (2).
Mon interprétation de ces faits fut contestée, et l’on m’objecta, sans preuves à l’appui il est vrai, que le repos de la mère pendant la grossesse n’avait que peu ou pas d’influence sur le développement de l’enfant et que le poids des nouveau-nés dépendait surtout de la taille des parents.
J’apporte, aujourd’hui, d’autres constatations pouvant servir à élucider cette question qui me semble avoir une importance considérable.
Je ne veux envisager ici qu’un des nombreux facteurs ayant une influence sur le développement du produit de conception. Je laisserai volontairement de côté tout ce qui est relatif aux questions de semence et de ten'ain , avant la conception, ou au moment où elle se produit (3). Je n’étudierai pas davantage l’influence des maladies de l’organisme maternel pendant lagros-
(1) Voir Annales de Gynécologie, août 1898.
(2) In Bulletin de V Académie de Médecine } 26 novembre 1895, et in Revue d’hygiène.
(3) Je traiterai ce point ultérieurement, car il est nécessaire, à mon avis, de diviser l’histoire de la puériculture en trois chapitres : 1° puériculture avant la fécondation (semence et terrain) ; 2° puériculture pendant la grossesse ; 3° puériculture après la naissance.
DE LA PUÉRICULTURE INTRA-UTERINE
sesse, ni celle des rapports pathologiques des éléments de l’œuf humain sur le développement du fœtus.
Toutes choses égales d’ailleurs, je veux simplement démontrer que la gi'ossesse a d'autant plus de chance d'évoluer no? "malement ,et le fœtus de se développer cl'une façon plus naturelle et plus complète , que la femme se ti'ouve placée pendant la gestation dans des conditions particulières. Et d’autre part, que toute femme enceinte surmenée est exposée à accoucher avant terme.
Je sais que des dispositions particulières de l’œuf peuvent atténuer ou augmenter ce danger; mais je ne puis étudier toutes ces questions aujourd’hui. En résumé, je ne cherche à établir dans cette note qu’un seul point: L’influence de la manière d’être de la femme, pendant la grossesse, sur le développement du fœtus.
M. le Dr François-Charles Bachimont (i), d’après mon conseil, a recherché quel est le poids moyen des enfants chez les femmes :
i 0 Ayant travaillé pendant toute la durée de la grossesse ;
2° Ayant travaillé pendant toute la durée de la grossesse dans la station debout ;
3° Ayant travaillé pendant toute la durée de la grossesse dans la station assise ;
4° Ayant travaillé pendant toute la durée de la grossesse, assises, mais en faisant mouvoir les jambes ;
5° Ayant eu une période de repos pendant deux ou trois
6° Ayant eu une période de repos dépassant trois mois.
Ces documents ont été recueillis, soit à la Clinique Baudelocque, soit à la maternité de Tourcoing.
Les tableaux ci-dessous donnent le résumé de ces recherches.
(1) Documents pour servir à l’histoire de la puériculture intra-utérine. Paris,
G. Steinheil, 1898.