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Clinique ophthalmologique [electronic resource]

Le sort des malades porteurs de cataractes de Morgagni et traités par les méthodes ordinaires d'extraction est, selon les cas, bien différent. Chez les uns, dans une proportion que nous ne saurions déterminer, la sortie du noyau cristallinien est facile — quelquefois si facile qu'il se précipite au loin à la moindre pression exercée sur le globe de l'œil, — la guérison rapide, l'acuité visuelle excellente et durable. Chez les autres, au contraire, l'extraction est impossible ; le noyau reste dans l'œil, agit à la manière d'un corps étranger, et provoque une violente inflammation conduisant à la perte de l'organe.

En présence d'insuccès de cette nature, nous nous sommes souvent demandé pourquoi les divers moyens opératoires employés contre les cataractes séniles ordinaires (kératotomie à lambeau, kératotomie linéaire simple ou combinée à l'iridectomie) sont, dans certaines circonstances, incapables d'évacuer cette lentille qui, vu ses

(1) D'après une communication faite au Congrès de Genève.

petites dimensions, devrait sortir par la moindre des ouvertures cornéennes. Nous nous sommes également demandé si, en apportant quelques modifications aux procédés existants, on pourrait les rendre applicables à la variété morgagnienne.

Mais, avec des modifications dans le modus faciendi ou, nous dit-on, dans les instruments, est-on sûr d'extraire le cristallin ? Les difficultés qui se présentent ne tiennentelles pas uniquement aux altérations multiples dont l'organe est le siège? A côté des lésions observées dans le système cristallinien, il y en a d'autres, bien connues, de a zonule de Zinn, du corps vitré et de l'hyaloïde; ne sont-ce pas ces phénomènes régressifs qui sont la cause essentielle des revers ? Quels que soient les changements que l'on fasse subir aux opérations en usage, on ne saurait rendre la vue à un plus grand nombre d'opérés.

A notre avis, cette manière d'envisager les choses n'a rien de scientifique et ne saurait détourner de nouvelles recherches. L'examen des faits porte à penser tout autrement. Comme il est impossible, avant l'opération, de prédire les chances que court le malade, il est plus logique de conclure que la diversité dans les résultats est sous la dépendance de manœuvres chirurgicales qui, a l'insu de l'opérateur, ont été différentes.

Des observations personnelles nous ont mis à même de découvrir en quoi les procédés ordinairement pratiqués sont défectueux, et d'analyser les diverses circonstances opératoires heureuses qui accompagnent les cas suivis de guérison. C'est ce que nous allons exposer dans la première partie de ce travail. Puis nous essairons de jeter les bases d'iin traitement rationnel.

La clinique nous apprend que, lorsqu'on ne peut amener au dehors un cristallin morgagnien, cela tient à ce qu'il

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